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Pommes de terre fécules
Prix 2026 : la douche froide pour les producteurs de Vecquemont

L’industriel Roquette a précisé le prix de base des pommes de terre fécule pour 2026. Comme attendu, car annoncé lors de l’assemblée générale de la coopérative féculière de Vecquemont le 16 décembre, celui-ci est en baisse. Mais le prix de 85,5 €/t suscite la colère des producteurs. 

Pour les producteurs, qui doivent investir dans du matériel, un tel prix de pommes de terre n'est "pas acceptable".
© Pexels/Wolfgang Weiser

Les responsables de Roquette l’avaient laissé entendre lors de l’assemblée générale de la coopérative féculière de Vecquemont, le 16 décembre dernier : le prix 2026 des pommes de terre fécule serait en baisse. Mais l’ouverture du courrier, envoyé à la coopérative féculière de Vecquemont, les a fait bondir : le prix de base est fixé à 85,5 €/t à 17 % d’amidon. Pour rappel, le prix moyen 2025 était d’environ 110 €/t à 17 %. «C’est la douche froide. Même avec des rendements dans la moyenne cinq ans, beaucoup d’agriculteurs ne couvriront pas leurs frais de production», commente Bruno Poutrain, directeur de la coopérative. 

On est coincé

Vincent Lepers, l’un des producteurs historiques, installé à l’Étoile, a le sentiment d’avoir été berné. «L’industriel a joué la montre. Aujourd’hui, nos plants sont commandés. Les assolements sont prévus. On est coincé, on sera obligé de planter au printemps.»

Maximiser le rendement pour pallier cette baisse de prix ? «On a fait 44 t/ha en moyenne dans le secteur cette année, dans des terres moyennes qui ne peuvent pas produire beaucoup plus, même quand la météo est favorable.» Réduire les charges ?  «On fonctionne déjà en Cuma avec des agriculteurs voisins. Nous avons deux arracheuses, dont une vient d’être renouvelée. La deuxième a dix ans et a aussi fait son temps. Impossible de faire le choix d’investir à nouveau dans du matériel, dans ce contexte.» 

Perte de confiance

L’agriculteur va plus loin dans son propos : «De telles annonces, ça fragilise toute la filière. Roquette a déjà perdu des producteurs. Ceux qui restent perdent confiance. Ils ne doivent pas être la variable d’ajustement. Ce n’est pas comme ça que l’on construit une filière sur le long terme.» Et de dénoncer : «les responsables sont déconnectés du terrain.» Perdre cette filière, «la dernière féculerie de France, avec une usine et des producteurs locaux», serait un gâchis selon lui. «Pour que nos fermes soient résilientes, il nous faut diversifier nos assolements. Et tout le monde ne peut pas faire de la pomme de terre de consommation.»

Le début d'une longue négociation

À la coopérative, une longue négociation débute pour défendre un meilleur prix. «Ce sera long», prévient Camille Deraeve, son président. Lui ne perd pas espoir. «Ces 85,5 €/t sont un prix minimum. On a déjà connu une revalorisation des prix en juin. On va tout faire pour avoir mieux, en travaillant sur tous les axes : prix des pommes de terre, prix des plants, primes fidélités…»

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