Fourrages
Maïs ensilage : une évolution normale de la maturité de la plante
Les premiers chantiers d’ensilage ont débuté cette semaine dans le département de la Somme. Les prélèvements de maïs du 21 août ont été réalisés dans des conditions plus humides que les prélèvements précédents.
Les premiers chantiers d’ensilage ont débuté cette semaine dans le département de la Somme. Les prélèvements de maïs du 21 août ont été réalisés dans des conditions plus humides que les prélèvements précédents.
En effet, la pluie ayant fait son retour la semaine dernière, les maïs se sont regorgés d’eau. Ce qui explique certains résultats plus faibles que le 14 août.
L’interprétation des résultats dont les parcelles avec un feuillage vert est cohérente avec le retour des conditions météorologiques normales. Les situations où le grain demandait encore quelques degré jours pour une récolte à 32-33 % MS va terminer son cycle normalement avant récolte.
Éviter la présence de terre dans le silo
La terre apportée par les roues des tracteurs et des remorques est une source de spores butyriques qui nuisent à la bonne conservation du silo et pénalisent la qualité du lait. Pour éviter ce risque, préférer les silos sur sol bétonné ou stabilisé sans zones de stagnation d’eau. Les zones de circulation aux abords du silo doivent être également stabilisées et propres pour limiter le risque.
Tasser pour enfermer le moins d’air possible dans le silo
L’objectif après récolte est d’obtenir un milieu anaérobie (absence d’oxygène), avec un PH inférieur à 4 pour favoriser les fermentations lactiques. C’est pourquoi, il est important de chasser le maximum d’air du silo par un tassement efficace.
A 30 % de MS, il y a 1 m3 d’air à chasser par tonne de MS. En condition optimum, en 3 à 4 heures il n’y a plus d’oxygène dans le silo et les bonnes fermentations démarrent. A plus de 35% de MS, l’air enfermé représente 3 m3 par tonne de MS, chaque m3 de silo est donc plus difficile à tasser.
Les ensileuses sont aujourd’hui puissantes et rapides et le tracteur tasseur n’a souvent plus le temps d’effectuer un travail correct, surtout en cas de taux de MS élevé. Dans ce cas, il faut revoir la cohérence du chantier et prévoir la confection simultanée de deux silos avec deux tracteurs tasseurs. Il est envisageable de réduire la quantité de matière à tasser par le retrait d’une ou plusieurs remorques.
Etaler en couches fines bien tassées et adapter la hauteur pour permettre une avancée satisfaisante du front d’attaque. Dans la mesure du possible, commencez à ensiler les parcelles les plus avancées en maturité au début du chantier.
Couvrir hermétiquement avec une bâche fine de 40-50 microns qui assure un bon contact avec le fourrage et élimine les poches d’air en surface. Une seconde bâche de qualité (100 microns et plus) protège le silo des pluies, du soleil et des ravageurs. Dans le cas où le bâchage s’effectue le lendemain de l’ensilage de maïs, il est conseillé de tasser le silo avant pose de la bâche.
Les conservateurs dans l’ensilage
L’ensilage de maïs constitue une base essentielle dans l’alimentation des troupeaux. Mais sa réussite dépend d’une fermentation rapide et d’une bonne stabilité au cours du stockage et de la reprise. Pour assurer ce processus, la question d’ajouter un conservateur peut se poser.
Deux objectifs principaux sont alors recherchés :
1. Accélérer l’abaissement du pH pour bloquer l’activité des micro-organismes indésirables.
2. Améliorer la stabilité aérobie du silo après ouverture, afin de limiter l’échauffement et les pertes liées aux levures et moisissures.
Les conservateurs utilisés pour l’ensilage de maïs se basent sur des bactéries homofermentaires (Ex : Lactobacillus plantarum) et hétéro fermentaires (Ex : Lactobacillus buchneri).
En aucun cas, un conservateur va améliorer un ensilage de maïs de mauvaise qualité, il évitera cependant qu’il ne se dégrade plus. Il est donc important de respecter les bons processus de récolte du chantier d’ensilage : récolte à la bonne maturité, longueur de coupe, tassement soigné, bâchage étanche.