Aller au contenu principal

Loi Hamon : deux poids, deux mesures pour les agriculteurs

Analyse de la loi sur l’économie sociale et solidaire (ESS).

© AAP

La loi Hamon sur l’économie sociale et solidaire (ESS) est parue au journal officiel le 1er août, définissant les activités et entreprises qui peuvent faire partie du secteur et bénéficier de financements spécifiques, notamment les coopératives agricoles. Suite à son adoption définitive par le Parlement le 21 juillet, la loi relative à l’économie sociale et solidaire (ESS) a été publiée au Journal officiel le 1er août. Elle définit plus précisément les entreprises qui peuvent entrer dans le champ d’action de l’ESS, à savoir celles qui poursuivent «un développement durable dans ses dimensions économiques, sociales, environnementales et participatives, à la transition énergétique ou à la solidarité internationale». Le texte ne cantonne plus l’ESS à un domaine particulier puisque les activités peuvent concerner la production, la transformation, la distribution, l’échange et la consommation de biens ou de services. Le chapitre II, qui regroupe les dispositions propres aux différentes formes de coopératives, consacre ainsi deux articles (45 et 46) aux coopératives agricoles. A partir d’un certain seuil, la révision – examen critique et analytique de la situation au vu des comptes annuels – devient pour elles obligatoire.
Celles qui dans leur rapport annuel font état de la manière dont elles prennent en compte les conséquences sociales et environnementales de leur activité ainsi que leurs engagements sociétaux (article L 225 – 102 – 1 du code du commerce) devront faire l’objet «d’une vérification par un organisme tiers indépendant», ce qui constitue l’une des nouveautés du texte. D’autre part, les Cuma peuvent à présent réaliser des travaux agricoles ou d’aménagements rural sans avoir à le préciser dans les statuts pour les communes de moins de 3 500 habitants, «à condition que l’un des adhérents de la coopérative ait le siège de son exploitation agricole dans le ressort territorial d’une de ces collectivités ou établissements, et que le montant des travaux ne dépasse pas 25 % du chiffre d’affaires annuel de la coopérative, dans la limite de 10 000 € ou de 15 000 € en zone de revitalisation rurale».

Rôle social de tous les agriculteurs
Les organisations pouvant bénéficier des accompagnements et financements prévus par la loi restent néanmoins limitées aux mutuelles, fondations, associations, coopératives et sociétés commerciales. Ces dernières, tout comme les coopératives, doivent préciser dans leurs statuts la façon dont elles déploient leur utilité sociale. Mais si la loi reconnait ce rôle aux sociétés commerciales, elle ne le fait pas pour les sociétés civiles, forme d’organisation répandue chez les agriculteurs. On peut ainsi regretter l’absence de valorisation de l’agriculteur chef d’entreprise qui, de plus en plus, s’attache à favoriser la biodiversité en modifiant ses pratiques, et travaille en lien avec le territoire sur lequel il est implanté, participant par exem­ple à la création d’emploi.
Un rôle social et environnemental potentiel laissé de côté par la loi Hamon qui n’intègre que partiellement la diversité des statuts de l’agriculteur.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Le sol doit être ressuyé pour la préparation du lit de semences et suffisamment réchauffé pour optimiser la levée des plantes.
Lin fibre de printemps : bien préparer son semis

Le semis est une étape essentielle pour la réussite de la culture. Il conviendra d’assurer une bonne structure en travaillant…

Pour Julie Macron, membre des Jeunes agriculteurs de la Somme, cet après-midi  a permis de «familiariser les enfants avec notre quotidien d’agriculteurs».
Quand la visite à la ferme rime avec découverte et transmission

Le 10 mars, les élèves de CE1-CE2 de l’école de Bernaville ont enfilé leurs bottes pour une immersion à la ferme de Julie…

Violence dans les champs
« Violence dans les champs » : à quoi s’attendre avec ce documentaire engagé sur l’agriculture française

Diffusé ce dimanche 3 mai sur France 5 (21h05), Violence dans les champs revient sur les transformations de l’…

Didier et Fabienne servent une cuisine généreuse, en toute convivialité.
La Détente de Nouvion, premier arrêt du festival des bistrots dans la Somme

Depuis trois ans, le Département de la Somme propose aux Samariens de profiter de concerts gratuits accompagnés d’un bon repas…

Isabelle Dumont vend toutes ses fraises en direct, à la ferme et aux marchés.  Un contact avec les clients qu’elle adore.
Les fraises du Santerre rougissent à Crémery depuis près de cinquante ans

En cette fin de semaine, c’est la première cueillette de la saison aux Fraises du Santerre, à Crémery. Pierre Dumont y a fait…

Denis Bully, président de la FDSEA de la Somme : en 2026 plus encore qu'en 2025, il ne faut planter que ce qu'on est  sûr de vendre.
Denis Bully : «Gérer la crise de la pomme de terre et ne pas l’amplifier»

Face à une crise inédite des excédents de pommes de terre, la filière s’organise pour écouler des volumes considérables en un…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde