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SPORT MÉCANIQUE
Le tracteur pulling, une affaire de famille chez les Beaufils

Pour la première fois, le tracteur pulling débarque à Plaine en Fête, les 29 et 30 août à Candas. À cette occasion, rencontre avec Dominique et Pauline Beaufils, père et fille qui vibrent pour cette passion peu ordinaire. Tous deux déjà champions de France, ils seront aux côtés d’une trentaine de participants venus de tout le pays. 

Tout a commencé à Bernay, dans l’Eure, il y a 42 ans maintenant. L’ambiance de la compétition, l’adrénaline, le bruit des moteurs l’ont conquis à l’époque. Depuis ce jour, le tracteur pulling n’a plus quitté sa vie. Fils d’agriculteur, Dominique Beaufils a toujours été passionné par la transformation de véhicules : «À l’époque, je faisais de la mécanique agricole pour mes parents et les voisins. Mais c’est vraiment à Bernay que j’ai découvert la discipline pour laquelle j’ai eu un véritable coup de cœur», se souvient-il. Six mois après, il rejoint une équipe, ce qui marque le début d’une longue carrière.

Un “ancêtre” du tracteur pulling
Depuis tout ce temps, Dominique a à son actif plus d’une dizaine de réalisations de tracteurs. Constructeur, pilote ou encore mécanicien, il continue d’endosser toutes ces casquettes, même à la retraite. Il a d’abord commencé avec une traction, puis une Ford Capri, une Chevrolet Caprice et une Peugeot 203. «J’apprécie particulièrement les anciennes voitures et leur look vintage. Elles attirent l’œil du spectateur lors des compétitions et les gens aiment ça», indique-t-il. Au fil des années, les modèles se succèdent et gagnent en puissance avec les améliorations de Dominique : 800 chevaux à ses débuts, contre 2 000 pour un moteur aujourd’hui.
La passion et la persévérance du pilote l’ont mené plusieurs fois à la victoire. Il décroche le titre de champion de France de tracteur pulling trois années consécutives (2005, 2006 et 2007) et termine même 6ème aux championnats d’Europe. Pour atteindre ce palmarès, Dominique explique qu’il ne s’agit pas tellement d’entraînement, mais surtout de persévérance : «Beaucoup de facteurs entrent en jeu : les réglages, le type de moteur, la piste, les conditions météo. C’est assez aléatoire. On veut toujours faire mieux comme un sportif, mais là, c’est de la mécanique.»

La relève est assurée
Dans la famille Beaufils, Dominique n’est pas le seul à être féru de tracteur pulling : sa fille l’est aussi. Les premiers pas de Pauline dans cet univers se sont faits en accompagnant son père lors des concours. À 14 ans, elle débute les compétitions dans la catégorie des Garden, des modèles d’environ 600 kg souvent modifiés avec des moteurs de voitures, de motos, etc.
Seulement un an après, elle devient championne de France : un moment qu’elle n’est pas prête d’oublier : «Ça a été une grande fierté pour moi. Je n’avais pas le moteur le plus puissant, mais mes forces ont été la stabilité et la régularité de ma machine face à mes concurrents.» Au-delà de son jeune âge, Pauline fait partie des deux seules femmes en France pilotes de tracteur pulling. Un sport qui peine encore à trouver son public féminin, selon elle.
Lors des compétitions, la jeune femme peut compter sur son bolide «Burble Purple» (bourdonnement violet en français), doté d’un moteur BMW six cylindres : «Cette année, on a à peu près tout changé dessus : la couleur du châssis, les ailes. On a aussi rajouté un turbo qui permet d’atteindre 500 chevaux contre 200 avant», détaille Pauline.

Fortes sensations garanties
Né aux États-Unis dans les années 1920, le tracteur pulling a bien évolué depuis ses débuts. À l’époque, lors de fêtes locales, des tracteurs de 10 à 40 chevaux tiraient des traîneaux en bois sur lesquels des commissaires de course montaient progressivement, jusqu’à l’immobilisation du tracteur.
Au fur et à mesure, les fermiers ont commencé à remplacer les moteurs traditionnels de leurs tracteurs par des turbines d’avion de chasse, des moteurs de char, de bateau ou encore de V8. C’est ainsi que sont nés les engins de course modernes, pouvant atteindre jusqu’à 12 000 chevaux. La discipline arrivera plus tard en France, vers les années 80.
Le principe du tracteur pulling est simple : tirer une remorque lestée sur une piste en terre battue de 100 mètres de long. «Pendant ce tour de qualification, le pilote doit faire un “full pull” pour accéder à la finale. Celle-ci consiste enfin à réaliser la plus grande distance», explique Dominique.

«S’ils veulent de la mécanique, de la vitesse et voir des monstres, ils vont aimer»

Au total, il existe neuf catégories de tracteurs qui se distinguent notamment par la puissance des moteurs et le niveau de modification des engins. En France, plusieurs d’entre elles sont représentées, parmi lesquelles les 2WD, Limited Super Stock, Light Modified et Gardenne. Cette dernière étant elle-même divisée en deux catégories : les Gardenne compactes, similaires à de petits tracteurs agricoles, et les Gardenne libres, aux possibilités de conception plus larges.
Le tracteur pulling s’invite pour la première fois à Plaine en Fête, les 29 et 30 août à Candas. Près de trente participants sont attendus des quatre coins de la France pour faire vibrer la piste. Pauline et Dominique en sont persuadés : «Si les spectateurs souhaitent voir de la mécanique, de la vitesse et des monstres, ils vont aimer.»

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