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Les craintes de l’Anses sur son avenir

Présente sur le Salon international de l’agriculture, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a fait part de ses craintes dans de nombreux domaines, à commencer par son propre devenir.

Anses
© Anses

L’inquiétude pouvait se lire sur le visage de Benoît Vallet directeur général de l’Agence de sécurité sanitaire. Au même titre que l’Office français de la biodiversité (Ademe) que l’Agence de la transition écologique (Ademe), plusieurs opérateurs publics environnementaux sont dans le viseur des politiques qui veulent soit les voir disparaître soit réduire le périmètre de leur action. Autrement dit, les mettre un peu au pas des réalités. 

Le Sénat a lancé début février une Commission d'enquête sur les missions des agences, opérateurs et organismes consultatifs de l'État. La charge est aussi venue du sénateur Laurent Duplomb (LR, Haute-Loire) qui, dans son article 2, envisage de donner au ministre de l’Agriculture le pouvoir de substituer à l’Anses concernant l’homologation des pesticides et prévoit un conseil d’orientation pour la protection des cultures (COPC). Celui-ci serait chargé de suivre la disponibilité des méthodes et moyens chimiques et non chimiques de protection des cultures. « Ca nous inquiète (…) car on fait passer au deuxième plan les priorités de danger sanitaire et environnemental, pour privilégier à la place les enjeux économiques », a soufflé Benoit Vallet. 

En fait, sa crainte est que les projets de décisions de l’Anses soient soumis à l’approbation du conseil d’orientation. Ce dernier pourrait alors enjoindre l’agence de privilégier telle ou telle décision, par ordre de priorité. Mais dans la mesure où la loi d’orientation agricole reconnaît l’agriculture comme d’intérêt général majeur, au même titre que l’environnement, une telle approche ne devrait pas poser de cas de conscience à l’Anses…. 

Coopération internationale

En revanche, l’Anses est tout à fait en droit de s’inquiéter des annonces faites par le président des Etats-Unis, Donald Trump, et surtout de ses décisions. Pour réduire une dette qui devient abyssale (plus de 33 000 milliards de dollars) et le train de vie de l’État, l’administration Trump a licencié de nombreux fonctionnaires fédéraux. Des coupes radicales ont été réalisées dans les régions et les agences, de la santé publique à la protection des consommateurs en passant par les parcs nationaux. C’est notamment le cas au sein du ministère américain de l’Agriculture (USDA) ou du National Animal Health (Agence nationale de santé animale). Pour ajouter à la confusion, certains employés ont été réembauchés dans les jours ou même les heures qui ont suivi leur licenciements. « Des informations ont été effacées de certains sites et certains scientifiques ont reçu des consignes pour ne plus nous transmettre d’informations scientifiques », s’est désolé le directeur de l’Anses. Cette attitude a en effet de grandes chances d’être préjudiciable, quand on sait que le virus de la grippe aviaire a muté, atteint les troupeaux laitiers et s’est transmis à plusieurs reprises à l’homme. « Ces informations sont primordiales pour que l’on puisse anticiper les crises sanitaires à venir », a martelé Benoît Vallet. 

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