Diversification
Des fraises pour s’occuper «jusqu’à la moisson»
À quelques jours de la fin de la saison des fraises pour les producteurs samariens, Anaïs et Pierre-Luc Despréaux ont accueilli début juin sur leur exploitation une délégation du Conseil départemental pour une visite de ses serres.
À quelques jours de la fin de la saison des fraises pour les producteurs samariens, Anaïs et Pierre-Luc Despréaux ont accueilli début juin sur leur exploitation une délégation du Conseil départemental pour une visite de ses serres.
Quel est le point commun entre une classe d’écoliers et une délégation du Conseil départemental de la Somme emmenée par sa présidente Christelle Hiver, en ce début du mois de juin, à Lamaronde ? La même curiosité pour la production de fraises sous serre. L’activité débutée il y a trois ans par Anaïs Despréaux et son époux, Pierre-Luc, n’en finit pas de se développer.
Installés sur une exploitation d’environ 200 hectares, ils ne cultivaient encore, jusqu’à il y a trois ans, «que» des céréales, des pommes de terre fécules, des pois de conserve et des betteraves. Un atelier «fraises» est depuis venu s’ajouter. C’est cette diversification, soutenue par la Chambre d’agriculture et le Département, que Christelle Hiver est venue découvrir le 3 juin dernier. «La fraise reste le premier fruit du printemps. Elle évoque le soleil et la chaleur. Les consommateurs en recherchent très tôt dans la saison. Pour nous, cette production s’intègre parfaitement dans une période plus calme de l’exploitation, juste avant les moissons», ont ainsi expliqué Anaïs et Pierre-Luc Despréaux.
Une production étalée d’avril à juin
Le projet a débuté avec l’installation d’une première serre de 500 m². Face à l’engouement rencontré, une seconde structure de 1 000 m² est venue compléter l’outil de production. Les plants sont alimentés par un système d’irrigation goutte-à-goutte, et sont logés dans des gouttières remplies de substrat. Lequel est renouvelé chaque fin de saison, comme les plants.
Aujourd’hui, environ 10 000 pieds répartis en trois variétés sont cultivés afin d’échelonner les récoltes et les ventes du 20 avril jusqu’à la fin juin.
Pour la campagne 2025-2026, les premiers plants ont été mis en place dès la mi-décembre, «pour avoir des fraises de bonne heure», détaille M. Despréaux. La contrepartie de cette recherche de précocité est de devoir gérer les gelées de fin d’hiver. «En février, nous avons eu quelques frayeurs, se souvient le producteur. Il a fallu chauffer les serres pendant quelques jours…»
En revanche, dès que les premiers fruits sont apparus, le rendement a bien été au rendez-vous. Cette année, l’objectif est d’atteindre cinq tonnes de production.
Pendant les épisodes de chaleur, il a fallu là encore être vigilant, comme le rappelle Pierre-Luc Despréaux, avec une irrigation régulière et une cueillette tôt le matin chaque jour afin de préserver la qualité des fruits.
Vente directe et débouchés locaux
Les fruits sont commercialisés par plusieurs partenaires locaux — supermarchés, boulangeries, restaurants —, mais aussi sur les marchés locaux (Poix-de-Picardie et Croixrault), sans oublier la plateforme Approlocal qui permet d’accéder aux restaurants d’établissements recevant du public (collège, Ehpad).
Enfin, jusqu’à la fin de la saison, les consommateurs peuvent venir cueillir leurs fraises directement à l’exploitation les mercredis et samedis.
La ferme bénéficiant de l’agrément «Bienvenue à la ferme», les visiteurs, quel que soit leur âge, sont assurés de profiter d’explications pertinentes sur la culture de la fraise… et sont assurés d’en déguster pour encore quelques jours (les derniers).
Pourquoi la récolte 2026 de fraises devrait finalement être abondante
Selon les prévisions d'Agreste bouclées le 1er mai, la production française de fraises pour 2026 atteindrait 75 200 tonnes, soit une progression de 3 % sur un an et de 5 % par rapport à la moyenne 2021-2025. Si les surfaces exploitées (3 668 ha) restent stables par rapport à l'an passé, elles accusent un léger retrait de 2 % sur cinq ans. Le Sud-Ouest, principal bassin producteur, affiche une hausse de 4 % malgré une pression parasitaire marquée. Le mois d'avril a connu un pic de production exceptionnel, né de la conjonction d'une météo ensoleillée favorisant la précocité et d'un télescopage, dans le Sud-Ouest, entre récoltes sous serres chauffées (retardées) et cultures de plein champ. Cette offre massive a pesé sur les cours : en avril, les prix de production ont reculé de 4 % sur un an, mais demeurent 2 % au-dessus de la moyenne quinquennale. La consommation reste toutefois stimulée par la chaleur printanière. Enfin, le déficit des échanges se réduit grâce à des importations en baisse de 23 % au premier trimestre.