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Fourrages
Vers un rebond de la sole pour la luzerne à déshydrater

La filière française de la luzerne déshydratée développe une stratégie de conquête accrue du marché européen, qui a fait remonter les prix et lui fait espérer la fin de l’érosion des surfaces.

Les surfaces de luzerne devraient se stabiliser en 2026, pour grimper légèrement en 2027, après avoir légèrement reculé entre 2024 et 2025.
Les surfaces de luzerne devraient se stabiliser en 2026, pour grimper légèrement en 2027, après avoir légèrement reculé entre 2024 et 2025.
© iStock

Lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 7 avril, La Coopération agricole (LCA) Luzerne de France estime que la phase d’érosion de la sole française de luzerne déshydratée est terminée. «Le marché est apuré. Il n’y a plus de stocks aussi abondants dans les fermes françaises», a déclaré Pierre Bergoc, directeur général de France Luzerne, union de coopératives comprenant également la filiale commerciale Désialis, et représentant le plus important acteur de la commercialisation de la filière. Ce recul des stocks a été permis par la stratégie développée par l’union de coopératives, se basant sur une reconquête des parts de marché perdues en Europe. «Nous avons été agressifs au niveau des ventes. Nous sommes proches de notre record de 2018», ajoute le directeur général.

Les prix de la luzerne déshydratée sont remontés, permettant aux agriculteurs hexagonaux de retrouver de la rentabilité. En conséquence, Olivier Morant, président de LCA Luzerne de France, indique s’attendre à ce que les surfaces se stabilisent en 2026, pour grimper légèrement en 2027, «après avoir légèrement reculé entre 2024 et 2025, de 3 %», pour tomber à 66 500 ha, comme cela était prévu l’an dernier.

Hausse des coûts du GNR mais…

La guerre Iran-USA-Israël et la fermeture du détroit d’Ormuz affectent la filière française et européenne. Les coûts de l’énergie ont flambé, faisant dire à Yann Martinet, directeur de LCA Luzerne de France, que, si la situation perdure tout au long de la campagne, «un surcoût de 60 à 70 €/ha surviendrait pour les producteurs de luzerne, issu de la hausse du GNR, nécessaire aux machines de récolte».

Néanmoins, l’industrie française de déshydratation serait bien moins exposée à la flambée de l’énergie que ses concurrents européens, dont les principaux sont l’Espagne et l’Italie. «Nos usines de déshydratation sont largement décarbonées. Contrairement à d’autres pays, nos sites tournent à 100 %», fait valoir Yann Martinet. De plus, la flambée des engrais azotés fait prendre conscience aux producteurs de l’intérêt de la culture, selon les représentants du syndicat.

La filière française compte profiter de ses avantages compétitifs pour conquérir encore davantage le marché européen. Pierre Bergoc explique que les équipes commerciales en Allemagne et aux Pays-Bas ont été renforcées. «Nous n’excluons pas de nous tourner à 100 % vers les clients européens en cas de prolongement du conflit», précise-t-il. Tout en tempérant ses propos : «Nous n’écartons absolument pas les autres débouchés du grand export, notamment les pays asiatiques […] Nous espérons placer quelques volumes en Chine cette année, ayant obtenu l’autorisation d’y exporter en 2025.»

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