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Alimentation animale
Eurolysine a 50 ans et le plus dur reste à faire

Inauguré le 17 septembre 1976 par le préfet de la Somme, le site amiénois d’Eurolysine fête aujourd’hui ses 50 ans. Né dans un bassin betteravier, il produit depuis un demi-siècle de la lysine par fermentation. Mais derrière l’anniversaire, c’est surtout l’avenir de l’usine qui se joue.

Eurolysine Amiens dumping acides aminés
L'usine Eurolysine implantée à Amiens.
© V.F.

Le 17 septembre 1976, le préfet de la Somme inaugurait à Amiens une usine un peu particulière. Sa matière première : de la mélasse de betteraves. Son produit : de la lysine, un acide aminé essentiel utilisé notamment dans l’alimentation animale. Eurolysine devenait alors le premier producteur européen de lysine à l’échelle industrielle. Cinquante ans plus tard, l’usine est toujours là. Son actionnaire, lui, a changé. Après les difficultés de Metabolic Explorer (Metex), le groupe Avril a repris le site en juillet 2024, avec Bpifrance. Une nouvelle société, Eurolysine, a été créée pour réunir le site d’Amiens et le centre de R&D de Saint-Beauzire (Puy-de-Dôme).

70 millions d’euros pour passer le cap

Le changement de propriétaire n’a pas réglé toutes les difficultés. Loin de là. Face à la concurrence internationale, et notamment aux importations chinoises de lysine, l'avenir du site reste un sujet industriel majeur.

Avril a ainsi engagé une procédure auprès de la Commission européenne sur les pratiques commerciales chinoises. Une enquête européenne a été ouverte au printemps 2026. Dans le même temps, le groupe et les pouvoirs publics ont remis de l'argent dans la machine.

En juin, Avril et Bpifrance ont annoncé 70 millions d’euros de nouveaux investissements pour Eurolysine. Avril doit apporter 55 % de cette somme, Bpifrance les 45 % restants. Un soutien qui doit permettre au site de poursuivre son activité et de retrouver de la compétitivité.

Cette annonce est intervenue après plusieurs semaines de mobilisation des salariés et alors que l'avenir économique de l'usine alimentait les inquiétudes à Amiens.

Une usine née de la betterave, tournée vers demain

Le paradoxe est assez savoureux : Eurolysine fête donc ses 50 ans avec la même idée qui avait présidé à sa création — produire en Europe, à partir d'une ressource locale, un ingrédient destiné à l'élevage — mais dans un marché devenu mondial.

En 1976, la mélasse de betteraves picardes ouvrait une nouvelle voie industrielle. En 2026, Eurolysine cherche surtout à conserver la sienne.

Pour son cinquantième anniversaire, l'entreprise revendique toujours cette ambition : produire localement, par fermentation, des acides aminés essentiels et maintenir une capacité industrielle européenne. Une ambition qui devra désormais composer avec les prix mondiaux, la concurrence chinoise et la nécessité d'investir encore dans l'outil amiénois.

Cinquante ans après l'inauguration, Eurolysine souffle donc ses bougies dans un contexte qui n'a rien d'une simple cérémonie anniversaire. L'usine a déjà traversé plusieurs vies. Elle doit maintenant réussir la suivante.

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