L'Action Agricole Picarde 29 août 2018 à 10h00 | Par Réussir

Démission de Nicolas Hulot : nombreuses réactions

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« Je n'ai pas réussi à créer de complicité de vision avec le ministre de l'Agriculture alors que nous avons l'opportunité de transformer le modèle agricole », regrette Nicolas Hulot.
« Je n'ai pas réussi à créer de complicité de vision avec le ministre de l'Agriculture alors que nous avons l'opportunité de transformer le modèle agricole », regrette Nicolas Hulot. - © Jennifer Jacquemart/PE

«Je n'ai pas réussi à créer de complicité de vision avec le ministre de l'Agriculture» (N. Hulot)

«Je n'ai pas réussi à créer de complicité de vision avec le ministre de l'Agriculture alors que nous avons l'opportunité absolument exceptionnelle de transformer le modèle agricole !» a regretté Nicolas Hulot au micro de France Inter le 28 août, après avoir annoncé son départ du gouvernement. Et de poursuivre: «On se fixe des objectifs mais on n'en pas les moyens parce qu'avec les contraintes budgétaires, on sait très bien à l'avance que les objectifs que l'on se fixe, on ne pourra pas les réaliser. Voila ma vérité !» Plus tard dans l'entretien, il réaffirme: «Je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert». Évoquant les «acquis de son passage au gouvernement», il cite notamment un «changement de tropisme sur les pesticides ; on est rentrés dans un dynamique qui va nous permettre de nous séparer un(e) par un(e) d'un certain nombre de molécules». Évoquant les raisons de son départ, Nicolas Hulot cite notamment le fait que «la remise en cause d'un modèle agricole dominant n'est pas là».

Démission de N. Hulot: «On pouvait parler et il écoutait» (C. Lambert, FNSEA)

Réagissant à la démission de Nicolas Hulot, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert rappelle, à Agra presse le 28 août, qu'elle avait de «vrais sujets de désaccord» avec le ministre de l'Ecologie, comme la gestion du loup ou de l'ours - «nous n'avons pas réussi à le convaincre sur ces sujets», tout comme le dossier du glyphosate. Mais «on pouvait parler et il écoutait», met en avant Christiane Lambert, qui rencontrait le ministre et son équipe à raison d'une fois par trimestre. «Sur les phytosanitaires, il a reconnu les efforts faits par les agriculteurs», relève Christiane Lambert, qui rappelle qu'il avait «fait sien», lors du dernier Salon de l'agriculture, le Contrat de solutions porté par le syndicat. «Et il a pris des coups, notamment de la part des ONG qui l'accusaient d'être complaisant avec la FNSEA.» Pour Christiane Lambert, le ministre «n'en pouvait plus des critiques qui lui disaient qu'il n'avait pas de bilan». Et de constater que «nous sommes dans un pays où il est difficile de concilier l'économie et l'environnement».

La démission de N. Hulot «confirme l’absence de politique agro-environnementale», pour la Conf'

La démission de Nicolas Hulot « confirme l’absence de politique agro-environnementale globale de ce gouvernement, qui refuse de remettre en cause le modèle agricole dominant », a commenté la Confédération paysanne le 28 août. Elle résulte, de l’aveu même de l’intéressé, « de son échec à imposer un changement de modèle ». Sur la question des pesticides, « il n’a pas réussi » à pousser les dossiers en faveur d’un changement de pratiques. Ses conseillers « n’ont d’ailleurs pas soutenu l’évolution de la législation sur les préparations naturelles peu préoccupantes (comme le purin d’ortie, le sel de mer, le vinaigre ou le talc), pourtant nécessaire », regrette le syndicat agricole.

Après Hulot, la CR attend un successeur avec qui «travailler en bonne intelligence»

La Coordination rurale, rappelant ses désaccords avec le ministre démissionnaire Nicolas Hulot, a souhaité le 28 août un successeur avec qui «travailler en bonne intelligence». Il s’agit de «remettre l'écologie à une place qui permette une agriculture durable et productive, destinée à nourrir la population en quantité suffisante et avec une qualité irréprochable», selon un communiqué. Également de préserver «un environnement où les équilibres naturels sont tenus dans le respect d'une hiérarchie qui reconnaît la prévalence de l'Homme sur l'animal et celle de l'animal domestique sur les prédateurs», poursuit la CR.

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