Football
Dans la Somme aussi, le cœur de ces agriculteurs qui bat en sang et or
À l’occasion de la finale de la Coupe de France opposant le Racing Club Lens (RCL) à l'OGC Nice, vendredi 22 mai, nous sommes allés à la rencontre de quatre agriculteurs picards, supporters du Racing club de Lens. Ils nous partagent leur passion pour le club et ses valeurs, mais aussi leurs pronostics pour cette rencontre.
À l’occasion de la finale de la Coupe de France opposant le Racing Club Lens (RCL) à l'OGC Nice, vendredi 22 mai, nous sommes allés à la rencontre de quatre agriculteurs picards, supporters du Racing club de Lens. Ils nous partagent leur passion pour le club et ses valeurs, mais aussi leurs pronostics pour cette rencontre.
Tous n’attendent qu’une seule chose : la finale de la Coupe de France de football, vendredi 22 mai à 21h. Sur place au Stade de France, dans un bar lensois ou devant n’importe quel écran retransmettant le match, ces quatre agriculteurs picards sont prêts à vibrer et à soutenir leur club de cœur face à Nice. Il faut dire que leur histoire d’amour avec le Racing Club de Lens a débuté dès leur plus jeune âge. Louis Lansmant, agriculteur à Gueschart, le dit lui-même : «Je suis fan depuis que j’ai l’âge de marcher. C’est mon père qui m’a emmené voir mon premier match.» Le constat est le même pour les autres supporters : cette passion est une véritable affaire de famille. Elle s’est construite au fil des matchs à la télévision, mais surtout grâce aux premiers déplacements au stade.
Des premiers matchs gravés dans la mémoire
Lorsqu’elle est entrée dans l’enceinte de Bollaert, Carine Bouvet a tout de suite ressenti l’adrénaline. Originaire d’Arras, son père l’accompagne à son premier match dès l’âge de dix ans. Aujourd’hui agricultrice à Tours-en-Vimeu, elle se souvient parfaitement de ce moment : «J’ai tout de suite ressenti une forte émotion, l’ambiance était unique.» À ce moment précis, elle comprend que la passion l’a gagnée.
C’est aussi lors de sa première venue au stade que Charles Degenne, fils d’exploitant agricole à Licourt, a ressenti un déclic. À l’époque, Lens affronte Créteil et remporte le match de peu : 2-1. «J’avais six ans et ce qui m’a marqué, c’est vraiment la ferveur dans les tribunes», raconte-t-il.
L’attachement est le même pour Christophe Buisset, agriculteur à Aveluy. Son premier match remonte à 1977, lors d’un match de Coupe d’Europe face à la Lazio de Rome. «J’étais collé aux grillages avec les autres jeunes du club de foot d’Albert. J’avais réussi à serrer la main des joueurs.» Un souvenir dont il est plus que fier, puisqu’une plaque commémorative portant son nom existe aujourd’hui dans le stade.
Depuis le temps, cet engouement ne les a jamais quittés et tous ont continué à suivre le club de manière assidue. Certains sont abonnés depuis plusieurs saisons, d’autres essaient d’assister aux matchs le plus souvent possible, en fonction du travail à la ferme. Lorsqu’on pose la question à ces supporters : «Pourquoi êtes-vous fidèles à cette équipe depuis tant d’années ?», la réponse est unanime : pour eux, le Racing Club de Lens est unique et surtout accessible à tous.
Au-delà des résultats sportifs, c’est surtout l’identité du club qui les rassemble. «À Lens, il n’y a pas de différence entre les gens. On peut autant retrouver des ouvriers, des agriculteurs, des cadres ou des chefs d’entreprise», précise Carine Bouvet. Tous évoquent un même attachement à des valeurs de proximité, de simplicité et de ferveur populaire : «C’est dans les tripes, cela ne s’explique pas», insiste l’agricultrice.
Christophe Buisset partage cette vision d’un club profondément ancré dans son territoire. «C’est un club de famille et de transmission. Et surtout, il a une forte identité régionale avec le bassin minier, les corons, etc.» Pour lui, l’ambiance qui règne dans l’enceinte lensoise reste aussi loin des insultes et de l’agressivité.
Outre les valeurs qu’il prône, le club s’avère être un exutoire pour beaucoup, entre deux périodes de travail à la ferme. «Le stade Bollaert, c’est le seul endroit où j’oublie tous mes problèmes. Entre la météo, nos cultures et notre revenu, le métier est tellement aléatoire. C’est mon seul moyen pour décompresser totalement», confie Louis Lansmant. Un moment hors du quotidien, où tout se met entre parenthèses pendant quatre-vingt-dix minutes.
Une finale gagnée d’avance ?
D’ici la finale du 22 mai, l’excitation monte encore d’un cran chez les quatre supporters. Évidemment, tous se prêtent au jeu des pronostics, conscients que le football peut toujours réserver des surprises. Charles imagine un RC Lens dominateur : «Pour moi, on va s’imposer 3-0. Nice arrivera avec de la fatigue dans les jambes. Leur priorité sera sûrement leur maintien en Ligue 1 lors des barrages.» Christophe penche également pour le même score, même s’il se montre plus mesuré. «Une finale, ça ne se joue jamais à l’avance. Il ne faut pas avoir un excès de confiance», explique le supporter. Pour Louis, la victoire est aussi évidente : 2-0 pour Lens, avec des joueurs comme Thauvin ou Saint-Maximin pour faire la différence. Carine se veut tout aussi confiante, mais son scénario semble plus serré que celui de ses camarades. «J’imagine bien une victoire 3-2. Je pense que Nice va quand même tout donner. Dans tous les cas, remporter le match viendrait couronner une saison riche en émotions», souligne-t-elle.
Tous s’accordent en tout cas sur un point : le RC Lens a les armes pour soulever le trophée, grâce à une dynamique collective forte, un entraîneur solide et une série de victoires tout au long de l’année. Les regards des supporters sont désormais tournés vers le Stade de France.
Le Racing Club de Lens parviendra-t-il à décrocher la première Coupe de France de son histoire ? Réponse vendredi 22 mai à partir de 21h, pour le coup d’envoi.