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Alimentation animale
Se réapproprier la gestion stratégique des fourrages

Face aux aléas climatiques et à l’évolution des pratiques, la maîtrise des ressources fourragères devient un enjeu crucial pour les éleveurs. Viande ou lait, chaque atelier doit repenser ses repères techniques pour sécuriser son système de production. Un atelier d'élevage, quel qu'en soit sa nature stabilise de plus en plus les système d'exploitation.

Dans un contexte agricole marqué par l’instabilité climatique et la remise en question des anciens modèles, la gestion alimentaire du troupeau ne peut plus se baser uniquement sur les références d’hier. Les repères techniques traditionnels, jadis stables, apparaissent aujourd’hui dépassés. Pour assurer la pérennité et l’efficacité de leur exploitation, les éleveurs sont appelés à reconstruire de nouvelles bases : la stratégie fourragère s’impose alors comme un levier essentiel, garant d’autonomie, de sécurité et de performance.

Ces cinq dernières années, nous constatons une pousse printanière étalée avec un pic de production écrêtée, ainsi qu'une baisse de production, voire un arrêt en été, suivi d'une repousse à l’automne. Cette observation laisse présager une situation qui va s’installer de plus en plus communément dans les systèmes fourragers de la région. L’enjeu pour l’éleveur sera d’anticiper les besoins fourragers instables d’une année sur l’autre.

Pour acquérir de nouvelles références nécessaires, nous décrirons ci-après quelques points essentiels pour développer une posture solide et sécuriser son système fourrager.
 

Point clé n°1 : les prairies permanentes de l’exploitation sont le pivot de tout système fourrager.
Il s’agit d’établir la façon la plus pertinente d’utiliser ses surfaces obligatoires.
 

Point clé n°2 : déterminer les besoins du troupeau

Le calcul d’estimation des besoins des animaux s’effectue en prenant en compte : les besoins des animaux en bâtiment ainsi que les besoins de complémentation pendant la période de pâturage.

Nous vous proposons une méthode de calcul simplifiée (cf. tableau 1).
 

Point clé n°3 : un niveau précis des récoltes

Il est important d’établir un suivi précis des récoltes d’herbe réalisée sur l’exploitation, quel qu’en soit le type, la nature ou la qualité (cf. tableau 2).

Il est également important de prévoir un moyen de reconnaissance de la qualité du fourrage : couleur du film d’enrubannage, couleur des ficelles, marquage des ballots, afin de différencier les coupes.
 

Point clé n°4 : établir un bilan fourrager détaillé

Un bilan fourrager doit être réalisé avant l’automne, une fois l’ensemble des récoltes réalisées. Le bilan fourrager est primordial afin d’évaluer la quantité de fourrage produite dans l’année sur l’exploitation et ainsi faire face aux besoins quantitatifs et qualitatifs des animaux.

L’objectif principal est d’anticiper la stratégie fourragère en cas de manquements ou d'excédents. Le bilan fourrager peut mener à trois scénarios :

- Tout va bien, le bilan fourrager est équilibré entre besoins et productions

- La production est inférieure aux besoins. Il faut donc réfléchir à l’opportunité la plus juste, à savoir :
valoriser la repousse automnale s’il est encore temps, prévoir des dérobées de printemps, acheter le complément manquant ou, dans certains cas, gérer de manière drastique et ne pas nourrir des animaux improductifs

- La production est excédentaire. Il faut alors établir une stratégie pour N+1 afin d’éviter les pertes économiques

Classer les fourrages par qualité permet de les distinguer clairement et de simplifier le calcul d’une ration optimisée (cf. exemple).

 

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