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Filière lait
Pour la Coopération laitière, «passer des hausses de prix est une nécessité»

Engagées sur la voie de la décarbonation, les coopératives laitières demandent à la distribution et au consommateur un coup de pouce tarifaire pour atteindre leurs objectifs.

Les défis qui attendent les entreprises coopératives laitières sont nombreux.
Les défis qui attendent les entreprises coopératives laitières sont nombreux.
© D. R.

«Nous avons des signaux encourageants mais aussi beaucoup d’incertitudes politiques ou économiques et nous restons prudents», a expliqué Pascal Le Brun, président de La Coopération laitière (LCL), début septembre à Paris, quelques heures avant la nomination de Michel Barnier comme Premier ministre. En positif, l’éleveur normand (Agrial) cite d’abord le rebond de la collecte française au 1er semestre 2024 – «c’est favorable à l’économie laitière française» – permise par l’abondance des fourrages* et un ralentissement de la décapitalisation du cheptel laitier. Autre bonne nouvelle, la consommation de produits laitiers se maintient en dépit du contexte inflationniste, au prix certes d’une descente en gamme favorable aux premiers prix mais douloureuse pour la filière bio : «il n’y a plus de conversion dans les coopératives depuis deux ans».

Sur les marchés internationaux de produits laitiers, l’ambiance apparaît relativement sereine grâce à une offre mondiale stable confrontée à une demande qui se maintient ou augmente. La cotation de la matière grasse atteint ainsi 7 200 €/t. La France, qui exporte 40 % de sa production laitière, a accru son excédent commercial en 2023. En 2024, le climat s’est un peu assombri depuis que la Chine a ouvert, le 21 août, une enquête sur des pratiques commerciales de l’UE jugées déloyales. En jeu, un marché annuel de plusieurs centaines de millions d’euros rien que pour la France. Pascal Le Brun ne risque pas de pronostic sur l’évolution du prix du lait d’ici à la fin de l’année, mais les statistiques montrent une stabilisation autour de 450 €/1 000 l depuis 2023, soit 100 € au-dessus des niveaux qui prévalaient avant 2022 – ce dont profite implicitement le «climat dans les campagnes».

 

«Épée de Damoclès»

Les principales préoccupations du moment sont ailleurs, à commencer par un «contexte sanitaire préoccupant» pour un élevage ruminant «pris en étau par la fièvre catarrhale ovine et la maladie hémorragique épizootique». Dans les exploitations touchées, la production laitière diminue couramment de 5 % à 30 %, explique Pascal Le Brun. Une véritable «épée de Damoclès» pour une filière en «attente de vaccins».

D’autres incertitudes sont évoquées : le sort des projets de loi d’orientation agricole et Egalim 4 stoppés dans leur élan par la dissolution de l’Assemblée nationale, la révision en cours de la législation européenne sur le bien-être animal, le Nutriscore nouveau qui tend à dégrader la note des produits laitiers… Cela ne dissuade pas les coopératives de rester mobilisées sur un chantier important pour elles, celui de la décarbonation des élevages, de la collecte et des laiteries. La filière laitière – «la plus engagée» en ce domaine selon Christophe Miault (Terrena), secrétaire général adjoint de LCL – peut ainsi faire valoir, non seulement sa mobilisation (48 % d’éleveurs audités en avril 2024 pour une ambition initiale de 50 % en 2025), mais aussi les résultats déjà obtenus : une baisse de 6,1 % de l’empreinte carbone sortie ferme entre 2016 et 2021 pour un objectif de - 20 % d’ici à 2025 (0,85 eqCO2 par litre de lait). De leur côté, les sites de transformation sont en passe de réduire de 15 % leurs émissions de gaz à effet de serre. Comme toute transition est coûteuse, et qu’il «n’y a plus de sous dans les caisses de l’État», les coopératives laitières invitent la distribution et, in fine, le consommateur, à consentir «une hausse de 2 à 4 % du prix du lait» pour finir d’atteindre ses objectifs. Réponse lors des négociations commerciales 2025…

* Au 20 août 2024, la production cumulée des prairies permanentes était excédentaire de 29 % par rapport à la moyenne 1989-2018, selon le ministère de l’Agriculture.

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