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Sylviculture
À la découverte du métier de bûcheron en forêt de Crécy

Le 23 octobre dernier, Fibois Hauts-de-France a accompagné du public en forêt de Crécy-en-Ponthieu dans le cadre d’une matinée Vis ma vie de Bûcheron. L’objectif avec l’Office national des forêts est de faire découvrir ce métier peu connu.

Bûcheron de métier, Jérôme Cornu a accueilli du public sur un chantier d’abattage sur la parcelle 281 de la forêt domaniale  de Crécy-en-Ponthieu.
Bûcheron de métier, Jérôme Cornu a accueilli du public sur un chantier d’abattage sur la parcelle 281 de la forêt domaniale de Crécy-en-Ponthieu.
© Bonnie Renault

Dans le cadre de l’opération «Vis ma vie de Bûcheron», l’association Fibois Hauts-de-France accompagnée de l’Office national des forêts (ONF) présentait le métier du bûcheron en forêt de Crécy-en-Ponthieu le 23 octobre dernier. «Nous sommes dans une forêt domaniale gérée par l’ONF», expliquait en préambule Emmanuelle Spailier, technicienne de l’ONF. Les forêts domaniales représentent 25 % des forêts en France. À Crécy, «avec ses 3 422 hectares et ses 400 parcelles, il s’agit de la plus grande forêt de la Somme».

L’amour de la forêt

Jérôme Cornu, installé depuis quatorze ans, a accepté de présenter son métier aux petits et grands, venus en nombre pour cette matinée découverte. Le bûcheron travaille en forêt de Crécy-en-Ponthieu depuis quatre ans. «Dans cette forêt, on travaille principalement avec du hêtre pour de l’abattage et du débardage.» Pour le bûcheron, travailler en forêt était une évidence : «C’est l’amour de la forêt qui m’a donné envie de faire ce métier. J’ai toujours grandi dans ce milieu. À l’âge de treize ans, j’ai commencé à faire du bois de chauffage et, à quinze ans, je suis partie en apprentissage.» Puis, il s’est installé à l’âge de vingt-trois ans. L’objectif, pour lui, de l’opération «Vis ma vie de bûcheron» est de montrer qu’il n’est pas là pour abattre des arbres pour le plaisir. «On prélève le bois en fonction d’un plan de gestion d’aménagement qui sera le fil conducteur de la forêt. Notre but, c’est le renouvellement naturel des forêts», assure-t-il.

Le changement climatique

Le métier de bûcheron évolue avec le temps et doit s’adapter aux aléas climatiques. «Il y a une complexification de notre travail. Les arbres font face à du stress hydrique avec l’enchaînement d’excès d’eau en hiver et des étés caniculaires», détaille le professionnel. Avec ces contraintes, la sélection naturelle n’est plus aussi évidente, impactant directement la croissance de l’arbre. Le bûcheron est, quant à lui, un métier d’avenir : «Le métier de forestier se projette sur 150 ans par rapport à la roche, la météo et l’eau. Notre objectif est d’observer si une forêt est encore viable ou non malgré toutes les incertitudes auxquelles on doit faire face.» Afin de préserver la forêt, un mélange d’essences est par ailleurs préconisé afin de faire perdurer au maximum cette dernière. Quant au métier de bûcheron, il n’est plus un métier de solitaire. Sur le terrain, il va être amené à rencontrer aussi bien des agents de l’ONF, que des propriétaires privés, des experts forestiers et des gardes-chasse. Ils peuvent également être sollicités par les pompiers en cas de coup dur dans la forêt. Un quotidien bien rythmé en somme.

 

Les suppressions de postes prévues à l’ONF  sont «inadmissibles», selon des syndicats

La suppression de 95 postes à l’Office national des forêts (ONF), inscrite dans le projet budget 2025, est jugée «inadmissible» par des syndicats de l’Office, dont les missions s’alourdissent dans une forêt française en souffrance. Alors que les agriculteurs voient leur fiscalité allégée, le tour de vis au ministère de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt concerne quasiment exclusivement l’ONF, gestionnaire des forêts publiques françaises dont les effectifs ont déjà fondu ces dernières années, passant de 12 500 à 8 000 entre 2000 et 2022.

Sur les 101 postes en équivalent temps plein (ETP) supprimés, 95 le seraient à l’ONF et 6 à l’Agence sanitaire Anses, selon le projet de budget 2025. «C’est non !», prévient l’EFA-CGC, le seul syndicat représentant à la fois les salariés de droit privé et public au sein de l’établissement. «Ce retour aux vieilles méthodes d’étouffement de l’ONF est inadmissible», pour le syndicat, alors même que selon lui «la direction de l’ONF comme la nouvelle ministre se sont engagées pour la défense» des effectifs. Jeudi 10 octobre au soir, le ministère a en effet indiqué que «la priorité de la ministre» Annie Genevard serait «de soutenir une stabilisation» des effectifs. Face à l’attribution de missions supplémentaires, notamment pour lutter contre le risque accru d’incendie en forêt, et l’ampleur des besoins de renouvellement et d’entretien de massifs fragilisés par le changement climatique, l’ONF avait obtenu l’annulation de suppressions d’emplois prévues dans le contrat État-ONF en 2023 et 2024.

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