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Grandes cultures : produire est une obligation morale

Echos de l'assemblée générale de la section grandes cultures.

© AAP

Pour bénéficier des débats des assemblées générales des trois associations spécialisées, l’Agpb, l’Agpm et la Fop qui composent Orama et des tables rondes organisées à l’occasion du congrès de cette structure commune qui se sont tenues à Mont de Marsan les 11 et 12 février, les producteurs de céréales, d’oléo-protéagineux et de maïs et les multiplicateurs de semences de la Somme ont été invités à se retrouver le 20 février à Amiens pour l’assemblée de la section Grandes cultures de la Fdsea sous la présidence de Luc Vermersch.
Leur très faible présence, qu’ils soient simples producteurs ou délégués cantonaux n’a pas empêché les échanges sur les sujets présentés par Jérôme Josseaux, chargé des relations terrain à l’Agpb.
«Entre les années 2010 et 2030, le besoin en céréales dans le monde, à savoir le blé et le maïs essentiellement, devraient croître de 650 000 tonnes par an environ (Cf graphique). Cette progression des besoins pourrait atteindre un million de tonnes à l’échéance 2050. C’est pourquoi, selon Orama, produire est une obligation morale», a expliqué Jérôme Josseaux.
Face à cette demande en croissance, l’Agpb considère que la France a des atouts à faire valoir. Le premier d’entre eux est la stabilité de sa production sur une longue période contrairement à d’autres pays comme en Russie où la variation de la production d’une année sur l’autre peut atteindre

25 % soit environ les trois quarts de la production française !
Cela étant, il lui faut aussi retrouver une croissance des rendements qu’elle ne connaît plus, en moyenne, depuis le début des années 2000. L’inversion de la courbe du taux de protéines des blés français sur cette période doit conduite à une remise en question urgente de la conduite de la fumure azotée et du choix variétal. «L’objectif serait d’atteindre 50 millions de tonnes de production en 2050», a souligné Jérôme Josseaux.

DPA et assurance récolte
Pour passer le cap et aborder l’avenir avec sérénité, les céréaliers ont demandé au ministre, de poursuivre dans la voie des améliorations à la déduction pour aléas, notamment par la simplification des conditions de réintégration des sommes épargnées.
Autre dossier en discussion, l’assurance-récolte, pour lequel le ministre a proposé un contrat «socle». Jérôme Josseaux a mis en avant les points-clefs auxquels l’Agpb est attachée. Pas d’obligation généralisée c’est-à-dire que la possibilité d’une assurance grêle seule doit être conservée. Cette assurance doit rester à l’échelon de l’exploitation afin de laisser le choix du secteur à couvrir : grandes cultures, arboriculture, viticulture, système herbager, etc…soit une couverture partielle des surfaces assurables. Le taux de subvention doit être le même pour tous les secteurs. Les coûts de production doivent être validés par secteur pour définir le capital garanti par hectare. Les options de base doivent être subventionnées et de manière non-dégressives pour conserver un outil attractif pour tous. Enfin, faire en sorte de mobiliser toutes les ressources financières avant d’activer un transfert supplémentaire du premier pilier de la Pac vers le second. Sur ce dossier, l’Agpb tient à maintenir le contact avec les services du ministère pour qu’il aboutisse et qu’il reste à l’ordre du jour de la prochaine Pac.

Pac et Ecophyto II
De la Pac, il en a été également question pour dénoncer le différentiel d’aide avec l’Allemagne tel qu’il apparaît avec la mise en place de la réforme ainsi que le paiement redistributif qui ne fera qu’accentuer la chute du DPB pour les céréaliers s’il est mené jusqu’au bout.
Enfin, sur le plan Ecophyto II tiré du rapport Potier, l’Agpb met en avant la recherche des objectifs d’impact plutôt que les objectifs de résultats. Elle s’est donnée les moyens humains pour analyser et mener les études nécessaires, exercer le lobbying indispensable pour changer le cours des décisions et mener les contentieux juridiques pertinents. Une manière d’aborder les dossiers qui illustre parfaitement le thème du congrès d’Orama «Libres d’entreprendre».
Avant de clôturer l’assemblée générale, les participants ont reconduit Luc Vermersch à la présidence de la section «Grandes cultures» au titre de la sous-section ‘céréales’et aux postes de vice-présidents, Ludovic Patteux au titre de la sous-section «Oléo-protéagineux», Olivier Petit au titre du syndicat des multiplicateurs de semences et Stéphane Dodeuil au titre de la sous-section «Maïs». Les membres sont Jacques de Villeneuve, Benoît de Weirdt, Nicolas Guéroult, Patrick Rimbert, Philippe Blootacker et Paul Sannier.

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