Élections sénatoriales
Laurent Somon : «Il faut porter nos filières d’excellence vers le haut»
Sénateur sortant de la Somme et candidat à sa réélection, Laurent Somon (LR) met en avant sa connaissance du département de la Somme. Vétérinaire de métier, il défend notamment l’élevage, la souveraineté alimentaire et énergétique. Il détaille ses priorités pour un nouveau mandat.
Sénateur sortant de la Somme et candidat à sa réélection, Laurent Somon (LR) met en avant sa connaissance du département de la Somme. Vétérinaire de métier, il défend notamment l’élevage, la souveraineté alimentaire et énergétique. Il détaille ses priorités pour un nouveau mandat.
Vous faites de la défense de la ruralité un moteur de votre candidature. Pourquoi ?
C'est lié à mon histoire personnelle. Je suis vétérinaire de métier et très attaché à la Somme, un département très agricole, mais aussi marqué par un tissu agro-industriel important. Je fais partie de la commission des affaires économiques du Sénat, ce qui me permet de suivre particulièrement les dossiers agricoles. Durant ce mandat, plusieurs textes ont concerné l’agriculture, comme les lois d’orientation sur la transmission des exploitations, Egalim et, plus récemment, la loi Duplomb, que j’ai cosignée.
Quelle agriculture souhaitez-vous défendre ?
Je veux m’engager pour qu’il n’arrive pas à l’agriculture ce qui est arrivé à la sidérurgie : sa perte. Je suis particulièrement sensible à la défense de l’élevage. Cette filière doit être soutenue et renforcée. Cela concerne toutes les professions qui gravitent autour, comme les vétérinaires ruraux ou les abattoirs. La Somme dispose par ailleurs de filières d’excellence, notamment la pomme de terre et la betterave. Les agriculteurs sont des producteurs de matières premières qu’il faut soutenir, car l’industrie qui en découle est une richesse.
Qu'apportent vos colistiers ?
Mes quatre colistiers offrent une représentation territoriale et apportent chacun leurs compétences. Christelle Hiver, présidente du conseil départemental de la Somme, apporte son expérience de l’échelon départemental et des collectivités. Philippe Cheval, président du Siep du Santerre, a une forte expertise sur l’eau, sa gestion et la protection de la ressource, ainsi que sur les enjeux agricoles qui y sont liés. Margaux Delétré, vice-présidente du conseil départemental et présidente de Somme Numérique, possède un profil lié aux collectivités. Enfin, Alain Baillet, maire de Fort-Mahon et premier vice-président du syndicat mixte Baie de Somme – Grand Littoral Picard, connaît particulièrement les enjeux du littoral, du trait de côte, de l’aménagement et du tourisme.
Vous souhaitez «redonner du sens à la recherche». Pouvez-vous préciser ?
L’alimentation, comme l’énergie, doivent être une priorité. En temps de guerre, elles garantissent l’autonomie du pays. Pour cela, la recherche est indispensable. Elle porte nos filières d’excellence vers le haut. C’est l’objectif de la mission de contrôle France 2030, au sein de laquelle je souhaite poursuivre mon investissement. Nous devons notamment travailler sur les véhicules électriques, y compris les camions et les tracteurs, et concevoir les batteries de demain sans reproduire les dépendances actuelles à certains métaux rares. Ces efforts doivent également être conduits dans les énergies renouvelables. Le méthaniseur agricole est un exemple vertueux.
Et concernant la Pac, quelle évolution défendez-vous ?
Il est préférable d’avoir une liberté nationale plutôt que des règles européennes qui ne distinguent pas suffisamment les territoires. Les contraintes environnementales trop fortes peuvent avoir des effets pervers. En revanche, des dispositifs comme les mesures agro-environnementales ont du sens lorsqu’ils permettent de soutenir les agriculteurs qui rendent des services environnementaux. Dans la Somme, elles participent notamment à la préservation des zones humides. La Pac doit aussi favoriser le renouvellement des générations. La politique nationale est aussi primordiale : j’ai soutenu la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture.
Gestion de l’eau, préservation des haies… Quelle est votre position sur ces sujets ?
Je suis favorable aux retenues d’eau de ruissellement. Stocker l’eau quand elle tombe en abondance pour pouvoir irriguer en période sèche, cela relève du bon sens. C’est d’ailleurs un sujet que nous abordons à travers le projet du canal Seine-Nord Europe, dont je suis le représentant du Sénat au conseil de surveillance. Pour encourager les pratiques vertueuses, comme la préservation des haies, il faut proposer des lois et les modulations d’aides qui les accompagnent. J’ai par exemple voté la proposition de loi Salmon en faveur de la préservation et de la reconquête de la haie.