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Miimosa.com : le financement participatif gagne l’agriculture

Acheter son nouveau cheptel grâce à une plateforme de financement participatif, c’est possible. Encore marginal, le «crowdfunding» gagne peu à peu le secteur agricole

© AAP

La plateforme internet, miimosa.com, qui vient d’être créée, permet à un demandeur qui cherche un financement à moindre coût de le trouver en fédérant une communauté de gens. Il peut s’agir d’un agriculteur, un syndicat, une coopérative, une association, une collectivité territoriale, un artisan dans l’alimentaire. Le contributeur qui veut soutenir un projet l’ayant séduit, bénéficiera en échange d’une contrepartie pouvant prendre différentes formes : une bouteille de vin, une visite et dégustation, un dîner au sein du domaine. Son créateur Florian Breton, qui bénéficie du soutien de la FNSEA, des Jeunes Agriculteurs et des chambres d’agriculture, estime que «l’agriculture et l’alimentaire n’ont pas encore pris le virage du “crowdfunding” ; face à une agriculture fragilisée, on observe une rétractation des financeurs historiques. Miimosa vient compléter l’accompagnement de l’Europe, de l’Etat et des banques».

1000 projets à l’horizon 2017
Miimosa vise 1 000 projets à l’horizon 2017, 70 % dans l’agriculture et 30 % dans la première transformation alimentaire. La plate­forme internet se rémunère via une commission sur chaque financement. Elle prélève 8 à 12 %, selon la réalisation de l’objectif de collecte. Dès que 60 % de la collecte de fonds sont atteints, le porteur de projet reçoit son financement. Un don qui, sur le plan comptable, rentre en «produits exceptionnels de gestion», sans taxe ni TVA. Pour Christophe Hillairet, président de la Chambre d’agriculture d’Ile-de-France, «ce projet répond à l’attente des agriculteurs qui cherchent le lien avec la société et le consommateur». Il permet aux Français de participer plus activement au développement d’un secteur dont ils sont fiers mais qui traverse actuellement des difficultés. «Miimosa est une nouvelle brique financière dans la construction d’un projet d’installation, souligne le vice-président des JA, Jérémy Decerle. C’est exactement ce qu’on défend : diversifier les sources de financement selon le profil et le projet d’installation des jeunes pour pouvoir continuer à installer et renouveler les générations d’agriculteurs».

Le financement participatif appliqué à l’agriculture

Cette forme de financement également baptisée «crowdfunding» a été actée par la loi du 31 juillet relative à l’économie sociale et solidaire. Elle se décline obligatoirement via des sites en ligne. Le crowdfunding reste un phénomène très occidental avec 65 % des financements aux Etats-Unis et 30 % en Europe. En agriculture, souvent, les montants sont modestes, autour de 15 000 euros pour un troisième tunnel de tomate par exemple, une production de fromages de chèvre dans la Creuse … «Il y a souvent des mélanges entre social et agricole», commente Benjamin Le Pendeven chercheur en finance et innovation au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Au final, c’est la plateforme qui décide si elle accepte le projet ou non en fonction de la crédibilité et des valeurs portées. Quant au porteur de projet, il assure la communication. Les crédits auprès des particuliers impliquent «une confiance» entre les deux parties, fait valoir la juriste Christine Lebel : les particuliers «croient» vraiment dans le projet de l’agriculteur. Il existe plusieurs formes de financement participatif : soit un prêt (rémunéré ou non) entre particuliers qui repose sur l’engagement d’un remboursement financier ou en nature par le porteur de projet ; soit un investissement en titre financier (part sociale ou action de la société financée) qui se présente comme une alternative et non un substitut aux financements classiques. Des experts du financement participatif chiffrent son potentiel en France à 6 milliards d’euros en 2020. Pour l’heure, il représente un marché de 160 millions d’euros estimés cette année. Les Français sont de plus en plus nombreux à s’y mettre, avec 1,5 million de contributeurs prévus fin 2014.

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