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Machinisme
La conjoncture pèse sur la vente de machines agricoles

Lorsque la conjoncture agricole se porte bien, le secteur du matériel agricole aussi. Après plusieurs années de forte activité, la distribution de matériels agricoles connaît un ralentissement global, disparate selon les régions et leurs spécialités agricoles. Le point avec Étienne Webre, secrétaire général du Sedima (Syndicat national des entreprises de service et distribution du machinisme agricole).

L’un des principaux points de fragilité des concessionnaires de machines agricoles concerne le niveau des stocks, notamment en matériels neufs.
L’un des principaux points de fragilité des concessionnaires de machines agricoles concerne le niveau des stocks, notamment en matériels neufs.
© J. Deere/Shutterstock

Tandis que les ventes ralentissent et que les stocks grossissent, les concessionnaires de matériel agricole traversent une année quelque peu tendue. Étienne Webre, secrétaire général du Sedima (Syndicat national des entreprises de service et distribution du machinisme agricole), dresse l’état des lieux d’un marché très contrasté, aux perspectives encore incertaines pour 2026. «Le secteur du machinisme agricole se trouve globalement sur un recul d’environ 5 % au niveau national, avec des écarts très importants d’un territoire à l’autre», amorce Étienne Webre. Après plusieurs années de forte activité, la distribution de matériels agricoles connaît un ralentissement global, disparate selon les régions et leurs spécialités agricoles.

Des ventes disparates selon les régions

Selon les chiffres présentés par le Sedima lors d’une conférence de presse du 11 décembre 2025, le chiffre d’affaires des matériels neufs démontre une baisse de 4 à 5 % (en baisse de 2 à 3 % pour les machines liées au secteur de la polyculture-élevage, mais en baisse de 13 à 14 % pour les grandes cultures). Le marché de l’occasion, lui, progresse encore légèrement, de 3 à 4 % sur les neuf premiers mois de 2025. «Certains secteurs sont en difficulté, et cela se ressent dans le chiffre d’affaires des concessionnaires agricoles. Les viticulteurs traversent une période difficile, tout comme certains secteurs de l’élevage, ou les exploitants en grandes cultures», explique Étienne Webre. Le secteur viticole connaît en effet une baisse des ventes à hauteur de 21 à 22 % pour les tracteurs de vigne neufs. La vente d’occasion reste relativement stable, avec une hausse de 1 %. Globalement, le marché de l’occasion résiste mieux. «Les matériels d’occasion progressent légèrement, avec une hausse moyenne de 2 %», souligne Étienne Webre. En ce qui concerne le neuf, les immatriculations confirment une baisse générale avec l’immatriculation de 15 809 tracteurs standards en onze mois sur l’année 2025, soit -17 % sur un an et -21 % par rapport à la moyenne entre 2020 et 2024.

Stocks élevés et trésoreries sous pression

L’un des principaux points de fragilité des concessionnaires de machines agricoles concerne le niveau des stocks, notamment en matériels neufs. Après les volumes très élevés enregistrés en 2021, 2022 et 2023, les concessionnaires ont anticipé un ralentissement de la demande, mais les cadences industrielles n’ont pas immédiatement suivi. «Les concessionnaires avaient signalé qu’il fallait ralentir la production, mais les constructeurs ont continué à produire et à livrer. Finalement, beaucoup d’entreprises se sont retrouvées avec des parcs très chargés», explique le secrétaire général. Une situation qui pèse significativement sur leurs équilibres financiers. Selon l’enquête menée par le Sedima, un distributeur sur deux constate une dégradation de sa trésorerie, tandis que plus d’un sur deux observe une détérioration du crédit client. Les refus de financement pour les achats de matériels sont également plus fréquents. Afin d'écouler les stocks, les concessionnaires arbitrent entre le neuf et l'occasion. «Pour vendre du matériel neuf, il faut souvent reprendre de l’occasion, ce qui gonfle aussi les stocks d’occasion», résume Étienne Webre.

Peu de visibilité pour 2026

Les perspectives à court terme restent prudentes. Le Sedima n’anticipe pour l’instant aucun changement du côté de la viticulture ou des grandes cultures dans les mois à venir. L’élevage se trouve dans une situation plus favorable, les éleveurs laitiers étant toujours dynamiques sur les achats liés au secteur. «La viande et le lait n’ont jamais été aussi chers, ce qui permet encore à certains éleveurs d’investir», observe Étienne Webre, tout en soulignant que le climat général pèse fortement sur le moral des exploitants. Concernant l’organisation du réseau, les mouvements de regroupement se poursuivent, mais semblent entrer dans une phase de stabilisation. «Il y a eu beaucoup d’opérations ces dernières années. Aujourd’hui, le marché paraît un peu plus posé, même si des évolutions restent possibles, rien n’est figé», indique-t-il. Ces dynamiques sont liées à la volonté des constructeurs de s’appuyer sur des distributeurs solides, mais aussi aux problématiques de transmission dans les entreprises familiales. Enfin, le recrutement demeure une difficulté structurelle. Malgré 8 000 jeunes engagés dans les formations de la filière en 2024-2025, les besoins restent élevés dans un métier de plus en plus complexe.

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