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Agroforesterie
Un kilomètre de haies pour la biodiversité, fruit d’un projet collectif

À Sommereux (60), l’éleveur bovin, Christophe Verschuere, plante plus d’un kilomètre de haies sur ses prairies, en partenariat avec l’ONG Earthworm, Purina France (Nestlé) et l’association Poul’Haies Arbres (Noriap). Au-delà de protéger ses cultures et son bétail, ce projet collectif vise à favoriser la biodiversité et à préparer la relève pour la ferme familiale.

Christophe Verschuere a toujours été convaincu des bénéfices des haies qui bordent ses 26 hectares de prairies. «Elles abritent les bêtes du vent et du soleil, protègent les cultures d’à côté et apportent le gîte et le couvert aux oiseaux et aux insectes pollinisateurs», confie l’éleveur de laitières et d’allaitantes installé à Sommereux (60), aussi apiculteur amateur. Alors, lorsqu’il a pris connaissance de la possibilité de planter des haies supplémentaires, en partenariat avec l’ONG Earthworm, et l’association spécialisée en agroforesterie Poul’Haies Arbres*, il a sauté sur l’occasion. 
Les 12 et 13 mars, 1 070 m d’arbres, répartis en cinq haies, étaient plantés. «C’est un projet que je mène surtout pour mon fils Camille, qui va reprendre la ferme.»

L’opération, qui s’élève en moyenne à 14 € du mètre linéaire, ne devrait finalement rien lui coûter. «Il s’agit d’un programme qui est financé par Purina France (Nestlé). M. Verschuere peut y prétendre en tant que livreur de blé à la coopérative Noriap, qui livre elle-même Purina. L’agriculteur verse une caution de 1 500 €, qui lui sera restituée si le suivi est bien réalisé. Il sera aussi accompagné pendant cinq ans pour l’entretien de la haie», explique Pauline Caron, chargée de mission agroforesterie chez Earthworm. L’accompagnement technique est réalisé par Poul’Haie Arbres. «Nous avons réalisé un tour de plaine pour cibler les endroits où les plantations sont judicieuses, vérifier qu’aucune ligne électrique ne peut gêner, etc.», précise Lucie Heim, chargée de mission agroforesterie de l’association.

La fourniture des arbres et le chantier, eux, sont gérés par les pépinières Crété, à Lafresguimont-Saint-Martin (80). «Nous avons choisi quatorze essences locales, arbustives et de haut jet. Cette diversité offre des périodes de floraison différentes», précise Charles Cardon, des pépinières Crété. «Le tout est protégé par un paillage 100 % biodégradable, pour permettre à la haie de s’implanter sans concurrence.» Chaque arbre est aussi protégé avec un matériau dégradable et biocompostable. «Cela évite les attaques de lièvres, de chevreuils…» À l’automne prochain, les éventuels arbres manquants pourront être remplacés. Christophe Verschuere n’a donc «rien à faire» les prochains mois. Mais l’entretien sera ensuite à sa charge.

«Jusqu’ici, j’ai fait appel à une entreprise pour la taille des haies déjà en place. Si besoin, nous disposons d’un broyeur à la Cuma dont je suis adhérent. Je vais aussi me former. Je serai bientôt à la retraite, j’aurai un peu plus de temps pour tailler des haies», rit l’éleveur. En rejoignant le programme d’Earthworm, il s’est engagé à suivre au moins deux formations au cours des cinq années d’accompagnement. «On y apprend les techniques du recépage, de la taille des arbres fruitiers ou comment regarnir quand il y a des arbres morts… La formation peut se réaliser chez l’agriculteur lui-même. C’est une organisation très souple», livre Pauline Caron.

Un intérêt rapide

Pour aller plus loin dans les bénéfices que peuvent apporter une haie, Earthworm travaille sur la mise en place de filières locales, comme le bois-énergie. «Une valorisation économique du bois peut pérenniser la dynamique de plantation et de gestion durable des haies que nous promouvons dans notre programme», justifie Pauline Caron, d’Earthworm.  Récemment, l’ONG a organisé des rencontres d’échanges sur le sujet, réunissant agriculteurs, collectivités, entreprises et experts techniques en Hauts-de-France. En attendant, dans trois ou quatre ans déjà, les haies plantées ce jour devraient présenter un intérêt écologique. Charles Cardon confie : «Avec de l’arbustif, la biodiversité en profite rapidement.»

* Portée par Noriap, l’association Poul’Haies Arbres accompagne d’abord les éleveurs dans la création de parcours plein air pour les poules. Elle s’ouvre désormais à l’agroforesterie en général, en aidant les agriculteurs à intégrer arbres et haies sur leurs parcelles.
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Une soixantaine d’agriculteurs accompagnés en 2026

Depuis plusieurs années, l’ONG internationale Earthworm Foundation s’engage en France pour accompagner les agriculteurs dans la transition vers des pratiques plus durables, notamment à travers son programme Sols vivants. Cette initiative vise à restaurer la santé des sols agricoles face aux pressions liées à l’érosion, à l’intensification et au changement climatique. Ce programme, co-créé avec des acteurs agricoles, des coopératives, des scientifiques et des entreprises, propose aux agriculteurs des outils de mesure de la qualité des sols, des formations aux pratiques d’agriculture régénératrice (couverts permanents, diversification des cultures, réduction du travail du sol), et des incitations économiques pour soutenir cette transition.
En Hauts-de-France, ces actions se déclinent à travers plusieurs projets concrets : par exemple, l’initiative Protéi’Sol, coordonnée par Earthworm, accompagne des agriculteurs du Ponthieu, du Vimeu et du Sud-Bavard pour intégrer des légumineuses dans les rotations, améliorer la fertilité des sols et réduire la dépendance aux protéines importées, tout en renforçant les débouchés locaux pour l’alimentation animale. L’agroforesterie, depuis 2021, est un autre exemple. «Nous avons accompagné une soixantaine d’agriculteurs en 2025, et voulons en faire au moins autant en 2026. Nous accompagnons tous types de chantiers, que ce soit du grand ou du petit linéaire», explique Pauline Caron, chargée de mission agroforesterie chez Earthworm.

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