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L’éradication de la BVD mobilise les éleveurs et suscite beaucoup de questions

Le Groupement de défense sanitaire de la Somme a présenté ses objectifs lors de deux réunions d’information à Grand-Laviers et à Beauquesne.

L’affluence aux réunions du GDS témoigne de l’importance du sujet sanitaire dans la conduite des troupeaux.
L’affluence aux réunions du GDS témoigne de l’importance du sujet sanitaire dans la conduite des troupeaux.
© AAP


Pascal Bienaimé et Jean-Michel Bonczak, président et directeur du GDS, ont présenté les grandes lignes du projet national de lutte contre la maladie des muqueuses (BVD). Le directeur a rappelé les conséquences cliniques du passage viral (immunodépression du troupeau, pathologies de la reproduction et néonatales, naissance de veaux IPI porteurs/excréteurs permanents du virus) et le coût sanitaire induit en terme de traitements, mortalités, retards de croissance, fertilité, etc., qui se situe selon différentes études, dans une fourchette de 50 à 80 € par bovin dans les cheptels infectés (5 à 8 € si l’on ramène ce coût à tout bovin d’un secteur donné). Le virus se transmet par contact direct avec un bovin infecté (en pâture ou lors d’introduction), mais aussi par l’utilisation et le passage des matériels (il persiste jusqu’à deux semaines dans les bouses) et pourquoi pas… des humains !

La vaccination est rarement pérenne
La prévalence (proportion de cheptels atteints à un moment donné) varie en fonction des secteurs d’élevage, plus ils sont denses plus elle est importante. Selon Jean-Michel Bonczak «une enquête réalisée dans la Somme voici une quinzaine d’années avait situé cette prévalence à 25 % des élevages, ce qui n’est pas anodin ; la facilité de diffusion du virus fait que tout élevage finit un jour ou l’autre par être concerné, y compris le moins exposé (pas ou peu d’achats, pas de voisins…)». Et d’en conclure : «La vaccination permet une assez bonne protection si elle est bien conduite et pérenne dans le temps, ce qui est rarement le cas. Au final, que de bonnes raisons pour se lancer dans un programme collectif d’éradication. D’autant que l’outil est disponible : la fameuse boucle «2 en 1» permet quelques jours après la naissance de s’assurer du statut de son veau (IPI ou non). Une pose qui nécessite encore un geste franc et appuyé, ce qui ne rebute pas une éleveuse témoignant en faveur du dispositif (une version plus «facile» pourrait recevoir l’agré­ment au printemps). Si le nombre d’engagés reste encore modeste (une cinquantaine de conventions), les demandes s’accélèrent. Les départements du grand Est sont très avancés, fort de l’expérience des pays voisins (Suisse, Allemagne, Belgique) où le dépistage par boucle est désormais obligatoire.» Pascal Bienaimé a informé qu’un «PCV» national (Programme Collectif Volontaire) était en cours d’élaboration au ministère. L’objectif est de boucler quatre ou cinq ans puis de passer à une phase de surveillance sérologique (à ce stade la vaccination pourrait être limitée voire interdite). Les cinq GDS «Hauts-de-France» sont sur la même ligne et visent un objectif de 20 % de naissances contrôlées d’ici la fin de l’année. Seul bémol, l’économie de l’élevage encore fébrile et la généralisation annoncée de la boucle électronique pour l’été prochain, avec donc des coûts d’identification déjà à la hausse.
Tout en reconnaissant que le «por­te-monnaie des éleveurs est actuellement mis à rude épreuve», le président a estimé qu’il fallait prendre le train en marche ou alors perdre des marchés et devenir la «déchetterie» des autres régions. Le GDS entend promouvoir le dispositif par tous les moyens, y compris une incitation financière : pour l’année 2017, 50 % des factures du laboratoire seront prises en charge, ainsi que 60 € par IPI éliminé. Par veau, cela revient tout compris à environ 8 € (boucle + acheminement + analyse), moins 3 € du GDS, soit 5 € restant à charge de l’éleveur. Un complément des opérateurs commerciaux serait le bienvenu, à l’exemple d’une importante coopérative lorraine (la zone est bien avancée avec plus de 50 % d’éleveurs engagés) qui paie un bonus de 7 à 10 € pour un jeune bovin garanti non IPI.

Fièvre catarrhale : il n’est pas trop tard pour vacciner !
Par contre, il faut se décider rapidement selon Pascal Bienaimé : «le stock gratuit s’amenuisant depuis quelques semaines». Les éleveurs peuvent vacciner eux-mêmes, mais selon le débouché (export…), le vé­térinaire doit certifier l’acte, donc le réaliser. Jean-Michel Bonczak a rappelé les nombreux symptômes ob­servés en 2007, avec l’effet «dé­pres­seur» général sur le troupeau quand survient le virus. Il a aussi été question des nouvelles règles régissant l’IBR, avec la visite d’achat décalée à quinze jours et l’obligation, pour un animal non indemne, de présen­ter un premier résultat négatif sur une prise de sang avant la vente. Enfin, la «chasse» est ouverte aux bovins séropositifs ou vaccinés qui doivent être marqués (vignette sur la carte verte) et dirigés uniquement vers l’abattoir ou un atelier dérogatoire en bâtiment dédié, sans jamais avoir de contact avec des bovins sains.

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