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Faits divers
Des activistes écolos pillent un train de céréales : 1500 tonnes perdues

L’action militante, qui s’est déroulée samedi 19 mars au matin en Bretagne, est revendiquée par le mouvement de désobéissance civile Extinction Rébellion et le collectif « Bretagne contre les fermes-usines ». Profession agricole et pouvoirs publics font part de leur indignation.

La scène filmée et diffusée en live sur les réseaux sociaux fait penser à un mauvais braquage : mur de parpaings érigé sur la voie ferrée, fumigènes rouges, personnes dissimulées sous des masques et des combinaisons, un train qui s’arrête et dont le chargement fini par être déversé sur le sol, après avoir été braqué.

En quelques minutes, hier matin près de Pontivy dans le Morbihan (56), un groupe de personnes – les médias locaux évoquent une cinquantaine de participants - du collectif « Bretagne contre les fermes-usines » soutenu par le mouvement Extinction Rebellion s’en est pris à un train livrant des céréales. Le chargement était destiné à une usine de fabrication d’aliments pour animaux du groupe Sanders. Environ 1 500 tonnes de céréales ont été ainsi détruites.

« En déversant ces céréales destinées à l'alimentation d'une partie du cheptel breton, nous symbolisons le lien au sol à recréer dans notre agriculture, le lien à la terre bretonne, cette même terre qui ne peut pas supporter les incidences de l'élevage d'un si grand nombre d'animaux », a expliqué le collectif « Bretagne contre les fermes-usines », sur sa page Facebook, pour justifier son opération commando.

Indignation

Suite à la diffusion des images de cette action, les réactions d’indignation ont été nombreuses. Parmi elles, celle d’Intercéréales, l’interprofession des céréales, qui qualifie cette opération d’ « intolérable » : « Alors même que le monde mesure jour après jour les conséquences de la guerre en Ukraine sur les risques d’approvisionnement en céréales. Alors même que la FAO s’inquiète sur la capacité de de nombreux pays à nourrir leurs populations dans les prochains mois. Alors même que les éleveurs français ont besoin d’aides d’urgence afin de pouvoir continuer à nourrir leurs animaux. La filière céréalière française dénonce une action intolérable et alerte sur les conséquences que pourraient avoir ce type d’actions sur les consommateurs français, ainsi que sur les populations des pays pour lesquels l’approvisionnement en blé est vital », peut-on lire dans un communiqué.

Dans le courant de la journée du 19 mars, le Conseil agricole de Bretagne s’est indigné « de l'indécence et de l'inconséquence de militants déconnectés des réalités, agissant contre l'intérêt général », en réclamant « la fermeté des pouvoirs publics face à des personnes qui détruisent notre capacité à nourrir ». La présidente de la FNSEA a pour sa part dénoncé dans un tweet un acte « honteux » : « Alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine démontre les tensions sur les livraisons de blé et que l’Onu redoute un ouragan de famines, des activistes aux ventres pleins détruisent votre alimentation en toute impunité, à visage découvert », s’insurge Christiane Lambert qui demande « une justice rapide et ferme pour ces délinquants ».

« La justice doit passer »

Du côté des politiques, les réactions n’ont pas non plus tardé pour condamner ce gâchis. Porte-parole de la candidate Valérie Pécresse sur les questions agricoles, le président de la Région Hauts-de-France, Xavier Bertrand dénonce « des pseudos écologistes (…) alors que nos agriculteurs souffrent ». et de demander lui aussi à la justice « d’être ferme pour mettre un coup d'arrêt à cet agribashing qui monte dans notre pays ».

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a réagi en qualifiant l’opération de « simplement inadmissible », mais aussi « totalement irresponsable » : « détruire des productions de céréales alors que beaucoup de pays en manquent en ce moment... c’est affligeant. La justice doit passer », a-t-il déclaré.

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