Élevage laitier
Rémi Fasquel : «Il devrait y avoir du niveau… et de l’ambiance»
Depuis quelques éditions, un concours d’élevage Prim’Holstein a lieu lors de Plaine en fête. Cette année, il sera jugé par Rémi Fasquel, lui-même éleveur à Wismes (62), et passionné de génétique. Interview.
Depuis quelques éditions, un concours d’élevage Prim’Holstein a lieu lors de Plaine en fête. Cette année, il sera jugé par Rémi Fasquel, lui-même éleveur à Wismes (62), et passionné de génétique. Interview.
Comment est née cette activité de juge de concours ?
J’ai toujours été passionné d’élevage et de génétique bovine. Je suis éleveur à Wismes, dans le Pas-de-Calais, avec un troupeau de quatre-vingt-dix laitières (960 000 litres de lait), et trente allaitantes charollaises. Être juge permet de rencontrer d’autres passionnés, et de voir les plus belles vaches. J’ai donc passé l’agrément auprès de Prim’Holstein France, qu’il faut renouveler tous les quatre ans. Je juge deux ou trois concours par an. Plaine en fête est une première pour moi.
Est-ce que les vaches de la région sont au niveau de celles des gros bassins de production, comme la Normandie, la Bretagne ou les Pays de la Loire ?
Oui, nous avons aussi de très belles vaches. Le niveau est bon partout, parce que tous les éleveurs peuvent avoir accès à la même génétique. Ce qui fait la différence, ce sont les choix de chacun, la manière d’élever ses animaux, et la capacité à les préparer pour le concours.
Dans quel état d’esprit êtes-vous pendant le jugement ?
Il faut être très concentré, pour ne laisser passer aucun détail, et rester objectif pour chaque vache. Tous les ans, avec les autres juges, nous nous réunissons pour faire une harmonisation.
On juge l’équilibre général de la vache, mais la mamelle reste le poste le plus important. Il faut aussi être pédagogue, et expliquer ses choix, pour que les éleveurs comprennent pourquoi ils sont à telle ou telle place. C’est parfois frustrant pour eux : une vache peut gagner un concours, et faire une contre-performance quinze jours plus tard. Nous, on est là pour juger le jour J.
Pourquoi ces concours sont-ils importants pour la filière ?
D’abord, ils tirent la génétique vers le haut. Ça contribue à améliorer les performances des élevages. Mais au-delà, c’est une motivation pour les éleveurs. C’est un métier difficile. Beaucoup participent au concours pour la convivialité, pour retrouver les amis.
Depuis quelques années, la nouvelle génération se prend au jeu. Ça fait plaisir de voir à nouveau des jeunes. À Plaine en fête, il devrait y avoir du niveau… et de l’ambiance.