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Transmettre au plus grand nombre le goût de la viande

L’opération «Les rencontres Made in viande» revient du 24 au 31 mai. Dans les Hauts-de-France, l’accent est mis sur l’accès à des viandes de qualité aux plus jeunes et aux clients de la restauration hors domicile. 

L’élevage d’Olivier Parcy fait figure de référence pour la race charolaise et sa valorisation.
L’élevage d’Olivier Parcy fait figure de référence pour la race charolaise et sa valorisation. 
© Vincent Fermon

Pour le pré-lancement de la sixième édition de l’opération «Les rencontres Made in viande» dans les Hauts-de-France, mercredi
19 mai, le choix du Gaec du Bois Roland n’est pas vraiment un hasard. Sur cette exploitation de Fontaine-sur-Somme où Olivier Parcy est associé avec deux autres agriculteurs, on trouve à peu près tout ce que l’interprofession des viandes bovines (Interbev) entend promouvoir : un élevage reconnu en race charolaise, un engagement à respecter les fondements du bien-être animal, une démarche de rencontre avec les consommateurs – il s’est spécialisé dans la vente directe -, ou encore l’approvisionnement de restaurants collectifs en viande bovine ; lesquels permettent à la fois de «faire du volume», mais aussi de rapprocher les consommateurs des bassins de production, et de «leur faire aimer la viande», dixit Xavier Lemaitre, président d’Interbev Hauts-de-France.

 

Donner du sens 

Si l’interprofession des viandes souhaite ainsi mettre l’accent sur la restauration scolaire et hors domicile, c’est parce qu’en termes d’origine des viandes servies dans ces établissements, l’origine locale, voire française, n’a pas toujours été une évidence : «On part de loin», estime Jean-Jacques Henguelle, directeur d’Interbev Hauts-de-France. Dans le département de la Somme, là encore, le travail engagé entre la Chambre d’agriculture, des agriculteurs motivés et le Conseil départemental a une fois encore valeur d’exemple. Et chacun de ces intervenants de revenir sur leur expérience via la plateforme Approlocal.fr, la démarche «Somme produits locaux», la mise en place des Drive fermiers, la formation des chefs de cuisine à la valorisation des produits issus des circuits courts ou encore la communication. Les chiffres, qu’ils concernent la consommation ou le volume d’affaires engendré via ces démarches, démontrent leur bien-fondé. Pour Thomas Hutin, chargé de mission «Circuits alimentaires de proximité et services» au Conseil départemental de la Somme, «le fait pour un producteur de savoir où vont finir ses produits, c’est quelque chose qui a du sens et le fait que cela se fasse localement permet de mieux le rémunérer».

 

50 événements dans les Hauts-de-France 

«On a des éleveurs de qualité qui produisent des animaux de qualité, mais on ne le fait pas encore assez savoir» a rappelé pour sa part Xavier Lemaître. Comme Olivier Parcy, d’autres professionnels de la viande dans la région sont invités à ouvrir leurs portes durant la semaine du 24 au 31 mai : «Made in viande, a rappelé Xavier Lemaitre, concerne bien toute la filière, à commencer par les éleveurs, mais aussi les bouchers, les marchés aux bestiaux, les abattoirs…» La région Hauts-de-France compte encore 11 000 éleveurs pour
1,2 million de bovins élevés chaque année, avec une moyenne de 70 animaux par ferme, «loin de l’élevage intensif que l’on peut voir ailleurs», défend M. Lemaître. Pour mettre en lumière la filière, 500 événements sont prévus en France (visites, dégustations, présentations pédagogiques…), dont une cinquantaine dans la seule région Hauts-de-France. Un vrai front commun en somme dans le but de promouvoir la consommation responsable d’une viande de manière durable. 

 

Liste des événements et modalités de participation sur https://www.la-viande.fr/made-in-viande

 

 

Viande rouge et environnement : quatre organisations syndicales unies contre les «chiffres biaisés»

Dans une tribune commune parue le 12 mai dans l’hebdomadaire Le Point, quatre éleveurs, respectivement responsable section viande de la Coordination rurale, président de la Fédération nationale bovine (FNSEA), porte-parole de la Confédération paysanne, et responsable bovins viandes des Jeunes Agriculteurs, ont dénoncé «un débat public déconnecté des réalités» concernant l’impact environnemental de la viande. «Cela fait des années que circulent des contre-vérités sur les empreintes écologiques de nos productions, fondées sur des données issues de la méthode d’analyse de cycle de vie, ACV, conçue à l’origine pour l’industrie, estiment-ils. Or, toutes ces empreintes sont défavorables aux systèmes d’élevage bovins dédiés à la production de viande rouge en France : une immense majorité de fermes familiales, autonomes et basées sur l’herbe, reconnues pour leurs vertus agro-écologiques». Pointant du doigt les conclusions de certaines publications, notamment une récente note de l’Ademe, ils regrettent «des méthodes qui ne semblent être utilisées que pour pointer la viande rouge comme le mal incarné». Et d’en appeler à «la responsabilité de l’Ademe et de l’Inrae et de leurs ministères de tutelle, environnement et agriculture», afin que «cesse la diffusion de ces chiffres biaisés.»
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