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Pommes de terre
Contrats 2026 : les patatiers refusent «d’accepter l’inacceptable»

Face à des propositions contractuelles jugées intenables pour la campagne 2026-2027, l’UNPT tire la sonnette d’alarme. Réduction des volumes, chute des prix et transfert massif du risque sur les producteurs : la filière pomme de terre traverse une zone de turbulences sans précédent.

Au-delà des volumes, le niveau de prix inquiète les producteurs.
Au-delà des volumes, le niveau de prix inquiète les producteurs.
© Pexels/Mark Stebnicki

Après une campagne 2025-2026 déjà éprouvante, les premières annonces contractuelles pour 2026-2027 ont fait l’effet d’un coup de tonnerre dans les bassins de production. Selon l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), les industriels de la transformation proposeraient des contrats marqués par une baisse significative des volumes engagés — jusqu’à -20 % à l’hectare — et par des conditions qui fragilisent encore davantage les exploitations. «Nous assistons à une dérive inquiétante de la contractualisation, avec des mécanismes qui permettent à certains opérateurs de se replier sur le marché libre dès que la conjoncture se retourne contre le producteur», dénonce l’organisation dans son communiqué du 5 février.

Des prix déconnectés de la réalité économique

Au-delà des volumes, c’est surtout le niveau des prix qui alarme. L’UNPT constate en effet une chute pouvant atteindre -25 % par rapport à la campagne précédente, alors même que les charges, elles, ne baissent pas. Un exemple résume à lui seul la situation : pour la variété Fontane, la base «départ champs» tournerait autour de 130 €/t, contre 180 €/t en 2025. «Ces niveaux sont largement inférieurs aux coûts de production. À ce stade, les contrats proposés ne couvrent même plus les charges de base», alerte l’UNPT.

Conjoncture ralentie, conséquences durables

Comme cela a été évoqué lors de différentes réunions au cours des dernières semaines, — congrès de l’UNPT, entre autres —, le ralentissement actuel du marché des produits finis, notamment les frites, s’inscrit dans un contexte géopolitique et commercial instable. Pour l’UNPT, il s’agit avant tout d’un ajustement conjoncturel, lié à des anticipations industrielles qui ne se sont pas confirmées. Pourtant, ce sont aujourd’hui les producteurs qui en supportent l’essentiel des conséquences, ce que regrette le syndicat. «Ajuster l’offre et la demande est un levier économique connu. Mais ce que nous voyons aujourd’hui, c’est un report désorganisé des volumes vers le marché libre, avec un risque réel de déstabilisation durable de la filière», souligne l’organisation.

Des pratiques en contradiction avec l’esprit d’Egalim

Ces propositions contractuelles sont jugées en rupture avec l’esprit des lois Egalim, censées garantir une meilleure prise en compte des coûts de production. Pour l’UNPT, le transfert du risque économique est désormais quasi intégralement supporté par les producteurs. Et l’effet domino est déjà perceptible : les productions destinées au frais et à la fécule (lire ci-dessous) sont elles aussi touchées. «La revalorisation récente de l’aide couplée ne peut en aucun cas servir de variable d’ajustement pour compenser des prix insuffisants», rappelle l’organisation.

Appel à la vigilance dans les décisions de plantation

Face à cette asymétrie devenue structurelle, l’UNPT appelle les producteurs à la plus grande prudence dans leurs choix pour la prochaine campagne. Chaque exploitant est invité à raisonner rigoureusement ses surfaces, en fonction des volumes réellement alloués, des exigences de qualité et, surtout, de la viabilité économique des engagements proposés. «S’engager dans un schéma de marché fondé sur des prix déconnectés des coûts de production, c’est mettre en danger nos fermes et compromettre durablement l’avenir de la filière pomme de terre française», avertit l’UNPT.

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