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Quand Bardot qualifiait la Ferme des 1000 vaches de « ferme-usine de la honte »

Parmi les oppositions qui se sont exprimées durant plusieurs années contre le projet de Ferme des 1000 vaches à Drucat, il va sans dire que celle exprimée par Brigitte Bardot via sa fondation n’est pas passée inaperçue. 

ferme des 1000 vaches et Brigitte Bardot
© AAP

A plusieurs reprises, l’ancienne actrice reconvertie en militante pour les droits des animaux s’est fendue de lettres ouvertes dont elle avait le secret pour dénoncer les conditions d’élevage dans le projet d’étable XXL porté par la SCEA Côte de la justice. 

Les premiers témoignages de Brigitte Bardot à l’encontre de celle qu’on qualifiera de « Ferme des 1000 vaches » remontent à 2012. Cette année-là, à l’occasion d’une manifestation contre le projet, la militante pour les droits des animaux se déjà fait remarquer du préfet de la Somme en lui adressant une lettre dans laquelle elle dénonce un projet d’« élevage intensif » qui « condamne 1 000 vaches laitières et 750 veaux à vivre dans des conditions carcérales insupportables ». Et de demander au représentant de l’État « d’entendre les revendications et la colère des Picards opposés à ce projet », tout en l’appelant à faire preuve d’« humanité ».

Une opposition de longue date

En 2015, rebelote. Si le projet d’élevage laitier a fini par se concrétiser, l’opposition à son exploitation reste forte. La justice s’en mêle et contraint l’exploitant à réduire le nombre d’animaux présents. Pour la Fondation Brigitte Bardot, l’occasion de refaire parler d’elle et de marquer une fois encore son opposition est rêvée. 

Si le nombre d’animaux présent est trop élevé, il existe une solution : que la Fondation BB puisse accueillir les animaux en surnombre. Dans une lettre adressée au ministre de l’Agriculture en juillet, Stéphane Le Foll, Brigitte Bardot sollicite son « intervention immédiate et celle de la préfecture de la Somme pour assurer la confiscation des animaux afin de les confier à [sa] fondation ». « L’exploitant de cette ferme-usine est en infraction. Il n’a pas à vendre à l’abattoir des vaches qu’il n’est pas autorisé à détenir. Cela reviendrait à autoriser un dealer à vendre sa drogue pour être régularisé (sic) », écrit Brigitte Bardot. Dans le même courrier, elle exprime son ressentiment vis-à-vis de l’élevage intensif, pointant du doigt un « type d’élevage qui doit être dénoncé. » « C’est la honte, la ruine du milieu paysan, la ruine de l’écologie et bien sûr, la ruine de la condition animale ». Bien que directement interpellé, Stéphane Le Foll ne donnera pas de suite favorable à la requête de la Fondation Bardot. 

 

Déboutée à plusieurs reprises

 

La même année, alors qu’une commission d’enquête est mise en place pour statuer sur un projet d’extension des bâtiments permettant à la SCEA Côte de la justice de réaliser son objectif, Brigitte Bardot fulmine. S’adressant au président de ladite commission d’enquête, elle se dit « choquée » et « scandalisée ». « Cette ferme-usine de la honte prend exemple sur ce qui se fait de pire ailleurs, en matière de condition animale et de répercussions environnementales, pour l'imposer en France », dénonce Mme Bardot. 

En 2012, à l’occasion d’une manifestation contre le projet, Brigitte Bardot s’était déjà fait remarquer du préfet de la Somme en lui adressant une lettre dans laquelle elle dénonçait un projet d’« élevage intensif » qui « condamne 1 000 vaches laitières et 750 veaux à vivre dans des conditions carcérales insupportables ». Et de demander au représentant de l’État « d’entendre les revendications et la colère des Picards opposés à ce projet », tout en appelant à son humanité. 

En décembre 2020, lors de l’annonce de la fin de l’activité, la Fondation Bardot et sa présidente se félicitent de cette issue. Pour autant, Brigitte Bardot n’en a pas fini avec cet élevage puisqu’une fois encore, elle propose à Mathieu Ramery, son propriétaire, d’accueillir le troupeau de la SCEA Côte de la justice dans ses refuges. Une nouvelle fois, c’est une fin de non-recevoir qu’essuie la Fondation Brigitte Bardot et sa présidente qui n’auront eu de cesse de critiquer ce projet d’exploitation. 

Si la fin de l’activité a acté l’épilogue industriel du site de Drucat, elle n’a pas éteint la charge symbolique portée par Brigitte Bardot, dont l’opposition constante aura marqué l’histoire médiatique et militante de la Ferme des 1000 vaches.

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