Pomme de terre de consommation
Préparer la récolte pour préserver la qualité
Alors que les arrachages de pommes de terre hâtives s’achèvent, les parcelles plus tardives approchent à leur tour de la récolte. Une étape décisive, particulièrement pour les lots destinés au stockage en bâtiment. D’autant plus dans le contexte de marché actuel où la qualité des tubercules conditionne leur valorisation et leur aptitude à la conservation.
Alors que les arrachages de pommes de terre hâtives s’achèvent, les parcelles plus tardives approchent à leur tour de la récolte. Une étape décisive, particulièrement pour les lots destinés au stockage en bâtiment. D’autant plus dans le contexte de marché actuel où la qualité des tubercules conditionne leur valorisation et leur aptitude à la conservation.
De la fin de végétation jusqu’à la mise en tas, chaque intervention compte pour limiter les blessures, les noircissements et les risques de maladies.
Soigner la fin de végétation et le défanage
La protection contre le mildiou doit être maintenue jusqu’au défanage complet, afin de limiter les contaminations des tubercules qui seront stockés.
La stratégie de défanage doit ensuite être adaptée à l’état de la végétation et à la date prévue d’arrachage. Sur une végétation encore vigoureuse, il faut généralement prévoir un broyage suivi d’un dessiccant au moins trois semaines avant la récolte. Ce délai favorise la formation d’une peau suffisamment épaisse et le bon décrochage des tubercules du stolon. Ces deux conditions sont essentielles pour réduire les chocs et les blessures à l’arrachage.
Il faut toutefois être vigilant à ne pas avoir un délai trop long après défanage qui favorisera l’apparition de maladies comme la dartrose, la gale argentée ou le rhizoctone brun.
Lorsque la végétation n’est pas totalement défanée, le broyage n’est pas forcément nécessaire. Dans ce cas, il peut être envisagé de passer directement un produit dessiccant à une dose adaptée pour accélérer la sénescence et faciliter la formation de la peau.
Récolter dans de bonnes conditions
L’arrachage doit être réalisé avec un sol suffisamment ressuyé, mais pas trop sec. L’objectif est d’avoir une humidité suffisante pour faciliter l’éclatement des mottes, et limiter les risques d’endommagement externe du tubercule. Si nécessaire, une irrigation modérée peut être envisagée quelques jours avant la récolte, à adapter à l’état réel de dessèchement du sol.
La température des tubercules est également un point de vigilance. Il est préférable d’arracher lorsque les températures extérieures se situent entre 12 et 25 °C. En dessous, les pommes de terre deviennent plus sensibles aux chocs ; au-dessus, leur conservation se complique.
Le réglage de l’arracheuse est déterminant. Toutes les hauteurs de chute doivent être réduites, idéalement à moins de 30 cm, notamment entre le col de cygne et le fond de remorque. Des amortisseurs de chute peuvent être installés dans les remorques pour limiter les chocs.
La vitesse de rotation des tapis est à adapter pour trouver le meilleur compromis entre nettoyage et chocs. En effet, l’objectif est d’avoir de la terre fine jusqu’en haut de la première chaîne d’arrachage tout en limitant une vitesse de rotation excessive qui favorise l’endommagement des tubercules. La vitesse de rotation de l’élévateur ne doit pas être trop rapide non plus. Selon les modèles d’arracheuse, l’agressivité des éléments de nettoyage (rouleaux effaneurs, rouleaux dolman, rangées d’étoile…) est à régler.
Réussir la mise en stockage
La mise en tas est une phase tout aussi importante que la récolte. En stockage vrac, la hauteur du tas ne doit pas dépasser 4 mètres. Les gaines de ventilation doivent être correctement espacées pour assurer une circulation d’air homogène dans tout le volume stocké.
Le tas doit être régulier, sans creux pour assurer une circulation homogène de l’air. Une hauteur excessive augmente aussi la pression sur les tubercules et peut provoquer, à terme, des déformations ou des noircissements.
En stockage en caisses, il convient de conserver un espace suffisant entre les rangées de palox afin de permettre une bonne circulation de l’air.
Avant tout refroidissement, les tubercules doivent être séchés et cicatrisés. Cette phase dure généralement une à deux semaines, avec une température de ventilation comprise entre 12 et 18 °C. L’air ventilé doit être légèrement plus froid que le tas afin de favoriser le séchage sans provoquer de condensation. Le tas doit être surveillé : sa température ne doit jamais dépasser 18-20°C.
Une fois la cicatrisation terminée, le refroidissement doit être progressif : de 0,2 à 0,5 °C par jour pour les pommes de terre destinées à l’industrie, et de 0,5 à 1 °C par jour pour le marché du frais. Dans les bâtiments sans régulation automatisée, il faut suivre attentivement les températures et l’humidité de l’air intérieur comme extérieur afin d’éviter toute condensation.