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La production de légumes de plein champ face au renouvellement des générations

La production de légumes de plein champ doit, elle aussi, faire face au défi du renouvellement des générations. Retour sur les différents enjeux et leviers avec le Cénaldi.

Le nombre d’exploitations qui produisent des légumes pour l’industrie a tendance à diminuer tandis que les surfaces restent stables en France.
Le nombre d’exploitations qui produisent des légumes pour l’industrie a tendance à diminuer tandis que les surfaces restent stables en France.
© D. R.


Réussir le pari du renouvellement des générations, ce serait pour la production légumière française de plein champ la garantie de garder un certain savoir-faire et une diversité des cultures dans nombre d’exploitations agricoles. Mais, pour cela, plusieurs défis attendent les producteurs et leurs organisations : développement de l’irrigation, accès à de nouveaux moyens de protection des cultures, mise au point de nouveaux outils d’aide à la décision, investissement dans des matériels pour une agriculture de précision ou encore augmentation de la production bio.

Surfaces stables et concentration de la production
Une enquête réalisée par l’association nationale des organisations de producteurs de légumes à destination industrielle (Cénaldi), et présentée mi-décembre à FranceAgriMer, a permis de révéler le portrait-type du producteur français de légumes et de son exploitation. Sans surprise, comme l’explique le président du Cénaldi, Luc Desbuquois, «le nombre d’exploitations qui produit des légumes a tendance à diminuer». Dans le même temps, «on constate une stagnation des surfaces autour de 67 000 hectares. Cela s’explique par une concentration de la production et une spécialisation des exploitations».
Parmi les trois principales régions françaises de production, les Hauts-de-France et le Centre représentent 45 % des surfaces et regroupent 47 % des producteurs. Le reste des surfaces et des producteurs se partagent entre les régions Bretagne-Pays de Loire (2e) et le Sud-Ouest (3e).
Ce qui inquiète davantage le président du Cénaldi, lui-même installé dans le Pas-de-Calais, «c’est l’âge moyen des producteurs. Notre population est plutôt vieillissante. Lorsqu’une exploitation change de main, la question de savoir si l’on va continuer à faire du légume se pose». Selon l’enquête réalisée auprès des organisations de producteurs de France, 20 % des exploitations seraient proches de la cession, avec un taux de fidélisation important. Une exploitation sur deux produit en effet des légumes depuis plus de vingt ans.

Irriguer pour mieux valoriser
Parmi les motivations qui poussent les agriculteurs à produire des légumes de plein champ, revenu (76 %) et diversification de l’assolement (73 %) sont en tête devant l’intérêt pour la contractualisation, l’attachement à la culture et la technicité requise. Luc Desbuquois le reconnaît volontiers : «L’assolement est forcément plus compliqué à suivre, mais c’est très intéressant, et cela permet aussi de répartir les risques». Parmi les freins, c’est le risque sanitaire qui apparaît en premier lieu (47 %), devant les contraintes réglementaires (39 %), le revenu et la sensibilité aux risques climatiques (39 %).
En réponse à ces craintes, le Cénaldi propose le développement de moyens de protection des cultures et celui de l’irrigation. A ce jour, on estime qu’une exploitation sur deux est équipée pour irriguer. «Irriguer, c’est onéreux et contraignant pour les agriculteurs, constate Luc Desbuquois. Mais c’est aussi l’assurance d’une valorisation supérieure.»
La valorisation, justement, c’est tout l’enjeu des négociations qui démarrent entre les organisations de producteurs et les industriels spécialisés dans la transformation des légumes : «Si la rémunération n’est pas au rendez-vous, avec des contraintes de plus en plus importantes, notre filière risque de perdre beaucoup», avertit le représentant des producteurs.

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