Aller au contenu principal

Politique
La loi d’urgence agricole transmise au Conseil d’État

La loi d’urgence agricole annoncée par le gouvernement de Sébastien Lecornu après les manifestations de la FNSEA et JA au mois de janvier a été transmise au Conseil d’État le 9 mars. Celui-ci a environ trois semaines pour l’examiner après quoi elle sera présentée au Conseil des ministres du 8 avril.

Conseil d'Etat loi d'orientation
© Istock

Entre simplification administrative, gestion de l'eau, prédation, moyens de production et renforcement de la loi Égalim, la loi d’urgence agricole entame son parcours législatif, après avoir été transmis pour examen, au Conseil d’État. Ce texte présenté comme une réponse directe à la « colère du monde agricole » se veut plus ambitieux que les premières versions resserrées évoquées par le ministère de l’Agriculture. 

Fort de 23 articles, ce texte que la profession agricole, FNSEA et JA en tête, espère voir adopté avant les vacances parlementaires de l’été ambitionne de lever les freins de nombreux juridiques et techniques pour permettre à l’agriculture française de retrouver des parts de marché à l’intérieur et à l’extérieur des frontières françaises et européennes. 

L’article premier du texte « pour la protection et la souveraineté agricoles » pose les bases des « projets d’avenir agricole » territoriaux, une mesure chère aux Jeunes Agriculteurs qui militent depuis plusieurs mois pour la mise en place de « plans et de contrats d’avenir ». Le projet de loi qui fait du revenu de ses pierres angulaires de l’activité agricole et du renouvellement des générations introduit la notion de « tunnel de prix » : les parties pourront fixer une fourchette dont la borne minimale ne pourra être inférieure aux indicateurs de coûts de production, sauf justification explicite. Pour sécuriser ces relations, le rôle des organisations de producteurs (OP) est sanctuarisé : tout acheteur tentant de contourner une OP ou d’inciter un producteur à la quitter s'exposera à des sanctions. En outre, le projet de loi propose d'accélérer les négociations commerciales en amont : une proposition de contrat devra être conclue dans un délai maximal de quatre mois.

Substances interdites

Sur le volet hydraulique qui constitue le cœur du texte, le gouvernement souhaite alléger les contraintes pesant sur l'irrigation. L’article 5 rend ainsi facultative la réunion publique lors des demandes d’autorisation pour des ouvrages de stockage d’eau. En cas d’annulation d’une autorisation de prélèvement par la justice, le préfet pourra désormais accorder des autorisations provisoires allant jusqu’à deux ans. De plus, l'article 7 permet au ministre de l’Environnement de déroger aux règles des Schémas d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) pour autoriser des projets de stockage. Parallèlement, le texte s'attaque aux zones les plus polluées en permettant l'exonération de certaines contributions financières pour les producteurs d'eau publics en zone sensible, en fonction de la qualité de l'eau brute. Pour lutter contre les distorsions de concurrence, le ministre de l’Agriculture gagne en autonomie. Il pourra seul suspendre l’importation de denrées traitées avec des substances interdites en Europe dans un délai de deux mois. Dans la même logique, l’article 4 interdit les produits non-européens dans la restauration collective publique, sauf en cas d'absence d'offre.

« Loi spéciale » 

Le texte prévoit également des mesures sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Il est prévu que le gouvernement légifère par ordonnance sous 12 mois pour créer de nouveaux régimes simplifiant la mise en service et le contrôle des exploitations. Sur le foncier, le projet de loi prévoit des mesures de compensation environnementale sur des espaces non-productifs pour préserver les terres agricoles. Concernant la prédation, le gouvernement a rédigé un , un chapitre spécifique qui vise à simplifier la défense des troupeaux face au loup, en renvoyant les conditions de tirs à un futur arrêté ministériel. 

La FNSEA, par l’entremise de son président, Arnaud Rousseau, a répété à plusieurs reprises la nécessité de mettre en place une « loi spéciale » pour l’agriculture, « sur le modèle de ce qui a été fait pour Notre-Dame ou les Jeux olympiques ». 

De son côté le président des Jeunes agriculteurs (JA), Pierrick Horel presse le gouvernement et le Parlement de « tenir le calendrier ». Il souhaite aussi que ce texte permette de « réduire notre dépendance aux importations » et de « reconquérir notre souveraineté alimentaire ».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Le préfet de l’Oise appelle l’ensemble des usagers à économiser la ressource en eau

 Le préfet de l’Oise a décidé de placer en vigilance 10 secteurs du département (sur les 14 au total).

Oise : restrictions agricoles jeudi jusqu'à samedi en raison de la canicule

Avec des températures attendues au pic ce jeudi 25 juin, la préfecture de l'Oise a pris des mesures d'urgence pour limiter les…

vigilance sécheresse Somme gestion de l'eau
La vigilance sécheresse est déclenchée sur cinq secteurs de la Somme

Face au déficit de précipitations et à la baisse des débits des cours d’eau, le préfet de la Somme active les premières…

lait infantile rappel produit Novalac
Un lait infantile rappelé pour une odeur et un aspect suspects

Les laboratoires Novalac ont procédé au retrait-rappel volontaire d’un lot de lait infantile « Allernova AR », destiné aux…

prévention moisson feux de champ
Canicule et travaux des champs : la préfecture de la Somme appelle à la prudence sans restriction

La préfecture de la Somme n’envisage pas à l’heure qu’il de prendre des mesures de restriction des horaires pour travailler…

En Haute-Somme, un épisode de grêle dévastateur

Dans la soirée du samedi 20 juin, un violent orage de grêle a touché la Haute-Somme. La commune d'Ovillers-la-Boisselle a été…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde