Chasse
Sandrine Rousseau appelle à « s’affronter » physiquement aux chasseurs, un député de la Somme saisit le procureur
Lors de l’UniREVcité, organisée du 21 au 23 août 2026 près de Tours par la Révolution écologique pour le vivant (REV), Sandrine Rousseau a appelé ses soutiens à se mobiliser physiquement contre les chasseurs à l’ouverture de la saison. Le député RN de la Somme Matthias Renault annonce, ce mardi 25 août, avoir effectué un signalement auprès de la procureure de la République de Tours.
Lors de l’UniREVcité, organisée du 21 au 23 août 2026 près de Tours par la Révolution écologique pour le vivant (REV), Sandrine Rousseau a appelé ses soutiens à se mobiliser physiquement contre les chasseurs à l’ouverture de la saison. Le député RN de la Somme Matthias Renault annonce, ce mardi 25 août, avoir effectué un signalement auprès de la procureure de la République de Tours.
Sandrine Rousseau avait choisi l’UniREVcité plutôt que les universités d’été des Écologistes. Le rendez-vous organisé par la Révolution écologique pour le vivant, mouvement fondé par Aymeric Caron, s’est tenu du vendredi 21 au dimanche 23 août à Saint-Antoine-du-Rocher, près de Tours. La programmation réunissait notamment Aymeric Caron, Philippe Poutou et la députée de Paris autour de l’« écologie de rupture ».
Le dimanche 23 août, lors d’un débat consacré à l’écologie, Sandrine Rousseau s’est exprimée sur la chasse et sur l’ouverture prochaine de la saison. Son intervention ne s’est pas limitée à une critique de la pratique.
« Nous n’avons pas le temps d’être polis, d’attendre », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Ma résolution de la rentrée, c’est que je n’ai plus rien à péter de leur bienséance, je ne veux plus être polie. »
La députée écologiste a ensuite appelé ses soutiens à investir les territoires de chasse. « Il va nous falloir nous affronter à cette ouverture de la chasse », a-t-elle lancé, en espérant « que nous serons nombreux et nombreuses à aller dans les forêts, dans les campagnes, dans les lisières, sur les chemins ».
Elle a poursuivi en appelant à « mobiliser ce peuple de l’écologie pour empêcher qu’on ait un permis de tuer ».
« Face à eux, physiquement »
Mais c'est bien la suite de son intervention est au cœur du signalement adressé par Matthias Renault à la justice. « C’est parce que nous serons là, debout, face à eux, physiquement, qu’enfin ils prendront conscience de la réalité de ce que nous sommes », a déclaré Sandrine Rousseau.
Une formulation que le député de la Somme considère suffisamment préoccupante pour justifier la saisine du parquet. La chasse étant une activité légale et réglementée, l'appel à une mobilisation visant à empêcher concrètement des actions de chasse pose, selon lui, la question de possibles actes d'obstruction et, potentiellement, de violences.
Matthias Renault saisit la procureure de Tours
Dans un courrier daté du 25 août 2026, Matthias Renault indique agir « en [sa] qualité de député » et « porter à [la] connaissance » de la procureure de la République de Tours des faits « susceptibles de constituer une infraction pénale », en application de l’article 40 du Code de procédure pénale.
Le député de la 3e circonscription de la Somme reprend dans son signalement les principaux passages de l’intervention de Sandrine Rousseau. Il souligne notamment la combinaison des termes « affronter », « empêcher », « face à eux » et « physiquement ».
Matthias Renault prend toutefois soin de préciser qu’il ne dispose, à ce stade, « d’aucun élément établissant que cet appel aurait déjà été suivi d’actes de violence ou d’obstruction ». Son signalement porte donc sur les propos eux-mêmes et sur leur portée éventuelle.
Le député invoque notamment l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui réprime la provocation publique à certaines infractions, y compris lorsqu’elle n’a pas été suivie d’effet. Il cite également l’article R. 428-12-1 du Code de l’environnement, qui sanctionne les « actes d’obstruction concertés » visant à empêcher le déroulement d’un ou plusieurs actes de chasse.
« Il appartiendra à l’autorité judiciaire de déterminer »
Dans son courrier, Matthias Renault ne prétend pas se substituer à la justice. Il demande au contraire que celle-ci apprécie le contexte et la portée exacte des déclarations.
« Il appartiendra naturellement à l’autorité judiciaire de déterminer » si l’enchaînement des propos constitue une provocation suffisamment directe et précise à commettre des violences volontaires, écrit-il, mais aussi de vérifier « si cet appel a été suivi d’actes d’obstruction, de violences ou de dégradations ».
Le député demande ainsi que des investigations soient menées « afin d’établir les conditions exactes dans lesquelles ces propos ont été tenus et diffusés », mais également d’identifier d’éventuelles actions entreprises en réponse à cet appel.