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Magasin du Paraclet : un projet collectif

Le 18 décembre, le nouveau magasin pédagogique du lycée agricole du Paraclet a été inauguré en grande pompe.

© AAP

Petits fours, champagne, ruban à découper, sapin et décorations de Noël : rien ne manquait pour l’inauguration du nouveau magasin pédagogique, situé dans le lycée agricole du Paraclet, à Cottenchy, vendredi dernier. Avec sa superficie de 160 m2, auxquels s’ajoutent 120 m2 de surfaces de stockage, et plus de 265 produits issus de l’exploitation agricole de l’établissement et des agriculteurs locaux, ce nouveau magasin est juste «génial», dit sa responsable, Audrey Hannedouche. «Franchement, il est beau, ajoute Claire Maison, fromagère et associée principale du magasin. Tout est attrayant, car le magasin met bien en valeur les produits.»
Coût de l’opération : 550 000 eu­ros TTC, dont 150 000 sortis de la poche du Paraclet et 400 000 de celle du Conseil régional de Picardie. Michel Bellanger, directeur de l’exploitation du Paraclet et président du GIE (groupement d’intérêts économiques), créé avec onze producteurs locaux, se souvient de la réaction mitigée à l’extérieur, comme au sein de l’établissement, quand il est décidé en 2013 d’ouvrir un point de retrait pour la plateforme d’achats en ligne «Somme produits locaux» sur les fonds propres du lycée.
«Pour certains, cette dépense paraissait excentrique, même si ce n’est peut-être pas le mot exact. Mais quand on voit aujourd’hui les missions remplies par le magasin, celles de diversification agricole, de commercialisation en circuits courts, d’expérimentation, comme son intérêt pédagogique, notre choix était le bon, même si la dynamique créée tout autour est fragile compte tenu du peu de producteurs locaux qui peuvent s’investir dans notre magasin, faute de temps», dit-il.
Fragile ou pas, «ce projet nous relie à notre territoire, notre époque, et même notre avenir», affirme Godfrey Browne, directeur du lycée agricole du Paraclet. A notre époque, en effet, «car ce magasin pédagogique répond à une demande de plus en plus forte des consommateurs pour des produits locaux et de qualité», relève de son côté, Hervé Drouvin, président du conseil d’administration de l’établissement du Paraclet.

Un projet de longue haleine
Ce projet, comme Rome, ne s’est pas fait en un jour. «Ce fut plus long qu’un accouchement», plaisante Godfrey Browne. En 2010, dans le cadre du projet d’établissement, il est prévu la réhabilitation de l’exploitation agricole du lycée et la mise en place d’un magasin pour favoriser la vente en circuits courts dans un bâtiment en déshérence. «Nous avons fait cela pour les étudiants afin qu’ils bénéficient d’applications pratiques «grandeur réelle» dans les domaines de la gestion d’une unité commerciale, de la diversification agricole,de la commercialisation des produits fermiers en circuits courts, et de la réalisation d’analyses microbiologiques pour les BTSA Anabiotec», détaille le directeur.
Mai 2013 voit l’ouverture d’un premier point de retrait au lycée. Une nouvelle étape est franchie en février 2015 avec la création du GIE avec trois associés principaux (lycée, Claire Maison et les établissements Montigny) et des producteurs partenaires. A la même date, un magasin de taille modeste est ouvert, permettant de vendre les produits fermiers issus de l’exploitation agricole de l’établissement et des producteurs partenaires.
Intéressé par la démarche, le Conseil régional apporte son soutien technique et financier pour la création d’un nouveau magasin pédagogique, plus spacieux et plus attrayant. Celui-ci a ouvert ses portes il y a un mois. Et tous d’espérer que ce nouvel espace, bien plus agréable, et de mieux en mieux achalandé en produits fermiers, connaîtra une progression de ses ventes, qui sont passées de 75 000 euros en 2014 (chiffre d’affaires) à 100 000 euros pour cette année. «On espère 200 000 eu­ros», souhaite Godfrey Browne.
Une réussite économique qui reposera, avant tout, selon Hervé Drouin, sur «la qualité des produits, la variété de la gamme et l’humain». Au-delà de la réussite économique, le directeur régional de l’Agriculture, de l’alimentation et de la forêt (Draaf), François Bonnet, espère lui que le Paraclet, qu’il qualifie de «vaisseau amiral» dans cette expérimentation, sera à l’origine de toute «une flottille de magasins pédagogiques» dans les autres établissements de la future grande région.


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