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Environnement
La chaleur met chasseurs et LPO d'accord

Les chasseurs comme la Ligue de protection des oiseaux (LPO) ont multiplié ces derniers jours les appels à alimenter des points d’eau pour la petite avifaune.

abreuvoir
Abreuvoir "fait maison" par un agriculteur du Nord pour donner de l'eau à la petite faune.
© Emmanuel Leveugle

D’habitude, on ne peut pas vraiment dire que chasseurs et environnementalistes de la Ligue de la protection des oiseaux partagent les mêmes idées, mais il se trouve qu’au cours des derniers jours, ils ont fait cause commune. La raison ? Les températures élevées qui ont asséché un certain nombre de points d’eau naturels, d’où un appel d’associations de chasseurs, comme de la LPO à inciter tout à chacun à être vigilants, voire à réaliser quelques aménagements.

Jeudi dernier, veille d’un pic de canicule pour ce mois de juin 2022, la LPO alertait dans un communiqué sur les conséquences des fortes chaleurs sur la faune sauvage : « Les températures très élevées et la précocité de l’épisode caniculaire actuel sont particulièrement dangereuses pour les animaux sauvages qui sont encore à cette époque de l’année en pleine période de reproduction et de nourrissage des jeunes. La LPO invite les amoureux de la nature à appliquer quelques gestes simples pour leur porter secours », expliquait l’association. 

La situation est à prendre avec d’autant plus de sérieux que début juin, « les énormes grêlons qui se sont abattus début juin sur plusieurs régions de France ont par exemple fait des milliers de morts chez les oiseaux et détruit d’innombrables nichées ».

Les conséquences d’une canicule

Pendant une canicule, « les animaux souffrent comme nous et peinent à trouver des lieux pour s’hydrater ou se rafraîchir. Quand les températures restent élevées pendant plusieurs jours consécutifs, y compris la nuit, le risque de mortalité augmente fortement », rappelle la LPO. Et d’ajouter que « certaines infrastructures humaines, comme les routes ou les toitures, deviennent également de véritables menaces mortelles pour la faune. Le bitume peut monter à des températures telles qu’il provoque des brûlures graves chez les animaux qui traversent, et pour les oiseaux qui installent leur nid sous les toits, tels que les martinets, la chaleur devient intolérable pour leurs oisillons ».

Pour aider les oiseaux à survivre à cette vague de chaleur, la LPO prodigue quelques conseils comme l’installation « chez soi, des récipient peu profonds (3-4 cm) remplis d'eau, à l’ombre, dans les jardins ou sur les balcons. Cette eau devra être renouvelée régulièrement pendant la journée afin de maintenir un niveau constant, une température modérée et éviter la propagation de maladies ». Chacun de ces points d’eau devra être disposé « dans un endroit dégagé où les oiseaux pourront voir venir les éventuels prédateurs, notamment les chats. Cela permettra aussi aux hérissons, écureuils et autres abeilles de se désaltérer en toute sécurité. Si possible, aménagez dans votre jardin des abris où les animaux pourront se réfugier à l’ombre ».

Des petits gestes « simples »

Du côté des chasseurs, l’attention s’est portée davantage sur la petite faune de plaine. Partageant le constat de la raréfaction de l’eau dans le milieu naturel, on pouvait ainsi lire le 17 juin sur la page Facebook du conseiller régional des Hauts-de-France délégué à la Biodiversité, Jean-Michel Taccoen, un message incitant le plus grand nombre à se mobiliser : « Les températures très élevées de la précocité de l’épisode caniculaire actuel sont particulièrement dangereuses pour la faune sauvage qui est à cette époque de l’année en pleine période de reproduction et de nourrissage des jeunes ».

abreuvoir petit gibier

Administrateur de la Fédération des chasseurs du Pas-de-Calais, le boulonnais Marc Brachet s’est lui aussi fendu d’un message en plein épisode de fortes chaleurs pour rappeler qu’il n’y a pas « de petits gestes » : « En cette période de sécheresse, pensez au petit gibier. Le gibier est en grande difficulté, il se terre, à l’ombre, bouge le moins possible pour « s’économiser », mais il est possible de venir en aide aux animaux ». Comment ? Réponse du chasseur : « En mettant de l’eau à disposition dans des récipients, des bassines, des abreuvoirs ou autres aménagements ou tout simplement mettre de l’eau dans une dépression au sol, c’est un geste simple, mais salvateur ».

Mi-mai, le même Jean-Michel Taccoen montrait l’exemple de plusieurs territoires des Hauts-de-France où la prise en compte d’une sécheresse à venir était déjà dans les esprits. Et l’élu régional de saluer « de belles actions sur le terrain des chasseurs pour la biodiversité en cette période de sécheresse », et de conclure en « attendant de voir les mêmes actions de la part des donneurs de leçons ».

 

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