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Les missions du Comité régional grandes cultures

Le 26 juin, le Comité régional grandes cultures a élu pour trois ans son président, Jacques de Villeneuve, et deux vice-présidents, Laurent Bué et Paul Jacquelin. Le président, agriculteur à Davenescourt, à l’est de la Somme, fait le point sur les missions qui leur sont confiées.

Pour Jacques de Villeneuve, le Comité «grandes cultures» des Hauts-de-France permet au milieu agricole de faire passer des messages, en exposant ses contraintes aux pouvoirs publics.
Pour Jacques de Villeneuve, le Comité «grandes cultures» des Hauts-de-France permet au milieu agricole de faire passer des messages, en exposant ses contraintes aux pouvoirs publics.
© A. P.




Qu’est-ce que le comité grandes cultures des Hauts-de-France ?

Il est en quelques sortes la déclinaison régionale des orientations nationales de FranceAgriMer.  Le comité (ex-comité «céréales») s’appelle désormais «grandes cultures» car, en plus des céréales, il a intégré la filière betteraves. Il se réunit quatre fois par an. Nous sommes le lieu où sont représentés tous les acteurs du monde agricole (coopératives agricoles et négoces privés, industriels…), ainsi que les pouvoirs publics.

Quel est son rôle ?
Pour nous, représentants du milieu agricole, nous pouvons faire passer des messages : se concerter, expliquer, et mettre en exergue. L’enjeu est surtout de faire comprendre que nous pouvons prendre en compte les attentes sociétales, très axées vers la protection de  l’environnement, tout en défendant nos intérêts : les concessions ne doivent pas être faites au détriment de la productivité et de la qualité. Il en va de la compétitivité de l’agriculture régionale. Des discutions franches et complètes sont établies avec les représentants de l’État, comme la Draaf (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) et la préfecture. Ce ne peut être que bénéfique.

Autour de quelle actualité ces débats se portent-ils ?
Parmi les sujets récurrents, je peux nommer l’utilisation des produits phytos. Je pense notamment à la séparation de la vente et du conseil, qui devrait entrer en vigueur en janvier 2021. C’est l’exemple type d’un projet poussé par l’opinion public, qui n’aura pas d’effet bénéfique sur l’utilisation des phytos, selon moi. Il est révolu, le temps où le conseiller de coopérative poussait à la consommation. Il en va de leur crédibilité. La réalité est que les agriculteurs vont se retrouver sans conseil, et pourraient être amenés à traiter davantage par mesure de précautions. Je peux aussi citer l’aberration du retrait des néonicotinoïdes pour la filière betteraves. Il en résulte un surcoût pour les planteurs qui sont désormais obligés de réaliser plusieurs passages de traitements, avec des produits qui s’avèrent inefficaces en cas de forte pression des pucerons. On en arrive cette année à un état de catastrophe sanitaire avec la propagation de la jaunisse. Nous devons faire comprendre que l’usage des phytos est toujours nécessaire, mais que nous travaillons à une utilisation plus circonspecte.

Quels sont les sujets abordés quant à la filière céréales ?
Les EGAlim ont amorcé un plan de transformation de la filière céréales, qui doit être décliné en Hauts-de-France. Pour résumer, il s’agit de développer des outils qui nous permettent de réduire nos coûts, d’augmenter notre volume de production et de préserver la qualité de nos produits pour retrouver de la compétitivité sur le marché mondial, de conquérir de nouveaux marchés et de fidéliser nos clients. Nous parlons ainsi de modernisation du réseau de stockage (pour préserver la qualité de la production tout au long de la chaîne et, notamment, en évitant le recours aux insecticides de stockage, ndlr), de développement des outils d’aide à la décision (OAD) pour amplifier la transition vers l’agro-écologie, du développement de la méthanisation ou, encore, de  développement de la culture de céréales bio.

Vous vous penchez également sur la contribution régionale à la mise en œuvre du plan «protéines végétales». Qu’en ressort-il ?
Il y a deux sujets d’importance derrière la question de la protéine. Le premier est l’indépendance en termes de production de protéines à destination de l’alimentation des animaux d’élevage. Nous avons encore beaucoup de freins à lever pour y parvenir : les progrès génétiques doivent être poussés pour nous apporter des améliorations variétales nécessaires pour maintenir les rendements, résister aux maladies, s’adapter aux changements climatiques… Des partenariats entre les instituts techniques spécialisés et les écoles du territoire pourraient accélérer les choses. Pour que le tout fonctionne, nous avons besoin de filières structurées, solides et rémunératrices.
Le deuxième sujet est celui de la qualité du blé. Si le taux de protéines n’est pas suffisant, le blé ne répond plus aux cahiers des charges des industriels. Or, qui dit protéines dit besoins en azote, et la tendance est plutôt à la réduction de l’apport d’azote. Les OAD sont une des pistes pour permettre cette gestion de l’azote.

Le comité a annoncé des prévisions de rendements moyens. Lesquels sont-ils et à quoi sert cette estimation ?
Le but est de prévoir les quantités produites pour estimer la commercialisation qui en découlera. Les rendements moyens ont été estimés à 84 qx/ha pour le blé tendre, 81 qx/ha pour l’orge d’hiver, 63 qx/ha pour l’orge de printemps et 35 qx/ha pour le colza. Évidemment, des différences sont à prévoir en fonction des zones dont la qualité des sols et le bilan hydrique sont sensiblement différents. Mais il vaut mieux rester prudent sur ces chiffres annoncés alors que la moisson n’est pas terminée partout. Nous nous réunirons à nouveau en septembre, et nous pourrons dresser une bilan plus complet de la récolte et de la collecte.

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