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Des éleveurs récompensés pour leurs prairies

Chaque année, le concours général agricole des pratiques agro-écologiques «prairies et parcours» récompense les éleveurs pour leurs bonnes pratiques. Les noms des lauréats samariens ont été dévoilés.

Pour la première fois, en Plaine maritime picarde, le concours était spécialement dédié aux prés salés pâturés par les moutons. La gestion de Jérémy Mallot permet de maintenir la diversité végétale.
Pour la première fois, en Plaine maritime picarde, le concours était spécialement dédié aux prés salés pâturés par les moutons. La gestion de Jérémy Mallot permet de maintenir la diversité végétale.
© Matthieu Franquin



Une prairie riche de biodiversité typique du milieu, préservée grâce aux bonnes pratiques de l’éleveur qui l’exploite. Voilà ce que cherche chaque année le jury du concours général agricole des pratiques agro-écologiques «prairies et parcours». À ce jeu là, Jérémy Mallot, éleveur d’agneaux AOP des prés salés de la Baie de Somme à Cayeux-sur-Mer, et Tanguy Loucheron, éleveur de charolaises à Bray-les-Mareuil, ont été les meilleurs.
Cette année, pour la première fois, en Plaine maritime picarde, le concours était spécialement dédié à un milieu très spécifique et emblématique du territoire : les prés salés pâturés par les moutons. «Ces prés salés, ou mollières, sont les parties hautes de la baie couverte par la mer lors des grandes marées et constituées de flores caractéristiques de ces milieux, explique Matthieu Franquin, Syndicat mixte Baie de Somme Grand littoral picard (SMBS-GLP), membre du jury. Dans cette zone naturelle protégée, la gestion du pâturage de façon extensive est rigoureuse afin de respecter les équilibres naturels de ce territoire. Les éleveurs regroupés en association y produisent des agneaux à la saveur unique reconnus par une appellation d’origine protégée (AOP).»
Ce que l’îlot de Jérémy Mallot a de plus ? Le jury a particulièrement apprécié la gestion du pâturage mise en place. «L’alternance de pâturage parqué et de pâturage libre lui permet de bien valoriser d’un point de vue fourrager la végétation très spécifique des prés salés tout en limitant le développement du chiendent maritime (espèce peu consommée par les animaux qui peu être envahissante), explique-t-il. La zone de pâturage est déplacée tous les jours, ce qui évite le surpâturage et permet de maintenir la diversité végétale.» Obione faux pourpier, Aster maritime, Plantain maritime, Armoise maritime, Salicorne, ou encore Lilas de mer, des espèces de plantes caractéristiques des prés salés, y poussent tranquillement. Cette flore fait le bonheur de nombreux oiseaux.

Petite récolte mais bien valorisée
Chez Tanguy Loucheron, à Bray-les-Mareuil, la diversité des espèces a aussi été remarquée : «une cinquantaine d’espèces sont présentes dans cette prairie humide, dont beaucoup d’espèces rares ou menacées», note le jury. Ce constat est rendu possible grâce aux pratiques agricoles extensives, comme la fauche tardive et l’absence de fertilisation. «Je gère mes pâtures comme dans le temps, sourit l’éleveur. Un coup de herse étrille ni trop tôt, ni trop tard, pour laisser la prairie aérée et le temps aux espèces importantes de percer.»
Malgré un rendement peu élevé, du fait de l’absence de fertilisation, l’éleveur parvient à valoriser son fourrage. «L’hiver, nous pressons à nouveau les balles de foin en petits ballots que nous vendons aux propriétaires de chevaux. Le foin est sans intrant, peu poussiéreux et très équilibré. Un atout pour les animaux sensibles à la fourbure», explique-t-il. La repousse de l’herbe lui permet de valoriser la prairie grâce au pâturage de ses chevaux (une petite vingtaine) et les vaches allaitantes consomment ensuite les refus. «L’éleveur a optimisé au maximum les capacités de sa prairie sans endommager la biodiversité. La gestion est innovante», conclut le jury. Cerise sur le gâteau : «Il a fait le choix de laisser une haie séparant la parcelle en deux, mais laissant un passage suffisant pour les engins agricoles. Cette haie représente un corridor écologique», ajoute Marion Bellery, ingénieure à la Chambre d’agriculture de la Somme, membre du jury.
Les deux éleveurs représenteront leur territoire lors du concours national, dont les prix seront remis lors du Salon international de l’agriculture en février 2021.

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