Patrimoine
À Beauchamps, la cheminée de l’ancienne sucrerie a été démolie
La cheminée de l’ancienne sucrerie de Beauchamps a été démolie jeudi 17 septembre. Elle constituait l’un des derniers marqueurs visibles d’une activité arrêtée en décembre 1998, après plus de 130 ans d’histoire industrielle.
La cheminée de l’ancienne sucrerie de Beauchamps a été démolie jeudi 17 septembre. Elle constituait l’un des derniers marqueurs visibles d’une activité arrêtée en décembre 1998, après plus de 130 ans d’histoire industrielle.
La cheminée n’est plus là. Jeudi 17 septembre, celle de l’ancienne sucrerie de Beauchamps a été démolie, près de 28 ans après l’arrêt de l’usine, le 16 décembre 1998.
La municipalité indique que l’opération n’a pas été ouverte au public pour des raisons de sécurité. Elle souhaite toutefois organiser ultérieurement des rendez-vous consacrés à l’histoire de la sucrerie et aux témoignages de ceux qui y ont travaillé.
Une sucrerie depuis 1865
L’histoire industrielle du site remonte à 1865. L’Inventaire général du patrimoine culturel des Hauts-de-France recense alors une « Compagnie sucrière de la Somme », qui exploite une sucrerie et une distillerie d’alcool de betteraves. Plusieurs sociétés se succèdent ensuite à la tête de l’établissement, notamment Vuignier et Cie, Ferdinand Béghin, puis la Société Vermandoise de Sucreries.
L’usine s’est agrandie au fil des décennies. Une chaufferie, une salle des machines, des ateliers de fabrication et différents bâtiments de stockage sont notamment construits ou agrandis entre la fin du XIXe et le XXe siècle. La cheminée aujourd’hui disparue était donnée pour environ 40 mètres de hauteur par l’Inventaire du patrimoine.
L’activité a également structuré une partie de la filière betteravière locale. Une râperie avait notamment été installée à Lanchères. Elle permettait d’extraire le jus des betteraves avant son acheminement vers Beauchamps par canalisation. Le site disposait par ailleurs d’une voie ferrée privée dès 1894.
Jusqu’à 900 ouvriers pendant la campagne
Les effectifs donnent une idée de l’importance du site pour Beauchamps et les communes voisines. L’Inventaire recense 178 ouvriers en 1869. En 1939, l’usine emploie 400 personnes pendant la campagne et 240 en intercampagne.
Après la guerre, les effectifs sont encore beaucoup plus importants : le document patrimonial fait état de 850 à 900 ouvriers belges ou espagnols pendant la campagne de 1950. En 1983, 365 salariés travaillent encore sur le site. La sucrerie cesse finalement son activité en décembre 1998.
Depuis, le site a connu plusieurs phases de dégradation et de reconversion. Des documents administratifs consacrés au secteur font notamment état de l’ancien site industriel et de ses bassins de décantation.
La démolition de la cheminée marque donc une nouvelle étape dans la transformation du site. La commune indique qu'un projet porté avec les Transports Mettelle doit permettre de lui redonner une vocation économique.
Pour les anciens salariés et les habitants qui ont connu l’usine en fonctionnement, il reste désormais les bâtiments conservés, les archives et surtout les souvenirs des campagnes sucrières. La cheminée, elle, a disparu du paysage jeudi.