Élections sénatoriales
Damien Toumi : «Soit on se plaint, soit on s’engage»
Damien Toumi, conseiller municipal à Amiens, se lance dans la course aux sénatoriales dans la Somme, sous l’étiquette du Rassemblement national. Il veut aujourd’hui se présenter comme un «ambassadeur des communes» auprès de l’État. Simplification, souveraineté alimentaire, stockage de l’eau et installation : il détaille les combats qu’il souhaite porter au Sénat.
Damien Toumi, conseiller municipal à Amiens, se lance dans la course aux sénatoriales dans la Somme, sous l’étiquette du Rassemblement national. Il veut aujourd’hui se présenter comme un «ambassadeur des communes» auprès de l’État. Simplification, souveraineté alimentaire, stockage de l’eau et installation : il détaille les combats qu’il souhaite porter au Sénat.
Pourquoi vous lancer dans la course aux sénatoriales ?
Je collais mes premières affiches pour l’UMP lors de la campagne de Nicolas Sarkozy, il y a tout juste vingt ans. Aujourd’hui, j’ai 36 ans. Et que s’est-il passé depuis ? Rien de bien ! Les sénateurs sortants n’ont clairement pas fait leur job. La France se porte-t-elle mieux depuis leur élection ? Loin de là. Soit on se plaint, soit on s’engage. Voilà pourquoi je m’engage dans ce combat. Si je suis élu, je serai un ambassadeur des communes de la Somme, qui fera le lien avec le national.
Quelle serait votre priorité pour l’agriculture ?
Il faut obtenir de la simplification administrative, comme dans beaucoup d’autres domaines. Mais les mesures doivent partir du terrain. Je veux organiser des réunions par canton, pour que ceux qui sont confrontés à cette suradministration puissent s’exprimer. La loi Duplomb est un bon début, mais elle ne va pas assez loin. Il faut lever des contraintes et donner davantage de libertés aux agriculteurs, pour leur redonner la capacité de vivre de leur métier et non d’être sous perfusion des aides.
Cela passe aussi par des services de l’État réellement au service des agriculteurs. Il faut réformer l’Office français de la biodiversité (OFB), par exemple. Il est devenu une bureaucratie qui pourrit la vie de ceux qui travaillent.
Vous faites également de la souveraineté un enjeu majeur. Comment la renforcer ?
La souveraineté alimentaire passe d’abord par la protection de notre agriculture. Il faut limiter les surtranspositions européennes. Notre agriculture conventionnelle est l’une des plus vertueuses au monde et nous devons mettre en avant la qualité du travail des agriculteurs français.
Ça veut aussi dire défendre leurs projets. La construction du poulailler qui suscite la polémique à Forest-Montiers en est un exemple. On ne peut pas vouloir manger du poulet local, mais refuser la construction d’un poulailler à côté de chez soi. Il faut responsabiliser les gens.
C’est fou qu’il n’y ait pas de plan d’avenir, aucune vision à long terme. Les jeunes qui veulent s’installer ont besoin de garanties. Il faut un plan d’urgence à l’installation et un soutien pendant les premières années d’activité.
Les accords de libre-échange sont-ils compatibles avec cette ambition de souveraineté ?
L’attention doit aussi être portée sur les accords de libre-échange, dans lesquels l’agriculture doit être le premier domaine protégé. Les clauses miroir ? C’est du pipeau. On ne peut pas contrôler ce qui se fait dans les fermes brésiliennes. On n’importe pas des produits qui ne respectent pas nos normes. Point.
La question agricole dépasse-t-elle les seules exploitations ?
Oui. C’est la même chose pour la réindustrialisation. Le projet d’usine d’engrais Fertighy à Languevoisin, comme d’autres projets à enjeu de souveraineté nationale, doit pouvoir bénéficier d’un cadre permettant d’aller plus vite. Pour reconstruire Notre-Dame de Paris, on a su mettre certaines normes de côté pour accélérer le chantier. La production d’engrais est stratégique : on ne peut pas se permettre de voir partir une usine ailleurs.
Comment concilier protection des agriculteurs et prix alimentaires ?
Il existe des outils. Les règles des marchés publics, par exemple, empêchent aujourd’hui ceux qui les constituent de se tourner suffisamment vers les produits locaux. Elles doivent être revues pour le permettre. Il faut aussi alléger les taxes, afin d’assurer une juste rémunération au producteur tout en conservant un prix abordable pour le consommateur.
Vous souhaitez aussi défendre une autre approche des produits phytosanitaires ?
La droite et les centristes ont beaucoup trop cédé au lobbying de la gauche et des Verts. On ne parle plus de produits phytosanitaires pour soigner les plantes, mais de «pesticides pollueurs». C’est le symptôme de l’air ambiant et de l’abandon des politiques en place. Il faut se réapproprier les bons termes.
Quelle stratégie défendez-vous pour l’eau ?
Je dis un grand oui au stockage. Je suis même favorable à un grand plan national de stockage de l’eau. Je suis choqué de voir que des élus ont cédé sur ce sujet. Il faut aussi veiller à ce que les agriculteurs soient prioritaires dans l’accès à l’eau. Là encore, la stratégie doit partir de ceux qui vivent la situation. Les syndicats agricoles sont des experts du sujet. Ils doivent être consultés.