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Bien-être animal
Des génisses bien logées pour bien grandir

Les jeunes veaux sont plus sensibles que les autres catégories d’animaux du troupeau. C’est pourquoi il est nécessaire d’adapter leur logement pour garantir leur bonne santé et ainsi leur permettre d’atteindre les objectifs de croissance.

La ventilation naturelle fonctionne grâce à des ouvertures donnant directement sur l’extérieur (bardage brise-vent, faîtière…).
La ventilation naturelle fonctionne grâce à des ouvertures donnant directement sur l’extérieur (bardage brise-vent, faîtière…).
© ACE

À sa naissance, le veau est très sensible aux pathologies respiratoires. Sa capacité pulmonaire est encore très faible par rapport à son poids corporel. Le loger dans un environnement avec un air sain est donc la priorité. Le renouvellement de l’air permet d’assainir le logement en évacuant l’humidité, les éléments pathogènes et la poussière. Mais attention, l’enjeu consiste à évacuer l’air vicié sans occasionner de courants d’air.

Ventiler sans stresser

La ventilation naturelle fonctionne grâce à des ouvertures donnant directement sur l’extérieur (bardage brise-vent, faîtière…). Néanmoins, ce principe simple et économique ne permet pas toujours de gérer les variations brutales de température.

L’étanchéification des tours de portes, ou mieux, un sas d’entrée et des barrières de séparation pleines entre les parcs limitent les courants d’air néfastes.

Enfin, la ventilation dynamique peut être une alternative intéressante lorsque :

• le volume du bâtiment destiné à la nurserie est trop important,

• la ventilation doit se faire dans des bâtiments accolés ou enclavés,

• le projet consiste à aménager un bâtiment existant,

• la ventilation naturelle est défaillante.

La ventilation dynamique maintient une température la plus constante possible au sein du bâtiment, tout en limitant les ouvertures et en adaptant le débit d’extraction en fonction de la température extérieure et intérieure du bâtiment.

Chasser l’humidité

La ventilation permet de contrôler l’humidité ; l’objectif serait de ne jamais dépasser 75 % d’humidité relative dans la nurserie, taux parfois difficile à maintenir en fonction de la météo ! Mais, dans tous les cas, les veaux ne devraient jamais avoir le pelage humide au risque d’aggraver l’impact du froid. À préciser qu’un jeune veau de moins de trois semaines peut avoir froid dès que la température est inférieure à 15°C si sa litière est humide.

Pour évaluer les conditions réelles de logement des veaux, rien ne remplace l’observation directe :

• poser les genoux un instant sur la litière pour juger de son humidité ;

• mesurer la température à hauteur de veau et dans plusieurs cases ;

• utiliser un briquet pour visualiser le flux d’air : si la flamme tremble, il y a courant d’air.

Un animal sensible aux variations

En matière de logement, il faut se méfier de l’anthropomorphisme (attribuer des sensations identiques aux hommes et aux animaux). Pourtant, le confort climatique d’un veau de 24 heures est assez proche du nôtre. Après quelques jours, il devient plus résistant au froid qu’un humain, mais reste davantage sensible à la chaleur. Attention, donc, aux nurseries surchargées en été, où le risque de stress thermique augmente très vite.

Il est conseillé d’isoler les surfaces au contact des veaux (murs) ou présentant un fort échange thermique avec l’extérieur. L’isolation du plafond limite les variations de température, dans ce cas les murs devront intégrer des surfaces translucides à double parois afin d’apporter la luminosité naturelle en limitant les risques de surchauffe. La paille est le meilleur matériau pour constituer la litière des veaux. En plus du confort qu’elle apporte, c’est un très bon isolant. Une litière épaisse, propre et sèche est un excellent préventif aux pathologies : idéalement, il ne faudrait pas voir les pattes d’un veau de moins de trois semaines lorsqu’il est couché dans la paille.

L’extérieur de la nurserie a également un impact. La végétalisation des abords du bâtiment permet de réduire significativement le rayonnement thermique comparativement à des surfaces bétonnées.

Le volume d’air, une histoire de compromis

Le volume de la nurserie est un des points les plus complexes à appréhender lors de sa conception. Pour un nouveau-né, les recommandations techniques indiquent un volume idéal compris entre 5 et 7 m3, ce chiffre évolue à 10-12 m3 pour un veau de deux à six mois.

Même en minimisant la hauteur du bâtiment (3,5 m à la sablière pour un passage de tracteur au centre) le volume d’air est encore trois à six fois supérieur aux recommandations.

Pour les nouveaux-nés, les niches individuelles offrent un volume réduit et créent un microclimat favorable au bon développement du veau. Lorsqu’elles sont placées à l’extérieur, il faut veiller à l’orientation pour limiter les courants d’air et réduire l’ensoleillement lors des chaleurs estivales avec un voile d’ombrage par exemple. Le logement individuel est recommandé de la naissance à trois semaines. À cet âge, l’animal a acquis les défenses nécessaires pour passer «le trou immunitaire», période durant laquelle l’immunité colostrale diminue alors que celle du veau est potentiellement insuffisante.

Dans l’idéal, la nurserie s’organise en modules successifs adaptés à chaque tranche d’âge : une pouponnière en cases individuelles pour les jeunes veaux de moins de trois semaines, une nurserie collective ou des igloos avec courette pour les veaux de trois semaines à trois mois, enfin, un bâtiment de post sevrage pour les animaux plus âgés.

Dans les faits, la configuration dépend du contexte : bâtiment neuf ou rénovation, igloos couverts ou non...

Aucune n’est meilleure que l’autre, l’essentiel est d’adapter le logement aux besoins des veaux et aux contraintes de l’éleveur.

 

Le Pair-housing ou logement par deux

Plusieurs études ont évalué le logement des veaux en binômes dès la naissance. Cette organisation, obligatoire au-delà d’une semaine en élevage biologique, présente des bénéfices pour tous : le logement des veaux par paire dès la naissance favorise les comportements sociaux naturels et améliore leur développement. Les animaux sont moins stressés, ils sont stimulés et consomment davantage d’aliments solides.
Dans les essais, les veaux élevés par deux s’adaptent beaucoup plus rapidement lorsqu’ils rejoignent un lot : 9 heures pour prendre leur premier repas, contre 50 heures pour des animaux élevés seuls. Cette conduite nécessite de la vigilance sanitaire, mais elle constitue un compromis intéressant entre bien-être, immunité et performances.

 

Le vide sanitaire, une pratique essentielle

Le nettoyage et la désinfection des niches individuelles doivent être systématiques entre chaque veau. Des niches équipées de roulettes facilitent leur extraction de la nurserie, évitant d’y apporter de l’humidité lors du nettoyage. En logement collectif, le vide sanitaire doit être réalisé idéalement une fois par an.
Pour un vide sanitaire efficace  :
• réaliser un curage complet dès la sortie des animaux,
• nettoyer à haute pression chaque recoin,
• appliquer une désinfection à large spectre et bonne rémanence,
• laisser le bâtiment vide trois semaines minimum.
Dans les élevages avec vêlages étalés, un logement “tampon” (igloos, niches) peut être utile pour rendre cette opération possible.

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