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Peines de prison requises pour des menaces contre le patron des chasseurs de France

C'est un procès inédit qui s'est tenu ce jeudi 24 septembre après-midi au tribunal correctionnel de Saint-Omer (62). Huit prévenus devaient répondre de menaces de mort à l'encontre du président de la fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen.

Willy Schraen et son avocat, Maître Denis Delcourt-Poudenx à leur sortie de l'audience du tribunal correctionnel de Saint-Omer, le 24 septembre.
Willy Schraen et son avocat, Maître Denis Delcourt-Poudenx à leur sortie de l'audience du tribunal correctionnel de Saint-Omer, le 24 septembre.
© V.F.

Des peines allant de 4 à 12 mois d'emprisonnement, dont certaines assorties d'un sursis ou ferme, ont été requises en ce jeudi 24 septembre par le procureur de la République de Saint-Omer, Patrick Leleu à l'encontre de huit prévenus. Ce qui leur vaut une convocation devant un tribunal ? Le fait d'avoir, dans le courant du mois de mai 2020, adressé des messages injurieux allant jusqu'à des menaces de mort au président de la fédération des chasseurs du Pas-de-Calais et de la fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen.

Le rappel des faits

Suite à une interview donnée au magazine en ligne Chassons.com le 4 mai 2020 dans laquelle Willy Schraen évoquait l'impact des chats sur la biodiversité et plus particulièrement sur les populations d'oiseaux et dans laquelle il émettait l'idée de pouvoir les réguler, le patron des chasseurs de France s'est attiré les foudres de (très) nombreux internautes. Parmi ces messages, certains ont été plus virulents que d'autres puisqu'ils contenaient des menaces de mort.

« Habitué », de son propre aveu, à faire l'objet de remarques désobligeantes, Willy Schraen a décidé cette fois de ne pas laisser ces menaces sans réponse. Une plainte a donc été déposée le 22 mai auprès du procureur de la République ; lequel a décidé de poursuivre huit personnes après un travail d'identification et d'enquête.

Les prévenus sont installés aux quatre coins de la France et assurent « ne pas connaître personnellement » la victime.

A la barre du tribunal de Saint-Omer, en cette fin de semaine, aucun d'entre eux n'était présent. Quatre étaient toutefois représentés par leurs conseils pour être défendus. Pour chacun des auteurs présumés des menaces, la ligne de défense est la même : ils auraient agi « sous le coup de la colère » et ont affirmé pendant l'enquête ne plus se souvenir d'avoir proféré des menaces, et de les regretter. Les formules employées ont été pourtant fortes.

Devant le tribunal, leur rappel par la présidente est douloureux : « Touchez à l'un de mes chats et je vous embroche comme un gros cochon » ; « espèce de grosse merde. Viens toucher à mes chats et on te clouera tes c.... sur ta grosse gueule (sic) » ; « J'ai mis de l'argent sur ta tête sur le dark web. On va te trouver et te tirer comme un lapin et te laisser crever par terre... » D'autres messages reçus sur la messagerie privée du président de la fédération nationale des chasseurs menacent aussi directement son épouse et ses enfants.

Demande de relaxe par la défense

A l'issue de l'audience, l'avocat de Willy Schraen, Maître Denis Delcourt-Poudenx regrettait de cette affaire qu'elle ait eu pour origine « une chasse à l'homme, menée dans l'ombre » à l'encontre de son client. « S'il n'y a pas de condamnation, on est face à des gens qui sont capables de recommencer », a-t-il dit. Quant aux réquisitions du procureur de la République, il les estiment « justes, graduées et justifiées par la gravité des faits ».

Willy Schraen craint quant à lui « une nouvelle vague de messages menaçants » si le tribunal venait à ne pas prononcer de condamnation dans cette affaire. Et de justifier à nouveau la plainte qu'il a déposé quelques mois plus tôt. « Quand on prend le temps d'écrire quelque chose, de me l'adresser ensuite personnellement, on ne peut pas dire qu'il s'agit d'une réponde à chaud sur un sujet donné ».

Les avocats des quatre prévenus représentés ont quant à eux plaidé la relaxe. L'affaire a été mise en délibéré le 22 octobre.

Retour en détails sur le déroulement de ce procès dans l'édition du 2 octobre de l'Action Agricole Picarde.

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