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Révéler toutes les qualités des produits français

La recherche d’une meilleure valorisation des productions agricoles françaises doit passer par l’amélioration des pratiques agricoles, mais aussi par la nécessité de le faire savoir et de l’afficher, affirme Maximilien Carré, du groupe de négoce Carré.

Intégrer un GIEE via l’association Eco-phyt’ permet aux agriculteurs de la région de bénéficier de formations pour améliorer leurs pratiques.
Intégrer un GIEE via l’association Eco-phyt’ permet aux agriculteurs de la région de bénéficier de formations pour améliorer leurs pratiques.
© D. R.




Certification HVE et pratiques agricoles plus vertueuses, notamment en matière de gestion de l’eau ou des produits phytopharmaceutiques, étaient au cœur de la réunion d’hiver organisée par le Groupe Carré, le vendredi 10 janvier à Roye (80). Faire reconnaître l’évolution des pratiques qui tendent à rendre l’agriculture plus vertueuse, garder des parts de marchés tant au plan national qu’international, sans compromettre le revenu des exploitations agricoles françaises constituent en effet les trois priorités du groupe régional de négoce. Devant une centaine de participants, Maximilien Carré est revenu sur la méthode de l’entreprise qu’il dirige pour tenter d’y arriver. Basculement dans la certification Haute valeur environnementale des entreprises agricoles, mise en place de GIEE au sein desquels des agriculteurs testent et échanges autour de nouvelles pratiques ou, encore, outils modernes de gestion de leurs intrants (cf. encadré) sont les pistes proposées par le négociant à ses clients ; lequel associe d’autres partenaires, dont des entreprises de négoce (Vaesken, Claye) et entreprises du secteur agroalimentaire (McCain, Bonduelle, Vitalis, Tereos, Top Oignons, Nature Coop). «L’idée de ces démarches, assure Maximilien Carré, c’est de démocratiser des solutions auxquelles on croit.»

Aider à être compétitif
Face à la reprise des cours des céréales sur le marché mondial, Maximilien Carré ne fait d’abord pas la fine bouche, mais tient à garder la tête froide : «Depuis 2015, on a pris des claques parce que jusque-là, nous étions sur un nuage. Les choses s’améliorent, avec des cours de céréales qui repartent à la hausse, mais il faut savoir rester humble, puisque cela ne dépend pas de nous. Nous sommes tributaires des performances d’autres pays concurrents. En ce moment, c’est vrai, nous sommes aidés par les incendies en Australie, par la guerre commerciale entre les états-Unis et la Chine, de la politique exportatrice de la Russie ou encore de la sécheresse marocaine. Mais cela n’est pas bon et pas tenable. On ne doit pas se contenter des difficultés des autres.»
Pour sécuriser le revenu des producteurs de céréales en France, Maximilien Carré voit deux solutions : la première consiste à faire diminuer le coût de production du blé français, tout en s’appuyant sur des infrastructures portuaires dynamiques et des capacités logistiques. «Avec notre ferme-pilote, nous sommes là pour aider les agriculteurs à être plus compétitif, même s’il existe autant de solutions que d’exploitations», constate le responsable du groupe Carré.

Faire bien et le faire savoir
Le second levier est une sortie de crise de défiance des consommateurs vis-à-vis de l’agriculture «par le haut», grâce à des démarches de labellisation et de reconnaissance des bonnes pratiques comme la HVE. En ce qui concerne l’utilisation des produits phytosanitaires, «nous ne ferons plus machine arrière, admet Maximilien Carré. C’est un sujet sur lequel nous devons travailler si l’on veut mieux valoriser nos blés et sortir du débat sur le prix. La certification HVE sera l’occasion de montrer que l’on a de bonnes pratiques. Nous devons montrer que notre blé a d’autres qualités que le fait d’être panifiable et nous devons le faire savoir parce que nous ne sommes pas seuls».


De nouveaux GIEE à venir pour réduire l’utilisation des phytos

Réunir des compétences diverses au sein de groupes dans un objectif de trouver des techniques pour diminuer la fréquence de l’utilisation de certains produits phytosanitaires (IFT), c’est le but de l’association Eco-phyt’ ; laquelle a été reconnue Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) après avoir été «groupe émergent», et bénéficie du soutien de la Draaf Hauts-de-France et de l’Agence de l’eau. Depuis la création d’Eco-phyt’ en 2018, trois groupes réunissant 57 agriculteurs ont été constitués en GIEE : Artois-Douaisis (22 membres), Amiénois-Santerre (18 membres) et Flandre Française (17 membres). Leurs travaux portent tant sur l’utilisation des intrants (protection des plantes et fertilisants) que sur la vie du sol ou l’irrigation. Un quatrième groupe, «au sud de Lille, où la pression de la part de la collectivité est forte pour imposer l’agriculture biologique», dixit le directeur du développement du groupe Carré, Philippe Leclercq, pourrait être créé en 2020. Pour constituer un groupe, le premier chantier consiste à réaliser un diagnostic pour chacune des exploitations intéressées, suivant les critères de la certification HVE. Le but ? Identifier des marges de manœuvre et de progrès. 77 de ces diagnostics ont déjà été réalisés. Un plan d’action est ensuite bâti autour de chaque thème, par exploitation. Faire partie d’un groupe permet à l’exploitant de profiter de formations et d’un accompagnement technique. L’adhésion à l’association Eco-phyt’ se fait à la demande d’un exploitant auprès de son conseiller, moyennant une cotisation annuelle comprise entre 400 et 800 euros.
Pour de nouveaux entrants, le temps presse puisque les démarches doivent être effectuées avant le 31 mars 2020. L’engagement est d’une période de six ans et permet de faire une demande pour entrer dans le périmètre d’une certification collective de la HVE.

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