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Fourrages
L’arrivée du printemps donne le feu vert aux premières récoltes d’herbe

Le printemps 2026 est précoce, avec une avance de végétation estimée à une dizaine de jours. Portées par des conditions météo favorables dès la mi-mars, les premières fauches ont déjà débuté, notamment pour les ray grass précoces. Dans ce contexte dynamique, la réactivité des éleveurs sera déterminante pour récolter au bon stade et sécuriser des fourrages de qualité.

Enrichir son ensilage d’herbe avec la pomme de terre.
© CA80

En ce début avril, si les conditions météorologiques le permettent, les principaux chantiers d’ensilage vont démarrer. Une fauche précoce, avant le stade épiaison, permet d’assurer un fourrage de qualité, offrant un bon compromis entre valeur alimentaire et rendement.
Pour récolter au bon stade, il est donc essentiel d’être réactif et de suivre attentivement l’évolution des parcelles.
En complément des observations de terrain, il est possible de suivre la somme des températures depuis le 1er février (base 0). Sur le secteur d’Abbeville, au 29/03, elle atteignait 507 °C. jours.


Cette année, les prairies permanentes affichent un démarrage rapide de la pousse de l’herbe, avec un stock sur pied déjà conséquent. C’est l’occasion de débrayer certaines parcelles habituellement pâturées vers une fauche précoce, avant leur retour dans le circuit de pâturage.

Quelques recommandations pour un ensilage de qualité
La première recommandation consiste à faucher haut, entre 7 et 8 cm, afin de limiter les risques de contamination du fourrage. Cela facilite également le séchage et favorise le redémarrage de la prairie, notamment en prairie permanente.
Il est conseillé de débuter la fauche dès la disparition de la rosée afin de ne pas piéger d’eau dans les andains et de maximiser le taux de sucres dans le fourrage. Ces sucres permettent une acidification rapide et une bonne stabilisation du silo.
Au moment de la récolte, il est préférable d’adapter le taux de matière sèche (MS) du fourrage au mode de conservation choisi :
• 30 à 35 % MS pour l’ensilage de graminées
• 35 à 40 % MS pour les légumineuses
• 50 à 60 % MS pour l’enrubannage
Le taux de MS peut être estimé grâce au test de la main :
• À 20 % MS : le jus coule lorsqu’on presse une poignée d’herbe
• À 25 % : le jus coule en tordant la poignée
• À 30 % : quelques gouttes apparaissent en tordant
• À 35 % : les mains sont simplement humides
• À 40 % : aucun jus ne sort
La longueur de coupe est un point essentiel : l’ensileuse doit être réglée pour obtenir des brins de 15 à 25 mm. Une coupe fine et homogène facilite le tassage et améliore l’ingestion.
Le tassage du silo doit être réalisé par couches fines et successives avec un engin suffisamment lourd (environ 400 kg de charge de tassement par tonne de matière verte récoltée par heure).
À l’ouverture du silo, un désilage de 10 à 20 cm par jour paraît adapté pour limiter les pertes par échauffement.

Les conservateurs : la cerise sur le gâteau
Les conservateurs permettent une baisse rapide du pH et améliorent la stabilité aérobie. Ils sécurisent la conservation des fourrages, mais ne compensent pas les erreurs ou négligences lors du chantier de récolte.

La pomme de terre : un levier pour booster la valeur énergétique des ensilages d’herbe
La déstructuration du marché de la pomme de terre génère actuellement des disponibilités importantes en tubercules. Leur intégration dans la ration des bovins constitue une source intéressante d’énergie.
La pomme de terre contient environ 70 % d’amidon (sur matière sèche), ce qui explique sa forte valeur énergétique. À titre d’exemple, 5 kg de matière brute de tubercules équivalent à environ 1 kg de blé. Cet amidon est rapidement dégradable, ce qui favorise une bonne valorisation par les animaux.
Les pommes de terre peuvent être ensilées en «sandwich» avec l’ensilage d’herbe, en alternant des couches de 10 à 15 cm. Il est essentiel d’assurer un bon tassage et un contact optimal entre les pommes de terre et l’herbe. La fermentation entraîne une cuisson partielle des tubercules.

Recommandations pour réussir ce mélange
• Utiliser des pommes de terre saines, sans germes et sans tubercules verts (riches en alcaloïdes toxiques)
• Éviter toute présence de terre pour limiter les fermentations butyriques
• Éliminer les cailloux pour préserver le matériel et la santé des animaux
• Respecter une proportion d’environ 30 % de tubercules dans le mélange
Cette année, la végétation est en avance : il faut être prêt et réactif pour intervenir au bon stade. Un chantier bien maîtrisé reste la clé pour sécuriser un fourrage de qualité.

 

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Claire LEROY
Ingénieure-conseil
Production laitière
06 86 37 56 68

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