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Un nouveau silo à Gueschart

Mardi 12 juillet, les coopératives Calipso et Unéal ont inauguré leur tout nouveau silo sur la commune de Gueschart.

Le nouveau centre de Gueschart, avec ses cinq silos, pouvant réceptionner 22 000 tonnes de céréales.
Le nouveau centre de Gueschart, avec ses cinq silos, pouvant réceptionner 22 000 tonnes de céréales.
© AAP


Et un projet de plus en commun entre Calipso et Unéal, pourtant plutôt concurrentes d’ordinaire sur le terrain. Après la construction par les deux coopératives du silo d’Argoules en 1999, d’une capacité de 10 000 tonnes, voici le silo de Gueschart estampillé également Calipso et Unéal, d’une capacité de 22 000 tonnes. Qu’on ne s’y méprenne pas. Ce nouveau partenariat ne signifie pas que la grande Unéal -dans le groupe Advitam- va avaler tout cru la petite Calipso. «Cette collaboration relève, si j’ose dire du bon sens paysan, indique Hubert Bray, président de Calipso et administrateur du GIE de la Capelette, de l’intelligence de mettre des moyens en commun pour la réussite de nos adhérents, mais sans perdre de vue nos lignes de conduite respectives.»
Petit retour en arrière. Unéal possédait un silo datant de plus de trente ans, à Gueschart. Vieux et obsolète. Calipso en possédait un dans un état similaire à Le Boisle. L’une comme l’autre pensaient à reconstruire leur équipement, sur place pour Unéal, sur un autre terrain pour Calipso. La première à engager la réflexion plus sérieusement est Unéal. Par le biais du GIE de la Capelette où les coopératives siègent, des discussions sont entamées fin été 2015. Pourquoi ne pas construire ensemble un silo commun, dimensionné aux besoins des deux coopératives, en s’appuyant sur la structure juridique existante, soit le GIE ? Le projet commun est validé en novembre 2015, les négociations lancées en décembre. Six mois plus tard, le site sort de terre. La volonté était qu’il soit prêt pour la récolte des escourgeons, mais quelques réglages supplémentaires ont retardé son ouverture. Sa mise en service sera donc autour du 20 juillet.

Un équipement dernier cri
Le site de Le Boisle avait une capacité entre 3 500 et 4 000 tonnes. «Sur notre site de Saint-Riquier, il nous manque 4 000 à 5 000 tonnes. Or, il n’est pas possible de réaliser une extension, faute de terrain. Pourtant, nous devons répondre aux besoins de nos adhérents. Aussi un site comme celui de Gueschart, qui nous permet d’avoir une capacité de 11 000 tonnes, répondait-il parfaitement à nos besoins», précise David Favier, directeur de Calipso. Du côté d’Unéal, les besoins étaient estimés entre 10 000 et 11 000 tonnes. «Nous n’aurions jamais fait un site de cette taille sans ce partenariat avec Calipso, précise, de son côté, Thibaud Trancart, directeur de la région Ternoise - Canche Authie. En même temps, nous avons la volonté de nous implanter beaucoup plus dans la Somme. Il nous fallait donc un équipement adapté aux besoins de nos adhérents.»
Le site, qui s’étend sur 1,2 ha désormais, est équipé de trois silos verticaux, supérieurs à 10 m de hauteur, et de deux silos horizontaux, inférieurs à 10 m, soit au total cinq silos avec des cellules céréalières pour faire davantage de classement. Le site sera exploité à part égale par les deux coopératives. Il se compose également de nettoyeurs dernière génération, avec vitesse de manutention de 300 tonnes par heure, de deux fosses de réception pour alloter au mieux les céréales réceptionnées, de deux ponts bascules entrée et sortie, ainsi que d’une sonde de prélèvement et d’un bungalow de réception. Coût final de l’équipement : 4 millions d’euros, chaque coopérative ayant versé deux millions d’euros. «Ce site, précise Laurent Bué, vice-président d’Unéal et président du GIE de la Capelette, répond à toutes les exigences. Nous pouvons faire désormais le nettoyage du grain sur place et l’envoyer directement sur les ports de Dunkerque ou de Rouen. Cela évite de faire du transvasement et des ruptures de charge.»

Débouchés et avis des agriculteurs
Il sera utilisé par une cinquantaine d’agriculteurs (ce qui représente 2 500 ha), situés dans un rayon de 10 km, pour de l’orge d’hiver et du blé. En termes de débouchés, ces céréales seront destinées aux usines d’alimentation de bétail et aux amidonneries des Hauts-de-France, ainsi qu’au grand export. «Certes, c’est une année difficile en céréales avec les conditions climatiques de ces derniers mois. Il va falloir trouver très vite des solutions avec les banques pour les agriculteurs. Il y a de fortes chances, par ailleurs, que le silo de Gueschart ne fasse pas le plein cette année, mais cet investissement n’est pas pour une année, mais au moins pour trente ans», rappelle Laurent Bué.
Du côté des adhérents, l’heure est plutôt à la réjouissance, car cela fait longtemps qu’ils réclamaient un site plus opérationnel. «Sur l’ancien site, on faisait la queue sur la route, en pleine nuit. On serrait souvent les fesses. Il y avait des bouchons monstres, ce qui était très dangereux, car c’est une route fréquentée, surtout les week-ends. Là, avec le circuit mis en place, on attendra à l’intérieur», explique un agriculteur de Gueschart. Sans compter un silo à l’angle du carrefour, autrefois, masquant la visibilité de la route.
«On devrait gagner du temps avec les deux ponts bascules, des fosses plus grandes et une prise d’échantillon avant de passer sur le pont bascule. Là, on aura les résultats alors qu’on sera sur la bascule, ce qui va nous permettre de savoir où aller ensuite sans perdre une minute», ajoute un autre. Et les deux de souligner un tri de meil­leure qualité, ce qui permettra de mieux valoriser les se­mences. Mais, en hommes avisés, les deux agriculteurs demandent cependant à voir à l’usage. Ne reste plus qu’à attendre la mise en service.

Chiffrés clés

- Calipso : 800 adhérents actifs, entre 75 millions d’euros de chiffre d’affaires, 215 000 tonnes de collecte de céréales, avec ses deux filiales de négoce la collecte grimpe à 260 000 tonnes. Elle est implantée de Montreuil à Hesdin, en passant par le littoral picard, puis Flixecourt, et jusqu’en Seine-Maritime.

- Unéal : 6 000 adhérents actifs, 650 millions d’euros de chiffres d’affaires, 1,5 million de tonnes
de céréales, dont 350 000 tonnes pour la région Ternoise - Canche Authie, toutes collectes confondues (dont 250 000 tonnes de céréales). Elle est implantée dans le Nord-Pas-de-Calais, l’Aisne et le nord de la Somme.

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