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Loisirs
Une pêche en baie de Somme en père peinard

Guide de pêche professionnel, Franck Gabet propose, depuis le port à sec de Fort-Mahon, des sorties de pêche en mer «clé en main» dans la baie de Somme. L’occasion de découvrir d’autres facettes de la côte picarde, et d’approcher les phoques de près, voire de très près…   

Ici, rien à voir avec les organisations de pêche pas si loin des côtes françaises qui entassent les participants sur leurs bateaux comme des sardines. Ici, c’est Fort-Mahon, sa plage et son centre nautique à partir duquel Franck Gabet propose des sorties en mer. Pour les uns, c’est sortie à la rencontre des phoques. Pour d’autres, ce sera la pêche en mer. En ce début du mois de juillet, la mer est calme, le ciel est bleu. Les conditions idéales pour embarquer avec Franck pour une sortie d’environ 7 heures. Baptisé «Fraval» – la contraction des prénoms Franck et Valérie, son épouse –, le bateau de Franck est un timonier de 6,5 mètres équipé pour la pêche. Il accueille en général entre et 4 et 5 pêcheurs, même si sa capacité lui permet plus : «Quand on part à la pêche, on doit être à l’aise sur le bateau. Ça bouge, on est debout, il faut être mobile et réactif», explique Franck.

Lorsqu’il s’agit de balades à la rencontre des phoques, c’est différent. «Tout le monde est assis sur un siège et observe calmement», poursuit le capitaine. Si le pêcheur se montre peu disert sur l’abondance de phoques dans la baie de Somme, le guide touristique, en revanche, est ravi : «Quand les touristes appellent pour réserver une sortie, la première chose qui les intéressent est de savoir s’ils vont voir des phoques… Je ne peux évidemment pas leur garantir, même si la probabilité d’en croiser est grande. Ce que je sais en revanche, c’est qu’on en rencontre à chaque fois que l’on fait une sortie de pêche…» À l’aise avec les bateaux et la présence de pêcheurs, les phoques en question n’hésitent pas, en effet, à s’approcher à quelques mètres des embarcations à l’ancre.  

 

Bars, maquereaux…

Le parcours du jour emmène les pêcheurs entre baie de Somme et baie d’Authie, et diffère selon les saisons et les espèces de poissons à rencontrer. En période estivale, Franck a tendance à privilégier le trait de côte tandis qu’à l’automne et au printemps, il s’aventure un peu loin, jusqu’à 6 milles nautiques. Au menu de la pêche estivale, essentiellement du bar et des maquereaux. En hiver, on peut espérer relever quelques merlans.

À bord, entre deux morceaux d’histoire locale ou d’anecdotes de pêche, le capitaine s’occupe de tout (ou presque) : «Les clients ont le choix. Je les laisse pêcher de manière autonome, soit je conseille et je suis avec eux.» Suivant l’option «je suis avec eux», Franck prépare les lignes, enfile les appâts sur les hameçons et décroche les poissons attrapés sans casse. Lui considère que cela permet «d’optimiser le temps de pêche…», sans chercher à battre des records. En guide professionnel, il veille aussi au respect de la réglementation et rappelle que la pêche reste un loisir strictement encadré. Pour pouvoir emmener d’autres personnes que lui sur son bateau, Franck s’est formé. S’il avait déjà un permis «plaisance» avant de se lancer, il lui a fallu passer le Brevet d’aptitude à la conduite des petits navires (BACPN) au Lycée maritime et aquacole de La Rochelle. L’art de la pêche lui vient, quant à lui, de ce qu’on lui a transmis et d’expériences. 

 

Guide de pêche et de tourisme

Franck est originaire de Quend. Ses premiers souvenirs de pêche remontent à l’âge de sept ans. «Je suis né et j’ai grandi au bord de la mer», sourit-il. Sa carrière professionnelle, c’est cependant loin de la mer qu’il en effectuera une majeure partie. Après avoir débuté dans la grande distribution, il assurera pendant 17 ans la direction d’un réseau de garages automobiles en région parisienne. «J’ai eu jusqu’à cinq magasins en même temps. À un moment donné, j’ai eu envie de changement et de revenir au pays», décrit-il. Juste avant le début de la pandémie de Covid-19, il cède ses activités automobiles et investit dans l’achat d’un bateau qu’il installe dans le port à sec de Fort-Mahon. C’est depuis cette base qu’il songe à proposer une activité de pêche et de balade dans la baie de Somme. L’association fort-mahonnaise d’activités nautiques (AFMAN) avec qui il est en cheville, et qui cherche à se développer, lui dit «banco». Franck en devient salarié «huit mois par an». L’Office de tourisme de Fort-Mahon voit également d’un bon œil cette nouvelle activité. L’aventure débute véritablement en 2022, et déjà les clients de l’an dernier reviennent. «Il a fallu tout créer», se souvient le guide pêche et de tourisme qui a mis à profit son expérience de chef d’entreprise. 

Depuis que Franck a lancé l’activité «pêche», il accueille bien évidemment des touristes, mais aussi – et c’est original – des membres du club nautique de Fort-Mahon. «Oui, c’est vrai, il m’arrive d’embarquer des gens du coin, adhérents du club, qui avaient un bateau et qui ne veulent plus aller en mer seul…» Si même les gens du cru se prennent au jeu, c’est donc le signe qu’on peut y aller les yeux fermés.

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