Élections sénatoriales
Pascal Aubrée : «Je veux défendre les intérêts de la ruralité»
Maire de Bussy-les-Poix et vice-président de la Communauté de communes Somme Sud-Ouest (CC2SO), le candidat communiste aux sénatoriales entend défendre les territoires ruraux et le monde agricole. Revenu, installation, Pac, concurrence des importations, eau et recherche : il détaille ses priorités.
Maire de Bussy-les-Poix et vice-président de la Communauté de communes Somme Sud-Ouest (CC2SO), le candidat communiste aux sénatoriales entend défendre les territoires ruraux et le monde agricole. Revenu, installation, Pac, concurrence des importations, eau et recherche : il détaille ses priorités.
Que représente la ruralité pour vous ?
Je suis maire de Bussy-les-Poix, une commune rurale de 82 habitants, et vice-président de la Communauté de communes Somme Sud-Ouest, qui compte 119 communes, de 10 à
2 300 habitants. Autant dire que la ruralité me parle ! Je côtoie de nombreux agriculteurs-maires, avec qui j’échange beaucoup sur leurs contraintes du quotidien. Je suis proche des habitants de la campagne et je veux défendre leurs intérêts.
Quels sujets agricoles souhaitez-vous porter au Sénat ?
Le revenu des agriculteurs, et plus largement de tous ceux qui font vivre l’agriculture — salariés agricoles, coopératives… —, me tient particulièrement à cœur. Salaires, emploi, protection sociale et lutte contre la précarité sont des sujets qu’il faut saisir. Le Parti communiste a œuvré en ce sens, avec notamment la loi Chassaigne, qui vise à revaloriser les plus petites retraites des agriculteurs et des veuves d’agriculteurs.
Je veux aussi défendre une Pac suffisamment financée, qui donne la priorité à l’emploi, à la production, au revenu des agriculteurs et à l’installation des jeunes. Les aides doivent être réorientées pour faciliter leur installation et leur permettre de se projeter vers une agriculture plus saine. Faciliter l’installation et la transmission passe aussi par la lutte contre la concentration excessive du foncier agricole.
Comment améliorer la rémunération des agriculteurs ?
Nos agriculteurs ne peuvent pas subir une concurrence de produits qui ne répondent pas aux mêmes exigences. Il faut davantage de contrôles sur les produits importés. La rémunération passe aussi par l’accès aux marchés publics, par exemple. Je veux renforcer les règles qui leur permettent de négocier à partir des coûts de production et d’une rémunération suffisante du travail.
Quelle politique de l’eau défendez-vous ?
L’eau fait partie des gros enjeux environnementaux. Plutôt que de parler d’une écologie punitive, je suis porteur d’une écologie citoyenne, avec un travail sur la gestion des déchets, de l’énergie et de l’eau. Les bassines sont des projets qu’il faut accompagner. L’enjeu est de pouvoir stocker pour irriguer en période sèche, mais sans épuiser la ressource. Il faut donc trouver un équilibre entre les besoins de l’agriculture et la préservation de l’eau.
Quelle position avez-vous sur l’utilisation des pesticides ?
La question est celle des moyens que l’on souhaite donner aux chercheurs. Au sujet des pesticides, par exemple, il est difficile d’imposer leur arrêt sans donner aux chercheurs les moyens de trouver des alternatives. Mais on regarde d’abord ce qui rapporte en termes capitalistiques, et on oublie les gains sur la santé. Sur ce point, le fonctionnement de l’Europe est un frein au développement de pratiques plus vertueuses. On ne peut pas être le seul pays à imposer certaines règles.
Vous défendez une approche collective des enjeux agricoles et environnementaux. Comment la faire vivre concrètement dans les territoires ?
Pour tous ces sujets, je souhaite avancer de manière collective. Dans les moments les plus difficiles, comme dans la gestion des incendies cet été, nous savons faire preuve de solidarité. Désormais, il faut penser au reboisement : quelles essences ? Quelles techniques ? Sur ce sujet comme pour tous les autres, nous devons réfléchir ensemble. Je crois à la citoyenneté, au débat. L’intelligence de chacun fait avancer davantage.
Que répondez-vous au monde agricole, dont les votes pour le Parti communiste ne sont pas majoritaires ?
Je leur dirais de faire attention aux «on-dit» et de s’affranchir des préjugés. Venez discuter ! J’adore le contact avec la population et réfléchir à la manière d’aider chacun au mieux.