Aller au contenu principal

Manifestation à la sucrerie d’Eppeville : «restons motivés!»

Ils étaient quatre cents planteurs, salariés, élus locaux, ou même simples soutiens, à manifester, ce 1er mars, à Eppeville, devant la sucrerie Saint Louis Sucre qui doit fermer en 2020. Tous espèrent que leur volonté permettra de sauver l’outil.

Dominique Fievez : «Nous sommes parmi les producteurs les plus performants du monde.»
Dominique Fievez : «Nous sommes parmi les producteurs les plus performants du monde.»
© A. P.

 

 

 

Michel Kijun travaille à la maintenance de la sucrerie d’Eppeville depuis trente ans, tantôt saisonnier, tantôt intérimaire. Pour lui, l’annonce de la fermeture du site, le 14 février, a été un choc. «Il y avait des bruits de couloir, mais personne ne s’y attendait vraiment. Où vais-je aller travailler maintenant ? Il n’y a plus grand chose dans le secteur. Et que vont devenir les jeunes que j’ai formés ? Ici, on avait un savoir-faire qu’on transmettait. C’est du gâchis.» Avec son collègue, Pascal Vernel, qui enfourchait son scooter tous les ans, de septembre à janvier, pour aller laver les betteraves à Eppeville, ils ont répondu à l’appel de la CGB Hauts-de-France, ce 1er mars, pour dire «non» à la fermeture du site.

Et le message véhiculé était signe d’espoir : «Je suis revenu de Cagny confiant (une manifestation avait lieu le 22 février devant la sucrerie Saint Louis Sucre du Calvados, qui doit aussi fermer ses portes, ndlr), annonce Franck Sander, président de la CBG France. J’ai rencontré des agriculteurs qui ne sont pas prêts à renoncer à la betterave, et cela est motivant. La question est : «sommes-nous motivés à poursuivre notre travail de planteurs ?“» La vive réaction des manifestants en est la preuve positive. «Alors nous y parviendrons», assure Franck Sander.

Dominique Fievez, président de la CGB de la Somme, ne pouvait lui aussi que dénoncer cette «décision d’actionnaires à court terme, qui n’a pour but que d’engranger rapidement des dividendes», et vanter les atouts de la filière betteraves : «Nous sommes parmi les producteurs les plus performants du monde, et nous comptons le rester» , estime-t-il. Parmi les exemples cités, celui du programme Aker, qui œuvre depuis 2012 dans l’amélioration de la compétitivité de la betterave.

Des atouts dont la Région Hauts-de-France a bien conscience. «Nous sommes totalement mobilisés à vos côtés en ce qui concerne cette fermeture que nous refusons et que nous ne comprenons pas», scande Marie-Sophie Lesne, vice-présidente en charge de l’Agriculture et de l’agroalimentaire à la Région Hauts-de-France.

8,8 M€ de crédit d’impôt à justifier

Le président de Région, Xavier Bertrand, aurait d’ailleurs demandé l’organisation d’une table ronde, pour réunir la direction générale du groupe Südzucker, auquel appartient Saint Louis Sucre, la CGB et les représentants du personnel des usines. Et d’ajouter : «Il ne faut pas oublier que Südzucker a bénéficié de 8,8 millions d’euros dans le cadre du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) entre 2014 et 2016. Ceci n’est pas un don des contribuables français mais un contrat abec l’Etat pour garantie la compétitivité et l’emploi en France. Il va falloir redire au chef d’entreprise ses responsabilités !»

Une rencontre avec les dirigeants de Südzucker est effectivement prévue dans les prochains jours. Affaire à suivre, donc…


 

 

Les planteurs de Roye aussi inquiets

Annie Dumortier livre ses betteraves à la sucrerie Saint Louis Sucre de Roye. Mais elle s’est sentie elle aussi concernée par l’annonce de la fermeture du site d’Eppeville, et a fait le déplacement ce vendredi matin. «S’ils ferment à Eppeville, il y aura certainement des répercussions à Roye», livre-t-elle. Comme elle, nombre de planteurs de Roye craignent que quelques-uns des leurs soient écartés, et remplacés par des ex-planteurs d’Eppeville, néanmoins plus proches de Roye.

Chez Annie Dumortier, la betterave a beau être plantée dans six petits hectares, elle représente tout de même un tiers de l’assolement. «La betterave est une tête d’assolement. Pour l’instant, nous n’avons pas d’alternative pour remplacer cette culture. Jusque là, notre petite exploitation était viable en partie grâce à la betterave. Mon fils vient en plus de s’installer…»

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

À Attin, une panne de chaudière à la sucrerie stoppe provisoirement les arrachages de betteraves

Une panne de chaudière touche depuis ce jeudi matin la sucrerie Tereos d’Attin (62). Le service agricole demande aux planteurs…

betteraves sucrières préfet Oise visite
Le préfet de l’Oise au chevet des betteraves sucrières

À l’invitation de la CGB (Confédération générale des betteraviers) 60, ses administrateurs, la FDSEA et la Chambre d…

Des produits locaux dans les cantines des lycées des Hauts-de-France.
Trois lycées de la Somme récompensés pour servir des produits locaux à la cantine

Les lycées Robert-de-Luzarches et La Hotoie, à Amiens, ainsi que le lycée professionnel Jean-Racine, à Montdidier, figurent…

vol et condamnation Jean-Louis Leroux
Vols à la ferme : un agriculteur condamné à cinq ans de prison

La cour d’assises de la Marne a condamné, le 24 septembre à Reims, l’éleveur d’Ambrières qui avait tiré sur trois hommes venus…

panne sucrerie Attin Tereos chaudière
Après une réparation express, la sucrerie d’Attin reprend son activité normale

Deux jours après la panne de chaudière qui avait conduit à suspendre temporairement les arrachages de betteraves, la sucrerie…

modération L'Amour est dans le pré
L’Amour est dans le pré : les fans sont-ils devenus fous ?

La production de L’Amour est dans le pré est désormais obligée de rappeler à une partie de son public qu’il serait peut-être…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde