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Grandes cultures
Désherbage et cercosporiose, enjeux de la prochaine campagne betteravière

La délégation Somme-Oise de l’Institut technique de la betterave (ITB) a livré en ce milieu de semaine ses conseils lors d’un webinaire pour aborder la prochaine campagne dans de bonnes conditions. 

En 2022, le désherbage a été compliqué à gérer dans un certain nombre de parcelles.
En 2022, le désherbage a été compliqué à gérer dans un certain nombre de parcelles.
© ITB

Alors que la campagne betteravière touche à sa fin en Picardie, la délégation Somme-Oise de l’Institut technique de la betterave (ITB) est revenue le mercredi 4 janvier lors d’un webinaire sur deux thématiques particulièrement impactantes pour le rendement de la betterave en 2022 : le désherbage et la lutte contre la cercosporiose. 

 

Recommandations et bonnes pratiques

Selon les retours de l’enquête désherbage réalisée auprès de producteurs par l’ITB, «le désherbage a été compliqué cette année (2022)» a en premier lieu souligné le responsable régional de la délégation, Yohan Debeauvais. Dans 36 % des parcelles, le désherbage a été «insatisfaisant». Principale raison ? La présence particulièrement marquée de chénopodes et des conditions sèches qui ont pénalisé l’efficacité des solutions racinaires. Pour 2023, et tenter d’obtenir des résultats plus satisfaisants, Yohan Debeauvais préconise un plan d’actions en quatre étapes : être attentif au stade des adventices (cotylédons) ; intervenir à la bonne cadence – le T2 est ainsi à réaliser entre six à huit jours après le T1 – ; bien choisir son programme d’intervention et, enfin, assurer une pulvérisation de qualité en portant attention notamment au réglage des buses. Si d’une manière générale, les betteraviers sont au fait des bonnes pratiques de pulvérisation, l’ITB rappelle que les meilleures conditions sont lorsque la puissance du vent est inférieure à 19 km/h, que la température extérieure est positive ou encore que l’hygrométrie soit supérieure à 70 %.

 

Importance du choix variétal

En 2022, l’autre menace qui a pesé sur le rendement betteravier est la présence dans un certain nombre de parcelles de la cercosporiose, a pour sa part relevé Gaylord Denisot, responsable adjoint de la délégation Somme-Oise de l’ITB. Selon les observations de l’expert, «la maladie s’est particulièrement développée en octobre». En matière de lutte, s’il n’existe pas de «solution-miracle», certains leviers, dont le choix variétal, peuvent être activés. Pour Gaylord Denisot, «le critère numéro 1 à regarder dans le choix variétal est la tolérance à la cercosporiose». Or, dans la liste des variétés recommandées par l’ITB pour les semis 2023, «un quart des variétés le sont». Ces variétés sont à privilégier pour des arrachages «tardifs», soit au-delà du 25 octobre. Le second levier est la date d’intervention. En moyenne, en 2022, le T1 est intervenu au 24 juillet, avec une amplitude de 33 jours. Le troisième levier à envisager est le choix de la solution chimique la plus adaptée, en fonction de la présence de la maladie. Parmi ces solutions, Spyrale (1 l/ha), Timbal EW (0,8 l) + Passerelle (0,5 l) et Timbal EW (0,8 l/ha) + Belanty (1,5 l/ha) apparaissent comme étant les solutions les plus efficaces.

 

Observation des parcelles 

En ce qui concerne la rhizomanie, même conseil : «Il faut regarder le seuil de tolérance des variétés en fonction des dates d’arrachage», prévient le représentant de l’ITB. Et de constater avec satisfaction que «leur nombre augmente». Parmi elles, on note ainsi Jimmy, BTS2045, Caméleon, Jellera (KWS) et Novalina (KWS). «La tolérance variétale permet de simplifier les choix stratégiques et de se passer des traitements», a également détaillé Gaylord Denisot selon lequel «utiliser des variétés sensibles va demander systématiquement d’utiliser des solutions chimiques». Pour choisir au mieux, il recommande enfin de «prendre en compte la situation de la parcelle et la date d’arrachage».

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