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Chasse
Pourquoi va-t-on chasser plus tard cette année dans la Somme ?

L’ouverture de la chasse pour trois espèces de gibier de plaine sera reportée au 29 septembre 2024 – contre la date du 15 septembre pour l’ouverture générale – pour tenir compte des effets du changement climatique.

Seules quelques communes des Bas-Champs devraient avoir la possibilité de déroger en ouvrant l’espèce «lièvre»  à partir du 15 septembre.
Seules quelques communes des Bas-Champs devraient avoir la possibilité de déroger en ouvrant l’espèce «lièvre» à partir du 15 septembre.
© FDC 80

Cette année, dans le département de la Somme, ce ne sera ni le lièvre, ni le faisan ni la perdrix qui sera le gibier «roi» d’une ouverture générale de la chasse fixée au 15 septembre. Pour ces trois espèces, la Fédération des chasseurs de la Somme a, en effet, proposé à ses adhérents lors de son assemblée générale le 13 avril dernier, à Amiens, de «décaler» d’une quinzaine l’ouverture de la chasse pour ces espèces ; soit le dimanche 29 septembre. Cette mesure est l’une des propositions qui ressort d’un colloque «petit gibier» organisé à Lamotte-Brebière en janvier dernier. Derrière ce colloque et la mesure de report de l’ouverture de la chasse pour le lièvre, le faisan commun et la perdrix grise, il s’agit pour la Fédération de répondre à une situation inquiétante pour la petite faune de plaine : «Le petit gibier connait ces dernières années une période sombre», constatait il y a quelques mois le président des chasseurs de la Somme, Yves Butel. Sans qu’il s’agisse de baisser les bras, les responsables de la FDC 80 se sont donc accordés «à repenser la chasse en plaine, la diversifier, la réinventer». Et l’une des mesures envisagées n’est autre que d’ouvrir plus tardivement. «On ne s’attendait pas à une proposition comme celle-là», a assuré Yves Butel, mais «ce ne peut qu’être une bonne nouvelle», a-t-il déclaré lors de l’assemblée générale du 13 avril. «À cette date, on peut penser que la plaine sera moins nue. Les couverts végétaux d’après récolte auront eu un peu plus le temps de se développer.» Seules quelques communes des Bas-champs devraient avoir la possibilité de déroger en ouvrant l’espèce «lièvre» à partir du 15 septembre.

 

Contre l’immobilisme

En ce qui concerne les autres espèces - faisan vénéré, perdrix rouge, lapin, grive, pigeon ramier… -, l’ouverture reste fixée au 15 septembre. Quant à la fermeture, elle aura lieu le 28 février pour la plupart des espèces, à l’exception du pigeon ramier (20/02), de la bécasse et de la grive. Les chasses dites «professionnelles» peuvent, quant à elles, organiser des chasses au faisan et à la perdrix du 15 septembre au 28 février. En incitant les chasseurs à s’intéresser à d’autres espèces que celles qu’ils ont l’habitude de traquer, la FDC 80 espère «faire baisser la pression» sur des espèces comme la perdrix grise qui ne se portent pas forcément très bien. Pour trouver des espèces particulièrement «en forme», il faut se tourner vers le lapin – «un rayon de soleil», selon Yves Butel, et le grand gibier. Rien qu’en considérant les chiffres du nombre de sangliers tués, la saison 2023-2024 aura été «exceptionnelle» avec environ 6 000 animaux prélevés. Si ce chiffre peut paraître élevé, la pression n’est pas prête pour autant de retomber : «330 hectares de cultures abîmées, c’est encore trop, a défendu Bernard Mailly, vice-président de la fédération des chasseurs de la Somme, et président de la commission «grand gibier». Il faut encore que l’on en tue pour revenir à un niveau de population acceptable». Quant aux autres dossiers – aménagement du territoire, régulation des Esod, collaboration avec le monde agricole… -, chacun des représentants de la Fédération s’est engagé à «poursuivre le travail», et à les défendre, si le besoin s’en faisait sentir. On pense par exemple au sujet du gibier d’eau dont la période de chasse a été amputée de plusieurs semaines au cours de l’hiver dernier en raison de la grippe aviaire. «Inadmissible», selon Yves Butel. Et ce dernier de l’assurer, entouré des membres de son conseil d’administration : «L’immobilisme est confortable, mais ce n’est pas notre fort.»

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