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Agroalimentaire
Xavier Bertrand craint pour l’avenir de l’usine de Vecquemont

Le président de la Région Hauts-de-France alerte le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau sur ses inquiétudes quant à la pérennité de l'usine féculière de Vecquemont (Roquette) après l'annonce de Tereos concernant le site féculier d'Haussimont. 

La féculerie d'Haussimont (51) est à vendre. Le même sort peut-il être promis à celle de Vecquemont (80) ? Xavier Bertrand interroge.
© D.R.

Alors que le groupe Tereos a annoncé le 8 mars son intention de céder à un tiers son usine de transformation de pommes de terre fécule d’Haussimont (51), le président de la Région Hauts-de-France, Xavier Bertrand craint désormais pour la pérennité d’une autre féculerie française, celle de Vecquemont, dans la Somme et propriété du groupe Roquette. Dans un courrier qu’il a adressé le 13 mars à Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture, Xavier Bertrand souligne que « la décision du groupe Tereos de rechercher un nouvel acquéreur pour sa féculerie d’Haussimont illustre les fragilités et les difficultés de cette filière (…) suite à plusieurs années de baisse de rendements et à une concurrence européenne très forte de la part des pays du nord et de l’est ».

Pour le président des Hauts-de-France, « si l’État n’engage pas un plan d’urgence et de sauvetage de la filière fécule en France, le risque pourrait être de se retrouver pour la féculerie de Vecquemont dans la même situation que celle d’Haussimont ». Et Xavier Bertrand de demander au ministre de l’Agriculture une réunion « de l’ensemble des acteurs de cette filière majeure ».

« Coup dur » selon l’UNPT

Il y a quelques jours, l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) avait déclaré « prendre acte » de la décision de Tereos concernant l’usine d’Haussimont. Et de rappeler à la fois que Tereos a investi près de 30 millions d’euros en cinq ans sur ce site, et que le groupe « continuera d’assurer totalement l’activité de son site de transformation de pommes de terre fécule pour la campagne 2023/24 ».

« C’est un coup dur pour la filière pommes de terre et pour tous les producteurs, mais une décision qui était malheureusement prévisible » a souligné l’UNPT. « Voilà plus d’un an que l’UNPT alerte sans relâche les pouvoirs publics sur la fragilité du secteur féculier national et des potentielles difficultés à venir pour les partenaires industriels dont les féculeries sont mises à mal par des difficultés sur les marchés internationaux et un décrochage généralisé des rendements/surfaces ». Mais « aucune réponse concrète n’est apportée » déplore le syndicat.

L’UNPT avait notamment fait la demande d’une aide directe exceptionnelle à l’hectare en vue de sécuriser les surfaces de pommes de terre féculières.

Dans la perspective de la recherche d’un nouvel acquéreur pour Haussimont, le Gouvernement doit « prendre pleinement conscience de la nécessité d’accorder un soutien financier massif à la production en vue de rassurer les producteurs sur l’avenir de la fécule en France ». « Cette aide directe à la production est aussi le meilleur moyen d’assurer aux futurs repreneurs l’engagement de la production française à les accompagner dans ce projet économique et industriel » conclut l’UNPT.

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