Aller au contenu principal

Marchés à terme : l’outil sécurisant pour la betterave ? 

Le marché mondial du sucre, qui tire le marché européen, est très en forme. Mais cela pourrait ne pas durer. Pour consolider la filière, le marché à terme pourrait être un bon outil. Explications de Timothé Masson, expert marché à la CGB.

La CGB souhaite que le sucrier propose à ses betteraviers d’indexer une partie de ses betteraves sur le marché à terme.
© D. R.

0,20 $/livre alors qu’il était à moins de 0,10 $/livre pendant le confinement. Voilà quatre ans que le marché mondial du sucre n’avait pas été aussi en forme. «Le Brésil, plus gros pays producteur, connaît des rendements médiocres. En plus de cela, le cours de l’éthanol a doublé en deux ans, donc un gros volume de cannes à sucre sera à destination de cette filière au détriment du sucre. Au total, le Brésil devrait produire 6 Mt de moins», analyse Timothé Masson, expert marché à la CGB. Les autres pays producteurs ne participent pas non plus à la saturation du marché. La Thaïlande, avec ses petites surfaces et ses rendements décevants, devrait produire 8 Mt au lieu de 14 Mt. L’inde, avec 31 Mt, a une production stable, mais ses stocks sont faibles. «Les stocks mondiaux au plus bas depuis dix ans suscitent l’intérêt des spéculateurs sur le marché à terme*», note Timothé Masson. 

La France, qui s’apprête à récolter 402 000 ha avec, au mieux, un rendement moyen cinq ans, ne bénéficie pas directement du marché mondial puisqu’elle n’y exporte pas. Mais celui-ci influe sur le marché européen sur lequel elle se positionne. «Le sucre se vendait 389 €/t sortie usine en juin dernier. Aujourd’hui, du sucre se vend encore sur le marché Spot (sur lequel les actifs négociés font l’objet d’une livraison et d’un règlement instantané, ndlr), à 500 €/t.» La bonne santé du marché de l’éthanol, carburant comme gel hydro-alcoolique, nous profite également, puisqu’il concerne un quart des betteraves françaises. Ajoutez enfin un attrait pour les pulpes de betteraves. Quid du bénéfice pour le planteur ? «On peut espérer une rémunération à hauteur de 30,50 €/t de betteraves à 16°». 

Le spécialiste prévient cependant : «Nous devons absolument réussir à bénéficier de cette embellie, parce qu’elle pourrait ne pas durer longtemps.» La concurrence des autres productions agricoles, telles que le colza ou le blé, pèse aussi sur la filière. «Les cours de ces productions se portent très bien et attireront davantage les producteurs si le prix des betteraves n’est pas à la hauteur.» Pour stabiliser les revenus et «passer d’éventuelles périodes de vaches maigres», la CGB veut miser sur le marché à terme. «Nous souhaitons que le sucrier puisse proposer à ses betteraviers d’indexer une partie de ses betteraves, celles produites hors contrat, sur le marché à terme. Cela permettrait d’ajuster l’offre à la demande. Produire moins de betteraves quand la conjoncture est mauvaise, et en produire plus lorsqu’elle est bonne, avec la possibilité d’atteindre des prix intéressants», présente Timothé Masson. «Cet outil est la clé pour  préserver nos surfaces et nos outils, puisqu’ils seront plus souvent à saturation», ajoute Dominique Fievez, président de la CGB Somme. 

Cela implique toutefois que les sucriers et les planteurs puissent s’entendre sur une formule de partage. Ailleurs, en Europe, la pratique est adoptée par deux industriels : British Sugar, en Angleterre, et Nordzucker, au Danemark, avec lequel les planteurs ont obtenu une approbation de principe. 

* Pour rappel, le marché à terme ne sert pas à commercialiser sa marchandise, mais permet uniquement de fixer des prix, le marché trouvant son débouché sur le marché physique.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

lin brûlage
Des agriculteurs autorisés à brûler leurs parcelles de lin

La préfecture de l’Aisne détaille les modalités de mise en œuvre d’une dérogation qui permet le brûlage des pailles de lin non…

manifestation soutien poulailler Forest-Montiers Marion Bocquillon
Forest-Montiers : la FDSEA 80 et les JA appellent à la mobilisation samedi 12 septembre pour le poulailler de Marion

À quelques jours de l’examen du dossier par le Coderst, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Somme appellent à un…

exportations poulet Brésil
Le Brésil augmente ses exportations de poulet de 50% vers l'UE au premier semestre

Les exportateurs brésiliens ont envoyé en Europe 7 131 t de viande de poulet au cours du premier semestre 2026, soit…

Après les travaux agricoles, les passages répétés des engins peuvent laisser d’importants dépôts de boue sur les routes, rendant la chaussée glissante et dangereuse pour les autres usagers.
Boue sur la chaussée : votre responsabilité engagée

Chaque automne, les exploitations agricoles tournent à plein régime : ensilage du maïs, récolte des betteraves et pommes de…

Face au déficit fourrager, l’ajustement de la ration et du troupeau doit s’anticiper. Plus les mesures sont prises tôt, moins elles seront douloureuses.
Après la sécheresse, ajuster l’alimentation et les effectifs

Face au manque de fourrage, les éleveurs devront anticiper et trouver un compromis entre l’achat d’une partie des fourrages,…

groupement producteurs pommes de terre Clarebout SUGAF
Les producteurs français de pommes de terre livrant le groupe Clarebout/Simplot se regroupent

Le SUGAF, nouvelle association des producteurs français livrant le groupe Clarebout/Simplot, a été officiellement constitué.…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde