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SECHERESSE ET CANICULES
L’agriculture de l’Oise demande des mesures à la hauteur de la catastrophe

Le comité sécheresse s’est réuni le 12 août dernier en préfecture, dans un contexte climatique particulièrement préoccupant pour l’agriculture de l’Oise. 

Réunion en préfecture le 12 août pour évoquer les demandes de la profession agricole face à la situation exceptionnelle.
Réunion en préfecture le 12 août pour évoquer les demandes de la profession agricole face à la situation exceptionnelle.
© Coralie De Koninck

Depuis le mois de juin, cinq épisodes de canicule se sont succédé, alors qu’une vingtaine seulement avaient été recensés depuis 1947. Un enchaînement qui illustre l’ampleur de la situation à laquelle les agriculteurs sont aujourd’hui confrontés.
Toutes les productions sont impactées : grandes cultures, légumes, pommes de terre, prairies et élevages. La sécheresse ne touche plus une production en particulier : c’est l’ensemble de l’agriculture départementale qui est concerné.

Une ISN qui ne suffira pas à absorber les pertes
L’Indemnité de solidarité nationale (ISN) a été déclenchée sur toutes les productions. Mais pour les exploitations non assurées, cette indemnisation ne constitue qu’un filet de sécurité très partiel. 
Pour les agriculteurs de l’Oise, le constat est clair : l’ISN ne permettra pas, à elle seule, de compenser l’ampleur des pertes et de préserver la trésorerie des exploitations.
La profession demande donc des mesures d’urgence permettant de passer le cap de cette année particulièrement difficile.

Des mesures pour préserver la trésorerie
Parmi les demandes portées lors du comité sécheresse, figure la mise en place d’une année blanche bancaire, ainsi qu’une année blanche sur les cotisations MSA.
La profession demande également que les exploitations les plus fragilisées puissent bénéficier de prises en charge de cotisations sociales. La MSA dispose déjà de dispositifs permettant, selon les situations, des prises en charge partielles, des échéanciers ou des reports de paiement.
Sur le volet économique, la demande est également claire : pas de nouvelles aides ciblées qui risqueraient de faire monter les prix sans répondre aux besoins de trésorerie immédiats. L’objectif est de mettre en place une aide directe par exploitation, afin d’apporter rapidement du cash sur les comptes des agriculteurs.
La profession demande également un abattement pouvant aller jusqu’à 100 % de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB) sur l’ensemble des terres agricoles de l’Oise.

Élevage : anticiper la décapitalisation
Les élevages sont eux aussi fortement touchés. La sécheresse entraîne une dégradation des ressources fourragères et oblige certains éleveurs à utiliser leurs stocks plus rapidement que prévu.
Les pertes liées aux animaux morts dans les élevages extérieurs doivent pouvoir être déclarées auprès de la DDT afin d’étudier leur éventuelle prise en charge dans le cadre des dispositifs existants (voir encadré ci-dessous). 
Mais au-delà de l’urgence, c’est déjà la prochaine campagne qui inquiète. Face à la forte décapitalisation annoncée dans les élevages, les représentants agricoles demandent la mise en place, dès l’année prochaine, d’un emprunt à taux zéro permettant de reconstituer les cheptels.

Cipan : une première avancée obtenue
Sur les cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan), la profession a également porté une demande de souplesse réglementaire.
La demande de dérogation concernant la date d’implantation des Cipan au 15 août pour les parcelles de pois de conserve a été entendue. Un arrêté préfectoral permet désormais d’éviter aux agriculteurs concernés de déposer individuellement une demande de dérogation.
Le combat se poursuit toutefois pour obtenir la même souplesse concernant les Cipan dont la date d’implantation est fixée au 20 septembre. Dans les conditions actuelles, imposer des implantations dans des sols extrêmement secs pourrait conduire à des échecs d’implantation et à des dépenses supplémentaires pour les exploitants.

Pac, cultures sous contrat : sécuriser les engagements
Face à la situation exceptionnelle, la profession demande également que les aides Pac soient versées à 100 % et le plus rapidement possible, afin de soutenir la trésorerie des exploitations.
Le classement de l’Oise en «département confronté à un cas de force majeure» est également demandé. L’objectif est notamment de sécuriser les agriculteurs engagés dans des contrats de production lorsque les conditions climatiques ne leur permettent plus de respecter leurs engagements.
Un appui particulier du préfet est également demandé concernant les cultures sous contrat, notamment les pommes de terre, afin que les conséquences de la sécheresse soient prises en compte dans les relations entre producteurs et acheteurs.

«Pas d’eau, pas d’agriculture»
La question de l’eau a également été largement portée lors du comité. Pour la profession, il est désormais nécessaire de changer de regard sur l’irrigation et sur le stockage de l’eau. 
L’agriculture ne pourra pas faire face à la multiplication des épisodes de sécheresse sans disposer de ressources en eau sécurisées.
«Pas d’eau, pas d’agriculture» : le message est assumé par Régis Desrumaux, président de la FDSEA 60. La création de réserves d’eau et le développement d’une stratégie départementale de gestion et de stockage de la ressource doivent faire partie des réponses structurelles à apporter au changement climatique.

Des contrôles qui doivent tenir compte de la réalité du terrain
Enfin, une pression particulière a été demandée sur l’ASP concernant les contrôles. Dans une année où les agriculteurs font face à des conditions climatiques exceptionnelles, la profession demande que la situation soit prise en compte et que les contrôles soient adaptés à la réalité des exploitations.
En résumé, les agriculteurs de l’Oise ne demandent pas uniquement des dérogations. Ils demandent les moyens de continuer à produire. L’enjeu est désormais de préserver les exploitations, leur trésorerie, leurs cheptels et leur capacité à repartir dès 2027.
 

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