Circuit court
À Puchevillers, la ferme du P’tit Quesnoy fait fleurir la Fleur française
À Puchevillers, Clarisse Liné et Cyril Quandalle cultivent depuis quatre ans des fleurs locales et de saison. Sur 1 000 m², une quarantaine de variétés prennent place. Dimanche 20 septembre, le couple ouvrira les portes de la ferme du P’tit Quesnoy pour faire découvrir son métier et défendre une fleur française encore largement méconnue.
À Puchevillers, Clarisse Liné et Cyril Quandalle cultivent depuis quatre ans des fleurs locales et de saison. Sur 1 000 m², une quarantaine de variétés prennent place. Dimanche 20 septembre, le couple ouvrira les portes de la ferme du P’tit Quesnoy pour faire découvrir son métier et défendre une fleur française encore largement méconnue.
En cette fin d’été, tournesols, cosmos, dahlias et autres mufliers explosent de parfums et de couleurs. Voilà quatre ans que les fleurs locales et de saison s’épanouissent à la ferme du P’tit Quesnoy de Puchevillers. «Cyril a toujours voulu faire pousser des trucs. Il est ingénieur agronome. En construisant le projet, on a opté pour cette production qui nous correspond bien», confie Clarisse Liné. Offrir une nouvelle vie à cette parcelle tenait à cœur à Cyril Quandalle. «Ce terrain est celui de sa grand-mère, dont les parents étaient agriculteurs dans la ferme voisine. Elle l’a conservé et y a installé une cabane de campagne. Avec l’âge, elle y venait de moins en moins, et c’était devenu une friche. Sa nouvelle valorisation fait plaisir à toute la famille.» Ce 20 septembre, de 10 h à 16 h, ils ouvrent les portes de leur ferme florale à l’occasion de la fête de la Fleur française, collectif dont ils font partie.
1 000 m2 sont donc dédiés à la culture d’une quarantaine de variétés de fleurs. Une serre permet de démarrer les semis avant les repiquages en pleine terre. «Nous cultivons les fleurs en bandes. Nous sommes labellisés bio, et faisons tout à la main. C’est un sacré boulot. On est heureux d’accueillir des stagiaires pour nous prêter main-forte», rit Clarisse. Une partie de ces fleurs est cueillie en fleurs fraîches, une autre sera mise en bouquets et séchée la tête en bas au grenier. Dans la pièce de stockage, les couleurs pétantes surprennent : rouge vif, jaune éclatant, violet intense… «On dépoussière l’image vieillotte de la fleur séchée !»
Tenir une ferme florale implique aussi d’être un bon communicant. «Pour la vente, tout est à créer soi-même. Il n’existe pas de filière. C’est du circuit court, qui fonctionne avec le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux.» La plupart des fleurs de Puchevillers embellissent les salles de réception, notamment pour les mariages au printemps et en été. Des commandes sur mesure ont été réalisées pour vingt-cinq mariages cette année, avec un rendu très champêtre. «L’événementiel représente la moitié de nos débouchés. Nous travaillons aussi avec des enseignes comme les Galeries Lafayette à Amiens, et puis nous avons la boutique en ligne.» Clarisse, ancienne professeure de SVT, anime aussi des ateliers pour enfants et adultes, dans la cabane transformée en atelier. «La transmission me tient à cœur.» La confection de bouquets, couronnes et accessoires en tous genres est une technique pour laquelle elle s’est formée.
Saint-Valentin, «pire événement»
En produisant de la fleur locale, Clarisse et Cyril en sont devenus des ambassadeurs. «On parle de plus en plus de produits alimentaires locaux. Mais la provenance des fleurs est un sujet encore assez confidentiel, alors que la quasi-totalité des fleurs que nous achetons est importée. Les méthodes de production ne sont pas non plus indiquées», assure Clarisse. Elle tient donc à sensibiliser les consommateurs sur le sujet. «J’évoque la saisonnalité des fleurs, par exemple. Une rose achetée l’hiver ne peut pas avoir poussé chez nous.» Le «pire événement» pour la Fleur française est la Saint-Valentin. «Le besoin de consommation prime sur l’envie d’acheter local.» Mais Clarisse ne baisse pas les bras. La journée portes ouvertes sera une occasion de plus de vanter les atouts de la Fleur française.
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Un réseau pour relocaliser la fleur française
S’il est bien un produit massivement importé en France, c’est la fleur. «Environ 85 % des fleurs utilisées dans l’Hexagone sont importées, la grande majorité par avion», indique le Collectif de la Fleur Française sur son site internet. Face à cette dépendance, il entend contribuer à la relocalisation de la production de fleurs coupées. Créé en 2017, ce collectif rassemble des producteurs, fleuristes, grossistes et autres professionnels engagés en faveur d’une fleur française, locale et de saison. Il s’appuie notamment sur un annuaire permettant de mettre en relation les différents acteurs de la filière et de rendre plus visible l’offre française. Son ambition est de recréer «une véritable filière de fleurs coupées en France, en encourageant la production locale et les circuits courts, mais aussi en faisant évoluer les habitudes des consommateurs». Le collectif défend une fleur davantage adaptée aux saisons, dont l’origine et les conditions de production sont mieux connues. Une démarche qui vise à la fois à soutenir les producteurs français et à réduire l’impact environnemental d’un marché aujourd’hui largement mondialisé.
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