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Intempéries
Le préfet constate l’ampleur des dégâts agricoles à Tricot

Dans la nuit du 27 au 28 juin 2026, un violent épisode orageux a ravagé les cultures du nord-ouest de l’Oise, du Plateau picard au Noyonnais en passant par le Compiégnois. Blé, colza, lin et maïs ont été couchés ou arrachés sur des dizaines de kilomètres. Le préfet Jean-Marie Caillaud s’est rendu à Tricot, chez l’agriculteur Rémi Minart, pour mesurer l’étendue des dommages.

Le ciel s’est déchaîné samedi soir sur le nord-ouest de l’Oise. Vent violent, grêle et une cinquantaine de millimètres de pluie tombés en quelques minutes ont suffi à coucher les cultures sur tout le passage de la tempête, du Plateau picard, au nord de Clermont, jusqu’au Compiégnois et au Noyonnais.

À Tricot, l’agriculteur Rémi Minart mesure les dégâts au lendemain de l’épisode. «On avait 100 % des blés du canton qui étaient dans le couloir de la tempête couchés», décrit-il. Le colza est lui aussi à terre, les féveroles cassées, et les lins d’hiver arrachés «ont vu leurs andains balayés», tandis que les lins de printemps se retrouvent mélangés. Le maïs n’est pas épargné. Une partie du grain est déjà tombée au sol, mais l’ampleur réelle des pertes ne sera connue qu’à la moisson. «À la veille de la récolte, c’est dur à accepter», confie l’agriculteur, qui attend désormais le passage des experts.


Au-delà de l’indemnisation, Rémi Minart espère surtout que l’État prenne la mesure du désastre sur le terrain. «Il faut vraiment qu’ils aient une vue claire des dégâts pour avoir le bon accompagnement», explique-t-il, en insistant sur le besoin d’un appui dans les démarches administratives.


Sur place, le préfet de l’Oise, Jean-Marie Caillaud, a constaté l’étendue des dommages, sur les cultures comme sur le bâti, avant de se rendre dans une entreprise locale également touchée, qui emploie 115 personnes. «L’État est à leurs côtés pour essayer de traiter au mieux cette crise», assure-t-il. Les services préfectoraux recensent actuellement, arrondissement par arrondissement, les hectares concernés ainsi que les bâtiments fragilisés ou détruits. Le préfet promet des constats et des expertises menés «le plus vite possible», pour que les indemnisations suivent au même rythme. Il appelle aussi les exploitants à s’assurer davantage, l’État participant au financement de ces contrats, qu’il présente comme «une garantie face à ce genre de phénomènes».

Pour la profession agricole, l’urgence est ailleurs. Président de la FDSEA de l’Oise, Régis Desrumaux a sillonné, avec les Jeunes Agriculteurs et la chambre d’agriculture, la zone sinistrée, une large bande qui s’étend de Tricot jusqu’à Jaux. «C’est dramatique, résume-t-il. Toutes les cultures sont concernées, du lin au blé, en passant par l’orge, les féveroles et le maïs. Sébastien Jumel, président de la coopérative Lin2000, évoque déjà 150 hectares impactés pour sa seule structure.» La fédération a demandé au préfet la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour les bâtiments endommagés, un allègement de la taxe foncière sur les terres touchées, ainsi qu’une suspension des contrôles dans le secteur, «pour ne pas remettre une surcharge psychologique aux agriculteurs».

Au-delà des surfaces perdues, c’est l’alimentation du bétail qui inquiète désormais les professionnels. Avec des maïs «ratatinés», parfois cassés ou pincés, qui ne se redresseront pas, les éleveurs risquent de manquer de fourrage dans les prochains mois. Régis Desrumaux appelle à organiser une solidarité pour les approvisionner.

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