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Crédits carbone
11 éleveurs isariens nouvellement labellisés Bas Carbone viande bovine

Le 18 juin à Méry la Bataille, onze éleveurs bovins viande de l’Oise ont officiellement pris connaissance du projet collectif monté avec Oklima, filiale d’EDF, pour valoriser leurs pratiques climatiques sur le marché carbone volontaire.

La journée comprenait aussi une visite d’exploitation, ressource précieuse pour argumenter face aux futurs acheteurs.
© Alice Tarchaoui

C’est une histoire qui commence il y a cinq ans dans les élevages bovins du nord de l’Oise. Alice Tarchaoui, conseillère bovins viande à la Chambre d’agriculture, a réalisé des diagnostics carbone pour une quarantaine d’exploitations. Parmi elles, une vingtaine ambitionnaient d’aller plus loin, en accédant au Label Bas Carbone pour vendre des crédits sur le marché volontaire. Les premières tentatives avec d’autres intermédiaires avaient tourné court : «sur 3.000 éleveurs engagés à l’échelle nationale dans un précédent dispositif, seuls dix avaient finalement décroché un financement. Sans acheteur identifié en amont, les promesses restaient lettre morte.»
La donne a changé quand Oklima, filiale du groupe EDF spécialisée dans la valorisation de crédits carbone agricoles, a contacté la conseillère. Leur message : «Nous avons des financeurs. Si vous nous présentez des dossiers, on les finance mais on travaille en groupe.» Alice Tarchaoui a donc constitué un collectif de onze éleveurs allaitants homogène (la viande bovine) pour offrir aux acheteurs une image crédible.
La démarche était rendue financièrement accessible grâce à des cofinancements de l’Ademe, le diagnostic carbone coûtant environ 2.000 euros par exploitation. Mais les motivations des onze participants n’avaient rien d’uniforme : certains visaient la vente de crédits carbone, d’autres souhaitaient apposer le label sur leurs produits, d’autres encore avaient rejoint le groupe pour sécuriser l’éligibilité à des aides à l’investissement. «Il n’y en a pas deux qui sont rentrés pour la même raison».
Le 26 mai, la labellisation officielle a été prononcée. Le projet porte un potentiel de 4.732 tonnes de CO2 équivalent (4.463 issues du stockage sol et biomasse, 342 d’émissions évitées). C’est pour annoncer ce résultat et expliquer la mécanique commerciale que les représentants d’Oklima ont fait le déplacement à Méry la Bataille. «L’objet était de dire qu’on est labellisés et d’expliquer concrètement qui nous sommes et comment on va vendre le projet», résument-ils. La journée comprenait aussi une visite d’exploitation, ressource précieuse pour argumenter face aux futurs acheteurs.
Côté financeurs, Oklima cible de grandes entreprises engagées dans une stratégie de décarbonation volontaire (engagements SBTi, Carbon Disclosure Project ou politiques RSE). Le projet est ici porté par une grande entreprise francilienne. Pour EDF, l’engagement est aussi identitaire : «La raison d’être du groupe, construire un futur neutre en carbone, a été co-créée par les salariés en 2019.» La question qui revient systématiquement du côté des éleveurs reste celle du partage de la valeur. La réponse : 27 € par tonne séquestrée ou évitée, versés directement aux exploitants.
Quatre journées thématiques sont déjà programmées d’ici fin 2027 (haies, leviers carbone et énergie, innovations en élevage, autonomie alimentaire) choisies par les éleveurs, financées par l’Ademe. «Tout ce qui améliore l’empreinte carbone améliore forcément les performances économiques», conclut Alice Tarchaoui.

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